Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 3.1859

Seite: 33-34
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ALBUM DE L’ART INDUSTRIEL. — 3* ANNÉE. — SEPTEMBRE - OCTOBRE 1 859.

3A

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H° 5. — ôcptcmbriMOctobrc 1859.

PL. 19, 20, 21, 22.

Sommaire.

TEXTE. — Projet# et propositions utiles. — 119. Création d’Écoles fran-
çaises des beaux-arts à Florence et à Venise. — Notes et Documents. — Le Bois de
Boulogne. — Chapitre 1er : Description générale du Bois et des ouvrages entrepris. —
Historique. — Travaux de 1852 à 1854. —Travaux de 1855 à 1858. — État actuel.—
Alimentation des Cascades et Cours d’eau. — Résumé de la dépense. — Chapitre 11 :
Terrassements. — Sauts de loup. — Chapitre II1 : Routes et Allées. — Égouts et Pui-
sards. — Dépenses des allées. — Chapitre iv : Distribution générale des eaux forcées.
— Canalisation souterraine. — Arrosage.— Chapitre V : Lacs, Pièces d’eau, Ruisseaux
et Cascades.

pliMCHES. —19 20. Plan général du Bois de Boulogne. -21-22. Maison de garde
grand modèle. — 23-24. Maison de garde petit modèle.

PROJETS ET PROPOSITIONS UTILES.

f 19 (1). Création d'Écolcs françaises des Beaux-Arts
à Florence et à Venise.

On envoie tous les ans régulièrement à Rome les lauréats de l’École
des Beaux-Arts, comme si Rome seule pouvait offrir aux jeunes archi-
tectes des exemples propres à former leur goût et à éveiller leur ima-
gination.

Si l’on comptait à Rome le nombre de constructions médiocres et de
mauvais goût qui s'y trouvent mêlées, depuis les deux derniers siècles,
aux monuments sérieux et véritablement bien conçus des époques an-
térieures, on serait effrayé de la proportion.

L’innombrable quantité de chapelles à S, de dômes ventrus, de cor-
niches brisées et d’amours joufflus qui sont nés du génie rocailleux,
puéril, mesquin, prétentieux et tourmenté des Fontana et des cheva-
liers Bebnin , y compense largement les chefs-d'œuvre ruinés de la
période Flavienne et les souvenirs épars de la Renaissance proprement
dite.

Saint-Pierre de Rome lui-même n’a de vraiment remarquable que
sa coupole; sa façade est lourde, et son maître-autel à colonnes
torses et à lambrequins est absurde. Chacun le sait ou se le demande
tout bas.

Il serait temps de réagir contre un préjugé qui nous vaut à Paris des
légions sans cesse renouvelées de Néo-Étrusques, de Néo-Grecs et de
Néo-Pompéis.

Qu’on envoie les artistes séjourner à Florence, à Pise, à Sienne, à
Venise, aussi bien qu’à Rome, rien de mieux; mais qu’on persiste à
considérer Rome seule comme uoe école de bon goût et de beaux-
arts, c’est une faiblesse classique, c’est plus qu’une faiblesse, c’est un
danger.

C. A. Oppermann.

Paris — 1” Septembre 1859.

NOTES ET DOCUMENTS.

2Le Bots de Boulogne.

son historique, son tracé général, ses lacs, ses rivières,
son système d'arrosage et d’entretien, ses plantations et ses constructions

diverses,

Par M. ALPHAND, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées.

L’intérêt qui s’attache aujourd’hui à la création de Promenades,
Plantations, Squares et Jardins publics, non-seulement à Paris, mais
encore dans un grand nombre de villes des Départements et de l’Étran-
ger, nous a conduit à rechercher tous les documents que nous avons

(1) Pour la série complète des Numéros, voir les Nouvelles Annales de la Construc-
tion, le Portefeuille économique des Mackincs et les Nouvelles Annales d’Agriculture.

O — i3.

pu trouver sur ce genre d’établissements, pour en faire part aux lec-
teurs de l’Art industriel.

Nous commencerons la série des publications que nous avons en vue
par le Bois de Boulogne de Paris, qui est incontestablement un modèle
du genre, et un véritable bienfait pour la population de la capitale.

M. Alphand, Ingénieur en chef du service des Promenades et Plan-
tations de Paris, a bien voulu mettre à notre disposition, avec une
obligeance dont nous ne pourrons jamais assez le remercier, non-seule-
ment les dessins d’exécution inédits et originaux de toutes les construc-
tions faites sous sa direction, mais encore un travail manuscrit complet
fait par lui, sur l’ensemble du bois, et rempli de renseignements utiles,
de devis, de détails d’exécution, de croquis dessinés avec un soin dont
nous regrettons de ne pouvoir reproduire qu’une bien imparfaite image.

C’est de ce travail que nous extrayons tout ce qui suit. Nous en avons
conservé la division par chapitres, qui répond parfaitement aux divers
objets qu’il y a lieu d’étudier, et qui examine successivement les par-
ties principales de ce bel ensemble, qui n’a pas coûté moins de 16 mil-
lions à la ville de Paris.

C. A. Oppermann.

Paris. — 1" Septembre 1859.

CHAPITRE I".

DESCRIPTION GÉNÉRALE DD BOIS ET DES OUVRAGES ENTREPRIS.

Pl. 19-20.

Historique— Le Bois de Boulogne est le dernier vestige de l’an-
cienne forêt de Rouvray, qui couvrait autrefois les plaines et les coteaux
de la rive droite de la Seine entre Paris et Saint-Denis.

L’antique forêt, successivement démembrée par les riverains, avait
perdu son nom au commencement du xiv8 siècle, et s’appelait alors
Bois de Saint-Cloud, du nom du village de Menu-lès-Saint-Cloud.

Au xvi* siècle, le bois, suivant le sort du premier centre d’habitation
fondé sur son territoire, prit le nom de Bois de Boulogne, qu il a con-
servé.

Par sa position, aux portes de la capitale, en face des riantes collines
qui bordent la rive gauche de la Seine depuis Meudon jusqu’à Su-
resnes, le Bois de Boulogne est devenu depuis plusieurs siècles la grande
promenade parisienne. Tous les souverains qui ont laissé un nom dans
les œuvres de la paix ont voulu l’embellir, et les princes et la cour à
leur exemple, ont choisi le Bois de Boulogne pour y établir leurs rési-
dences de prédilection.

L’abbaye de Longchamps, fondée en 1256 par Isabelle , sœur de
saint Louis, habitée successivement par Philippe le Long, Blanche
de France et Jeanne de Navarre, est la plus ancienne des résidences
princières dont l’histoire du bois ait conservé le souvenir. Autrefois
lieu de pèlerinage pour les personnes pieuses, en mémoire nies mira-
cles d’IsABELLE, puis but de promenade pour la cour et la ville, qui
allaient y entendre des chants sacrés pendant la semaine sainte, le
monastère a disparu à la révolution. Il ne reste plus aujourd’hui, des
anciennes splendeurs de l’abbaye de Longchamps, que deux tourelles
restaurées, quelques ruines dans une pièce, d’eau, et enfin l’habitude
de se rendre à Longchamps les mercredi, jeudi et vendredi saints.

François Ier, après avoir régularisé l’enceinte du bois et apporté
d’importantes améliorations dans ses plantations, fit édifier en 1530 le
château et le parc de Madrid. Successivement habité par son créateur,
par Henri II et Diane de Poitiers, par Charles IX, Henri III,
Henri IV, Catherine de Mêdicis, Louis XIII, Louis XIV, Louis XV
et Louis XVI, le château de Madrid, dont la construction est attribuée
au Primatice, fut aliéné par l'État et démoli en 1793.

Les constructions et les merveilles artistiques qu’il contenait, à
l’exception de quelques faïences de Della Robia, ont complètement
disparu, le parc a été divisé et en partie réuni au Bois de Boulogne.

On peut encore citer comme souvenir historique se rattachant au
Bois de Boulogne, à Passy, le château de la Muette, transformé par le
régent au commencement du xvme siècle, et qui fut successivement la
résidence favorite de la duchesse de Berry, de Louis XV, de Marie-
| Antoinette, et le Raneiagh, créé par cette princesse; à Neuilly, le

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