Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 3.1859

Seite: 47-48
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ALBUM DE L’ART INDUSTRIEL. — 3” ANNEE. — SEPTEMBRE-OCTOBRE 1859.

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chôment qui revient à lr. 50 par mètre carré, a été abandonné dans les
travaux ultérieurs, parce que le moindre piquet ou les trous de rats
donnaient lieu à des fuites et nécessitaient des réparations conti-
nuelles.

Réservoir de là grande cascade. — Le réservoir de la grande cascade,
exécuté en 1856, a 8,000 mètres de surface; il est établi dans une
ancienne carrière de sable et cailloux, dont les abords ont été conve-
nablement vallonnés. Le plafond a été étanché, une moitié au moyen
d’un corroi en glaise, l’autre avec une chape en béton et mortier. Les
talus sont en béton et mortier jusqu’au niveau supérieur que l’eau at-
teint dans ses oscillations. Au-dessus, comme dans tous les nouveaux
lacs et ruisseaux, les talus sont couverts de terre végétale et gazonnés
en recouvrement sur le béton, de telle sorte que les eaux baignent le
gazon et que le corroi n’est jamais apparent. Par suite des nécessités du
jeu de la cascade auquel ce réservoir sert de retenue, les eaux éprou-
vent toutes les vingt-quatre heures des oscillations de 1 mètre dans
leur niveau. Pour cacher la partie des talus qui se découvrait dans ce
mouvement, ils ont été en partie plantés en typhas, arundos et autres
plantes aquatiques.

Après avoir franchi la grande cascade, dont on donnera la descrip-
tion dans la seconde partie de ce chapitre, les eaux serpentent dans la
plaine de Longchamps, entourent l’ancien moulin de l’abbaye, et vien-
nent se jeter dans la Seine après avoir alimenté trois pièces d’eau d’une
surface totale de 4 hectares, placées sur l’emplacement d’un ancien
bras de la Seine, a moitié desséché, et qui formait un réservoir d’eaux
croupissantes.

Ruisseau de Longchamps.— Du ruisseau de la plaine de Longchamps,
un peu au-dessus de son origine, part un branchement dirigé vers la
plaine des sports, où il se bifurque; l’un de ses bras se dirige vers une
quatrième pièce d’eau, près du pont de Suresnes, et l’autre contourne
le jardin entourant l’habitation élevée sur l’ancien domaine de l’ab-
baye, traverse des ruines et aboutit à la pièce d’eau dite de.Zfa-
gatelle.

Un conduit souterrain alimente d’ailleurs un autre ruisseau, dont le
niveau est supérieur aux autres eaux de la plaine, et qui ferme le jardin
de l’abbaye sur sa façade principale.

Ruisseau principal.—Le ruisseau principal qui part du grand lac
donne naissance R 100 mètres environ île la source, a deux autres cours
d'eau destinés à vivifier la partie nord du bois ; l’un de ces petits cours
d’eau va alimenter la mare ù’Armenonville, former une île de la ma-
gnifique plantation de cèdres et de junipérus qui en est voisine, et se
perdre dans la mare de Neuilly après avoir traversé les jardins que
doit établir la Société d’Acclimatation entre les portes de Neuilly et des
Sablons; l’autre traverse la pelouse de Madrid et va former un lac de
3 hectares près la porte de Saint-James. Ce lac a été exécuté comme
celui de la grande cascade, sur l’emplacement d’une carrière de sable
et cailloux. Le trop plein des deux pièces d’eau de Neuilly et de Saint-
James pourra être concédé aux propriétés voisines dont le niveau est
bien inférieur au sol du bois.

Le ruisseau principal a un développement de 3,900 mètres, à
savoir :

Du bout du lac à la mare aux Biches.. . 2,000 mètres.

De la mare aux Biches à la grande cascade. 600

De la grande cascade aux lacs. 000

Entre les lacs. 700

Total. 3,900 mètres.

Sa largeur, à la partie supérieure de l’eau, est à peu près constante
et fixée à 3 mètres; il forme une chute de 2m.16 en s’échappant du
grand lac, une seconde très-faible au-dessus du pré Calelan, et une
troisième à la mare aux Biches de 2”.50 de hauteur. Une retenue en
tête du réservoir de la grande cascade l’empêche de se vider en même
temps que ce bassin. Une quatrième chute de 7m.50 forme la grande
cascade, et une dernière de quelques centimèlres maintient les eaux
autour du moulin de Longchamps.

Ces chutes, commandées par le relief du terrain et la présence de la
mare aux Biches, qu’on voulait conserver avec ses beaux arbres, ont
l’inconvénient d’encaisser le ruisseau sur une partie de sa longueur.

Sur les nouveaux ruisseaux où aucun pointforcé n’exigeait un profil
analogue, on a tenu à conserver l’eau au niveau du sol par une série de
petits barrages de 0m.50 à 1 mètre de hauteur. Ces cours d’eau n’ont
pas de section fixe, et varient entre 3 mètres et 10 mètres de largeur.
Us sont complètement bétonnés, ainsi que les pièces d’eau de Saint-
James, de Neuilly cUi’Armenonville.

Ruisseau d’Armenonville. — Le ruisseau d'Armenonville a une lon-
gueur de 2,700 mètres, ainsi répartis :

Du ruisseau de Longchamps à la mare d’Armenonville. 1,400 mètres.

De ce dernier point à l’entrée de la concession de la

Société d’acclimatation. 1,300

Total. 2,700 mètres.

La pente totale est de 6m.08 divisés par huit barrages.

Le ruisseau de Madrid a une longueur totale de 1,050 mètres et
une pente de 6m.40 divisée par neuf barrages.

Prix de revient des pièces d’eau et des ruisseaux.—Le prix de la fouille
des pièces d’eau est très-variable, suivant la distance à laquelle les dé-
blais devraient être transportés, mais comme elles ont toutes été éta-
blies sur d’anciennes carrières ou bras de rivières, ces fouilles ont eu
en général peu d’importance, sauf celles des deux lacs déjà mentionnés
au chapitre des grands terrassements.

Sur les ruisseaux, les déblais transportés généralement à un relai de
brouettes de manière à niveler le sol aux abords, revenaient à Of.<54
le mètre cube, on a payé en plus h cent, par mètre carré de dresse-
ment des talus ou du plafond devant recevoir la chape.

Le caillou a été payé 3f.50 le mètre cube.

Le sable lf.90.

La chaux vive 27 fr. en moyenne.

Les ouvriers à raison de 0L30 l’heure.

Avec ccs éléments, le prix du mètre carré d’enduit s’est élevé à
1L25, dont 0f.95 pour le béton et 0L30 pour la chape. Dans ce prix
est compris l’usure du matériel, mais n’entre pas le bénéfice habituel-
lement accordé aux entrepreneurs, ces travaux ayant toujours été exé-
cutés en régie par suite de l’exagération des prix demandés par eux et
de la mauvaise exécution des travaux qu’ils ont faits comme essai.

En outre du prix de la fouille et du béton, on doit compter en plus
l’apport des terres au-dessus du béton et les semis des berges. Sur les
pièces d’eau, ce prix est très-variable suivant leur longueur. Sur les
ruisseaux dont la section varie entre 3 et 10 mètres, et dont les déblais
sont régalés sur une largeur à peu près fixe de 15 mètres de chaque
côté, la couche de terre à rapporter sur les bétons, le règlement du
sol aux abords, y compris l’ouverture d’un sentier de 3 mètres de
largeur et le semis, reviennent à 2 fr. le mètre courant. Si donc on
admet une largeur moyenne de 5 mètres pour les ruisseaux, on aura
le prix suivant par mètre courant :

Abatage du bois et arrachage des souches (pour mémoire : cou-
verts par la valeur des bois abattu.)

8 mètres de déblai à 0f.54. 4r.32

G mètres de règlement de talus à 0r.04. 0 .24

6 mètres de bétonnage et chape à lf.25. 7 .50

Remblai sur chape et 30 mètres de règlement de sol et semis

à O'.OG. 2.10

Deuxième galerie en châtaignier le long du sentier à 0r.35 . . . o .70

Total. 14r.8G

soit 15 fr. du mètre courant.

Les barrages des chutes d’eau faits dans des étranglements de ruis-
seaux, cubent 4 mètres environ, et reviennent à 2L00; ils sont en ma-
çonnerie de moellons recouverte de roches. Pour franchir les routes,
on a fait, lorsque le volume des eaux l’exige, des ponceaux avec têtes
en roches, et, dans les autres parties, des tubes en béton de ciment.

Le mortier de ces tubes est gâché, par parties égales, de sable et de
ciment, on le jette dans la fouille autour d’un mandrin en bois, et on y
verse des pierrailles; ces tubes ont 0“\60 de diamètre intérieur, et en-
viron 0m.12 d’épaisseur, ils reviennent ù 11 fr. le mètre courant, en
payant le ciment 7 fr. les 100 kilog., le sable 2 fr. le mètre cube, et le
caillou le même prix. Le moule a deux mètres de longueur, et disposé
à charnière afin de pouvoir le retirer.

Le Bois de Boulogne ancien contenait, près d’Auteuil, une mare ali-
mentée naturellement par les eaux d’égoût de la partie haute de la
forêt. Cette mare a été agrandie, ses abords régularisés et ses eaux
mises en communication par un canal à ciel ouvert, avec une excava-
tion perdue sous bois. Pour y maintenir un niveau constant et renouve-
ler les eaux dans les temps de sécheresse, on l’a mise en communica-
tion avec une conduite voisine qui y porte un filet d’eau débouchant à
travers une roche.

C.-A. OPPERMANN, Directeür,

11, rue des Beaux-Arts, à Paris.

purjs, _ imprimé par E, Tiiunot et C% rue Racine, 26..
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