Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 3.1859

Seite: 53-54
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ALBUM DE L’ART INDUSTRIEL. — 3* ANNÉE. — NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1859.

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La plantation de chaque arbre d’alignement est revenue en moyenne
à 16 fr. 50 ainsi répartie :

Achat de l’arbre. 2f.50

2 mètres de terre végétale. 5.00

Tuteurs-corset, compris pose. 3 .85

Plantations, entretien pendant deux ans, creusement et
enlèvement de la fouille. 5.15

Total pareil. 16.50

Dans les dernières plantations d'alignement, on a employé le corset
tuteur adopté généralement à Paris. Ce petit appareil est formé de six
branches de 2 mètres de hauteur fortement recourbées et éloignées à
la base, réunies par huit liens circulaires en bois attachés par du fil de
fer. Le corset tuteur, peint en vert, a l’avantage de permettre la sup-
pression de l’épinage si défavorable à l’éducation des arbres, de main-
tenir le pied de l’arbre à l’abri du passage du public qui tasse le sol,
et enfin d’avoir un aspect plus agréable que les tuteurs employés avant
lui.

Toutes les plantations des allées droites supprimées et celles des
massifs boisés pour dissimuler des constructions ou d’anciens aligne-
ments ne demandaient pas de soins particuliers, elles ont été faites à
l’entreprise. On s’est contenté de défoncer le sol à 0m.50 de profondeur,
puis de placer les arbres à tiges de 0m.8 à 0m. 15 de circonférence, au
nombre de 5A par are ; sur les points très-apparents où l’on tenait à
obtenir immédiatement un fourré, on a ajouté des touffes à raison de
150 par are.

La plantation de l’are en arbres à tiges a été payée 83 fr.

Celle de l’are en touffes 90 fr., y compris la garantie de reprise
pendant deux années imposée à l’entrepreneur.

Pour les massifs d’ornement qu’il a fallu faire en très-grande partie
en régie, on a d’abord bombé le sol pour que les plantations fissent
immédiatement pins d’effet; il a été ensuite défoncé suivant les essences
à planter, de 0m.50 à 0m.80 de profondeur, et convenablement réglé.

En exécutant la plantation, on a généralement placé au centre, de
grands arbres de 0m.10 à 0m.20 de diamètre plantés à racines nues, les
espèces les plus vigoureuses au centre, celles de moyenne grandeur
ensuite, et enfin, au pourtour, des arbustes étagés également par ordre
de croissance, afin de donner aux massifs une forme bombée plus élé-
gante qui augmente leur volume apparent.

Les espèces ont été choisies du reste pour certains massifs, de ma-
nière à obtenir des oppositions résultant de la coloration diverse du
feuillage et dans d’autres à surfaces étendues, une essence unique do-
mine pour arriver, par de grandes masses uniformes, à des effets dif-
férents et éviter la monotonie ; les espèces rares surtout, ont été réu-
nies en groupes isolés, notamment dans les îles et quelques jardins
réservés autour des maisons d’habitation du bois.

Le prix de la plantation des massifs varie énormément suivant les
essences, la dimension des végétaux employés, et n’est pas susceptible
d’une évaluation moyenne.

Les groupes isolés ont été formés presque uniquement d’arbres en-
levés avec leur motte et plantés au chariot comme ceux qui forment
le centre des massifs.

Le cèdre de la butte Mortemart, celui qui domine la grande cascade
et le grand marronnier placé au bout du lac, plantés au début des tra-
vaux, alors qu’on n’avait pas encore d’appareils convenables pour des
arbres d’aussi fortes dimensions, ont exigé des dépenses assez considé-
rables; environ 1,000 francs par arbre pour les deux derniers, et une
somme bien plus élevée pour le premier.

Les autres grands arbres ont été transplantés au bois de Boulo-
gne au moyen de trois chariots de dimensions diverses; ils peuvent
être classés, suivant la dimension de leur motte, en trois catégories
indiquées au tableau suivant :





NOMBRE

PRIX
de la


DIAMÈTRE



de

transplantation

DIAMÈTRE

HAUTEUR

NATURE

en supposant





chevaux

un parcours

des

du

de

du

employés

au

de 3 à 4 kil.

du lieu
de l’arrachage

mottes.

tronc.

Tarbre

chariot.

à celui
de la

mise en place.





transport.

0“.80à l'".00

0".05à0,n.08

6 à 10 mèt.

Petit chariot en
bois avec treuils

1

10 à 20 fr.

1“. à l,n.30

0”.!0à0m.20

6 à 12 met.

Chariot moyen en
bois avec treuils

2 à 3

20 à 40 fr.




Grand chariot en



l”.30à2m-50

0"'.20à0m.50

6 à 20 mèt.

fer et fonte avec
treuils et engre-
nage.

7 à 9

50 à 100 fr.

Nous ne reviendrons pas ici sur la description des chariots servant à
la transplantation des arbres qui a déjà été faite dans le Portefeuille
des machines (mai 1858), nous dirons seulement que le petit chariot
n°l, employé au Bois de Boulogne, a coûté 700 francs; le chariot
n° 2, à deux chevaux, revient à 1100 fr., et enfin que le grand cha-
riot, établi en dernier lieu , en fer et fonte, qui a transplanté à Paris
les grands marronniers de la Bourse et de la place du Châtelet, a coûté
8,500 fr.

Les dimensions relatives de la motte, du diamètre et de la hauteur
de l’arbre, varient du reste notablement suivant la nature du sol et
l’essence de l’arbre.

Il faut, en général, conserver la plus grande quantité de racines, et
surtout celles qui ont le plus de chevelu, il est donc nécessaire que la
motte soit aussi forte que possible pour assurer le succès de la trans-
plantation.

Les chiffres du tableau précédent, en ce qui concerne la hauteur
des arbres et le diamètre du tronc, sont applicables aux essences à
feuilles caduques; pour les arbres verts dont les racines se reforment
moins facilement, il faut toujours de très-fortes mottes de près de 2
mètres, quelles que soient leurs dimensions, si les arbres sont précieux
et si l’on ne recule pas devant une dépense relativement élevée pour
en assurer la reprise.

Nouveau mode de transplantation des arbres. — Pour transporter les
arbres au moyen des chariots, on pratique d’abord un déblai annulaire
à une certaine distance de l’arbre , de manière à former la motte ; à
mesure que la fouille est descendue, la motte est garnie, selon que le
terrain dont elle est formée est plus ou moins compacte, soit d’une
enveloppe en branchages, soit d’un cuvelage cerclé en bois avec bandes
de fer armées de vis de pression. On soutient ensuite l’arbre au moyen
de haubans, et l’on détache la motte du terrain auquel elle adhère par
la base, en passant, en dessous, des plats-bords, lorsqu’elle est en-
ceinte dans une enveloppe en bois, ou en retournant les branchages,
et les nouant dans le cas contraire.

La motte étant ainsi préparée, on pose deux plats-bords au dessus-
de la fouille à l’écartement des roues du chariot qu’on avance de ma-
nière à embrasser l’arbre dans les quatre traverses qui forment son
bâti ; la traverse de derrière est d’ailleurs retenue aux traverses laté-
rales par une charnière qui la rend mobile pour permettre le passage
du tronc de l’arbre. La motte est alors prise en dessous par la corde
ou la chaîne enroulée sur les treuils de l’appareil, au moyen desquels
le tout est enlevé au-dessus du sol. On remet ensuite en place la tra-
verse de derrière du bâti du chariot, les haubans amarrés aux princi-
pales branches de l’arbre sont attachés sur ce bâti, on attèle le chariot,
et l’arbre est conduit à sa nouvelle destination, où il est planté en le
descendant par des procédés inverses à ceux mis en usage pour le sou-
lever. Le trou préparé pour le recevoir doit être toujours garni de
bonne terre convenablement tassée en la mouillant à mesure qu’on la
jette dans la fouille.

Les plantations nouvelles n’ont pas toutes également réussi. En gé-
néral, dans les plantations faites à l’entreprise sur le sol sablonneux du
bois, on a perdu les deux tiers au moins des essences résineuses lors-
que les arbres étaient un peu forts, et plus du tiers des arbres à tiges et
des arbustes.

Cet insuccès doit tenir, soit à ce que les essences n’ont pas toujours
été parfaitement appropriées aux diverses natures du sol, soit à ce que
les plantations ont été faites, parfois après les premières gelées, à d’au-
tres époques à l’entrée d’étés aussi secs que ceux des années 1857 et
1858.

Dans la plaine, au contraire, formée des alluvions argileuses de la
Seine, les plantations des arbustes et des arbres à feuilles caduques
ont parfaitement réussi; mais dans ce sol trop froid, les essences ont
à peu près complètement échoué. Le même effet s’est produit dans un
massif à côté du carrefour des cascades à l’entrée de la route de
Passy. Ce massif, formé de sables marneux et d’une argile noire pres-
que imperméable, avait été planté de cèdres qui, après avoir parfaite-
ment repris, ont présenté la seconde année tous les signes d’un prompt
dépérissement; après un drainage complet fait en 1856, cette planta-
tion a repris sa première vigueur et se trouve aujourd’hui en parfait
état de conservation.

Les principales essences transplantées au chariot dans le Bois de
Boulogne, sont parmi les résineux, le cèdre, le thuya, le junipérus,
l’abiès, le taxus, le caxodium, le pin, l’épicéa, le caninghamia; et
parmi les feuilles caduques, le marronnier, le peuplier, le platane,
l’orme, le tulipier, le vernis du Japon, l’érable et le chêne d’Amérique.
Les seules espèces qui aient donné de bons résultats à peu près con-
stants, sont : le cèdre dans les résineux, et le marronnier, le peuplier,
le platane, le chêne d’Amérique elle tulipier, lorsqu’on peut le mettre
dans un sol humide. Les transplantations des autres essences n’ont réussi
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