Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 3.1859

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ALBUM DE L’ART INDUSTIllEL. — 3“ ANNÉE. — NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1859.

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qu’exccptionnellement lorsqu’on a pu faire des mottes assez fortes,
pour ne pas supprimer de racines essentielles.

La transplantation des marronniers réussit à peu près dans toutes les
saisons, même au moment du développement de la sève, pourvu que
l’opération soit faite très-rapidement et que les racines restent expo-
sées, le moins possible, à l’action desséchante du soleil ou à celle de
la-gelée pendant l’hiver.

La transplantation des grands arbres est du reste une opération tou-
jours très-délicate qui ne peut être coufiée qu’à un horticulteur habile
dirigeant des ouvriers expérimentés. Tous les grands arbres trans-
plantés au bois par les entrepreneurs, sont morts à peu près sans ex-
ception.

Les arbres ainsi transplantés ne doivent pas être abandonnés; le plus
souvent, malgré de fréquents arrosages à leur pied, la diminution dans
la sève provenant de la suspension d’une partie des racines amène le
dessèchement des feuilles qui tombent au bout de quelques mois pour
ne repousser que l’année suivante. Il faut alors , pour éviter le dessè-
chement de la sève, envelopper le tronc de l'arbre de mousse maintenue
par un fourreau en toile, et tenir cette enveloppe constamment humide
en y introduisant de l’eau par un godet placé au sommet.

Il est également indispensable de s’assurer de l’état des racines, lors-
qu’un arbre transplanté donne des signes de dépérissement. Souvent
des chancres se forment au bout des racines, soit parce qu’elles ont
été maculées lors de la transplantation, et que les parties attaquées
n’ont pas été enlevées avec assez de soin, soit parce que le nouveau
sol est trop humide. On doit, dans ce cas, supprimer énergiquement
toutes les portions de racines malsaines et garnir les parties mises à vif
d’un enduit imperméable, puis si le sol est trop humide, le drainer et
l’amender, au besoin, avec des terres sablonneuses.

Les plantations dans le Bois de Boulogne ont exigé 520,080 arbres
en toulfes, ainsi répartis :

Arbres à tiges dans les massifs ou les routes supprimées. 124,30b

Touffes. id._.275,820

Arbres à feuilles persistantes plantés sans chariot. . . 11,650

Arbres à tiges isolés de premier choix, de dimensions

ordinaires, plantés à racines nues. 4,805

Arbres plantés au chariot... 1.550

Arbres d'alignement sur tes boulevards. 1,950

Total. 420,080

La dépense totale faite pour les planlationsdu bois s’élève à 635,900 fr.
— Ce qui représente une dépense moyenne de l fr. 51 par arbre ou
touffes.

§ 3. Pelouses.

Les premières pelouses créées au bois de Boulogne ont été établies
autour des lacs, dans les îles et dans les percées de la butte Mortemart,
de Saint-Cloud, de la Croix-Catelan, de la Muette et du bout du lac.
Ces pelouses ont été semées sur le sol siliceux du bois, ou sur les rem-
blais provenant du creusement des lacs. Dans les parties les plus mau-
vaises, on a épierré grossièrement le sol afin de se procurer des cail-
loutis pour les roules. Mais cette amélioration partielle n’a pas suffi
pour amender un terrain complètement dépourvu de substances nutri-
tives pour les végétaux, surtout dans les plis des vallonnements où la
maigre couche de détritus de l’ancienne forêt a disparu.

L’entretien de ces pelouses placées au centre du bois est très-diffi-
cile dans de semblables conditions; sur certains points à pente un peu
rapide, il a fallu remplacer les premiers semis qui avaient complète-
ment disparu par un placage en gazon : sur toutes les autres parties
bordant les lacs, on a répandu une couche de O™.03 de terre d’alluvion
de la plaine, coupée par moitié avec du terreau de ville; enfin les
pelouses de la butte Mortemart, de Saint-Cloud, de la Croix-Catelan
et du bout du lac entièrement dévorées par les insectes, ont dû être
hersées et ressemées à nouveau au commencement de cette année. La
pelouse de la Muette pacagée par les daims qui y parquent est seule
demeurée dans un état de végétation convenable, sans grands travaux.
Aujourd’hui, avec un arrosage constant dans les temps secs, avec quel-
ques répandages de terreau, avec de nouvelles semences dans les vides
et l’arrachage à peu près incessant des mauvaises herbes, on maintient
des premières pelouses dans un état de fraîcheur convenable.

Pour éviter ces difficultés d’entrelien dans les pelouses créées posté-
rieurement dans le bois, on a pris les précautions suivantes : Le sol a été
profondément défoncé pour en retirer le caillou nécessaire à l'em-
pierrement des routes, et former des vallonnements indispensables pour
détruire la monotonie résultant de l égalité de niveau du sol du bois;
quelques beaux arbres, malheureusement trop rares dans là portion
de la forêt convertie en pelouses, ont été conservés sur le sommet des
monticules. On a ensuite répandu, sur le sol ainsi préparé, une couche
de 0m 15 d’épaisseur moyenne d’alluvions argileuses, prises dans la

plaine de Longchamps, mélangées, par un labour à la pioche, avec une
égale quantité de l’ancienne couche supérieure de détritus de la forêt
qu’on avait eu soin de retrousser en cavalier pendant les travaux de
terrassements.

Dans les grandes étendues de la plaine de Longchamps où le sol
est plus riche, on a pu se contenter, pour préparer le sol des pelouses,
de deux labours à la charrue peu profonds et de deux hersages pour
l’enlèvement des mauvaises herbes; seulement, sur les parties avoisi-
nant les routes de la plaine exigeant un sol plus régulier, le labour à la
charrue a été remplacé par un défoncemcnt à la bêche et le hersage
par un passage au râteau.

Le terrain ainsi préparé dans les divers cas qui se sont présentés au
bois, on a procédé au semis à la volée, puis la graine a été enterrée
par deux ratissages ou deux hersages croisés suivant la nature des pe-
louses, et enfin par deux passages du cylindre tiré à bras pour les pe-
louses réglées et mû par des chevaux sur celles préparées à la charrue.

On a semé environ 250 kilogr. de graine formée du mélange sui-
vant :

40 kilog. de ray-gras anglais pur.

10 — de baume des prés.

10 — de fétuque traçante.

15 — de fétuque ovine.

5 — de cretelle des prés.

2 — de flouve odorante.

Total. . . 82 kilog. de semence.

Dans la première année, le ray-gras domine, mais il disparaît rapi-
dement pour faire place à celles des graminées du mélange qui con-
viennent le mieux aux divers terrains sur lesquels elles sont répandues.
Ce mélange, soit à cause de l’impureté des graines, soit à cause des
graminées étrangères introduites par les apports de terre et de terreau,
ne donne pas pourtant de bons résultats; dans la première année sur-
tout , tous les semis sans exception ont été envahis par les chardons, I a
moutarde, le plantin, le réséda sauvage, le chiendent, la minette et des
plantes traçantes qui ont à peu près fait disparaître le gazon. Cet effet
s’est surtout produit dans les portions siliceuses du bois, qui, malgré
les sarclages fréquemment répétés, laissent encore beaucoup à dé-
sirer. Dans les terrains argilo-calcaires de la plaine, le ray-gras ne dis-
paraît pas comme dans le bois, et au bout de la seconde année, lors-
que le sous-sol a été suffisamment aéré, les prairies deviennent assez
belles (1).

En ne tenant pas compte des fouilles dont la dépense est grandement
couverte par la valeur des cailloux qu’on en retire pour l’empierrement
des routes, le prix des pelouses du bois, réglées avec soin, est revenu
à 0,75 cent, le mètre ainsi réparti

Nivellement, 0.30 de déblai à 0.50.0f.l5

Apport de terre végétale, 0.15 à 3 fr. o .45

Règlement de la surface.0 .04

Labour à la bêche, ratissage, semis et entretien jusqu’à
la seconde coupe.0 .11

Total.0f.75

Dans les parties non vallonnées et sur lesquelles il n’a pas fallu d’ap-
ports de terre végétale, le prix du mètre n’est que de 0Ç11.

Enfin, pour les pelouses labourées à la charrue, hersées et cylindrées
avec des chevaux, le prix du mètre n’est plus que de 0f.03.

La surface des pelouses créées dans le bois est de 273 hectares ainsi
divisés entre les diverses catégories :

Pelouses avec vallonnement et apport de terre végétale. 20N4O

Pelouses avec vallonnement et sans apport de terre végétale. 54 .90

Pelouses sans vallonnement ni apport de terre préparées à la bêche. 82 .60

Pelouses sans vallonnement ni apport de terre préparées à la charrue. 115 .10

Total. 273h.OO

La dépense totale faite pour les pelouses, y compris le placage en
gazon des talus des lacs et de plusieurs cours d’eau, les bordures des
sentiers, les apports de terre et de terreau, les réfections, l’enlretien
pendant la durée des travaux, et les frais généraux de surveillance et
autres s’est élevée à la somme de 397,800 fr., ce qui fait ressortir le
prix du mèlre en moyenne à 0r.15.

L’entretien annuel des pelouses du bois est très-onéreux: sur les par-

(t) On a fait l’essai au Bois de Boulogne, d’une composition de graminées nommée
Lawn-grass, qui résiste à la sécheresse dans les terrains les plus perméables et les
plus arides. Huit hectares ont été ainsi ensemencés au printemps, assez tardivement,
sur les pelouses avoisinant la butte Mortemart et l’avenue de Saint-Cloud. Quoique
le sol ingrat n’ait pas été amendé par de la terre végétale et que la semence ait été
faite tardivement, les pelouses ensemencées en Lawn-grass ont résisté mieux que les
autres à la sécheresse excessive de cet été.
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