Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 3.1859

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ALBUM DE L’ART INDUSTRIEL. - 3e ANNÉE. -NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1859.

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lies complètement soignées situées près des lacs, il exige les opérations
suivantes, revenant par hectare aux prix indiqués en regard :

Sarclage. 98 fr.

Quatre fauchages par saison. 112

Main-d’œuvre de l’arrosage. 120

Valeur de l’eau (voy. au chap. IV). 200

Intérêts et amortissement des conduites [voy. au chap. IV). 340

Total.870 fr.

Sur les pelouses non arrosées l’entretien se borne à donner deux
fauchages en moyenne et un sarclage. Quelques pelouses déjà anciennes
fournissent une récolte de foin; enfin on essaye, depuis cette année, de
faire pacager les pelouses de bonne qualité par des moutons, et ce,
moyennant un prix de location de 60 fr. par hectare.

Le pacage et le parcage successifs des moutons dans les parties les
plus maigres des pelouses donnent jusqu’ici d’excellents résultats.Toules
les pelouses soumises à ce régime ont parfaitement résisté aux chaleurs
excessives de cette année.

§ 4. Travaux de jardinage.

Les dispositions adoptées dans l’œuvre de transformation du Bois de
Boulogne qui consistaient à maintenir à la promenade un caractère
agreste excluaient à peu près complètement les travaux de jardinage.

On s’est borné à placer, dans les cavités des roches, des grottes et des
cascades, et dans les têtes de pont et les murs de construction rustique,
quelques arbustes grimpants, des plantes grasses et des fougères, et à
former un petit nombre de massifs de fleurs ou de plantes de serres
pendant l’été, autour du grand lac, dans les îles et dans les jardins qui
entourent les habitations réservées pour M. le Préfet de la Seine et
quelques fonctionnaires attachés au service de la ville de Paris.

Composition des massifs. La composition des massifs a été faite de la
manière suivante : des rangées de fleurs étagées ont été plantées autour
des massifs principaux des îles et des jardins, puis on a formé un assez
grand nombre de corbeilles, garnies de fleurs d’une même essence au
centre, bordées de fleurs à tiges herbacées palissées sur le sol en forme
de guirlandes entourant la corbeille; enfin certains groupes et massifs
sont garnis, pendant l’été, avec des plantes de serre chaude ou tem-
pérée envoyées des pépinières de l’Algérie aux serres du Bois de Bou-
logne ou obtenues de semis ou par voie d’échange.

Parmi celles de ces plantes qui produisent le plus d’effet en massif et
supportent le mieux la pleine terre en été, on peut citer toutes les va-
riétés de canna, de caladium et de bégonia, les musas, saccharum,
chamerops, dracoera, yaca, crimum, amarantha, phormium et diverses
variétés de bambous ; de grands massifs de bladodendrums choisis, de
kalmias et des groupes de magnolias supportent parfaitement les froids
de l’hiver et ont pu être conservés sans rentrer les plantes qui les com-
posent pendant l’hiver.Un massif de cauua couvert de paillis a été laissé
en terre à titre d’essai pendant l’hiver dernier ; les tiges ont parfaite-
ment repoussé au printemps et donnent aujourd’hui une belle végé-
tation.

Les massifs et les corbeilles, suivant la nature des plantes, ont été
faits soit en terre de bruyère sur une épaisseur moyenne de 0m.05, soit
en terre végétale de la plaine plus ou moins amendée avec des terreaux
de ville.

La dépense des travaux de jardinage, assez importante encore à
cause de l’étendue du bois, s’est élevée à 89,300 fr.

§ 5. Serres et Pépinières.

Il est très-difficile de trouver dans les pépinières particulières des ar-
bres convenables pour les boulevards de Paris. Pour les plantations
nouvelles, il serait nécessaire d’avoir des arbres à tige élevée assez forts
pour résister aux atteintes auxquelles ils sont exposés. Dans les rempla-
cements sur les voies plantées, il faudrait qu’il fût possible de trouver
des arbres dont les dimensions ne fissent pas disparate au milieu de la
plantation ancienne.

Pour arriver à ce résultat, il faut apporter à l’éducation des arbres
destinés à être transplantés à tout âge des soins particuliers qu’il n’est
pas d’usage de leur donner dans les pépinières de France. Ainsi il faut
tailler les jeunes sujets avec intelligence pour élever leur tige, les chan-
ger fréquemment de place en rabattant les racines pour qu’il se forme
un chevelu abondant aussi près que possible du tronc, afin qu’au mo-
ment de la transplantation on n’ait à faire dans les racines en dehors
de la motte que des sacrifications insignifiantes.

L’administration municipale a pensé que, pour obtenir ces divers ré-
sultats, il était convenable qu’elle fît établir des pépinières destinées à
fournir les arbres et les plantes des promenades qui lui appartiennent.
A cet effet, on a choisi, dans les terrains d’alluvion de la plaine de
Longchamps, près du pont de Saint-Cloud, une surface de 5 hectares
0 — 16

environ pour y placer une pépinière qui remplace du reste les anciennes
collections en partie détruites. On y a planté 125,000 sujets en arbres
d’alignement et 300,000 touffes obtenues de boutures ou de semis for-
mant 130 espèces les plus remarquables parmi celles employées à 1 orne-
ment des parcs et jardins.

Au début, les plantations, surtout celles des essences résineuses, ont
assez mal réussi dans le sol de la pépinière de nature argilo-calcaire
assez compacte. On s’est décidé, au commencement de 1857, à opérer
un drainage complet au moyen de lignes de drains espacées de 6 mè-
tres seulement et placées à lm.30 au-dessous du sol. Cette opération
a complètement réussi, les espèces à feuilles caduques sont en parfait
état de végétation et les essences résineuses reprennent une vie nou-
velle.

Le terrain occupé par les pépinières est insuffisant pour les trans-
plantations qu’il faudra commencer en 1859, et pour lesquelles on
cherche, dans les propriétés de la ville, un emplacement assez vaste et
assez éloigné de la capitale pour qu’il ne représente pas un capital trop
élevé.

Les végétaux ne sont placés dans la pépinière de Longchamps que
lorsqu’ils ont pris un certain développement pendant une ou deux an-
nées, soit qu’ils proviennent de semis ou de boutures. Cette première
éducation leur est donnée dans le Clos-Georges, ancienne dépendance
du Bois de Boulogne qui en a été retranchée par les fortifications.

L’établissement du Clos-Georges, qui contient les serres et tout le
matériel du jardinage du bois, sert à remiser les plantes de serre ou
d’orangerie pendant l’hiver, et à élever les fleurs et les plantes d’orne-
ment nécessaires, pendant l’été, soit au Bois de Boulogne, soit aux pro-
menades de Paris.

Cet établissement central de culture, annexé au Bois de Boulogne,
occupe une surface de 2 hectares environ et contient :

Une serre chaude pour les plantes des tropiques pouvant passer l’été
en pleine terre.

Une autre serre chaude pour les plantes ligneuses de serre, mises aussi
dans les massifs pendant l’été.

Une serre tempérée pour les végétaux exotiques à abriter pendant
l’hiver.

Une serre à multiplication.

Et enfin trois cents panneaux de châssis renfermant pendant l’hiver
les plantes herbacées qui peuvent être transplantées à nouveau et ser-
vant au printemps à en élever de nouvelles.

Les pépinières et l’établissement du Clos-Georges, avec tout son ma-
tériel, ont coûté jusqu’ici 83,300 fr. ; en 1858, les serres et les bâches
ont pu servir à l’éducation de 115,000 plantes d’ornements de toutes
sortes fournies au Bois de Boulogne ou aux squares de Paris.

L’établissement du Clos-Georges est cependant très-incomplet encore
et doit prendre un grand développement pour suffire aux besoins crois-
sants des établissements horticoles de la ville de Paris.

CHAPITRE VII.

TRAVAUX D’ARCHITECTURE.

Les principaux travaux d’architecture exécutés au Bois de Boulogne
sont les suivants :

1" Kiosque central des Iles.

1>L. 23-2(1.

Le pavillon exécuté à la pointe Sud de la petite île du lac inférieur,
a son soubassement circulaire, en pierre à sa partie inférieure et au-
dessus en briques de deux tons, rejointoyées à l’anglaise. Ce soubasse-
ment renferme un caveau pour le dépôt des outils de jardinage, et
l’assise de retraite a la forme et la saillie d’un banc de repos interrompu
seulement dans la largeur de la porte du caveau.

Par un mouvement du sol et par un escalier extérieur en bois dé-
coupé supporté par des roches, on s’élève à la hauteur de la salle du
kiosque proprement dit. Celte salle octogonale es! éclairée par six fe-
nêtres et deux portes vitrées de châssis à verres de couleur réunis par
des petits plombs; elle est entourée extérieurement par un balcon en bois
découpé avec banc, et couverte par un comble en calotte avec bord
saillant supporté par des consoles. Un épi en plomb avec girouette
représentant le vaisseau municipal, en surmonte le comble couvert en
ardoises taillées en écailles.

L’ardoise employée provient des carrières d’Angers et de celles de
Mézièrcs : les premières sont d’une couleur bleu foncé, les dernières
j d'un gris verdâtre, ce qui a permis d’exécuter avec ces deux nuances
un dessin d’hélice sur la surface sphérique de la calotte. Le bon effet
produit par l’emploi de ces ardoises de couleurs peu différentes et pré-
| sentant une certaine harmonie de tons, en a fait généraliser l’emploi
dans les pavillons de gardes et les autres constructions d’agrément
du bois.

1859.

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