Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 3.1859

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ALBUM DE L’ART INDUSTRIEL. —3* ANlNÉE. — NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1859.

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L’intérieur de la salle du kiosque a été exécuté en bois de diverses
natures, le parquet et le plafond sont en chêne, sapin et érable, formant
des panneaux ornés de champs et de filets. Le parquet a reçu au centre
le chiffre impérial surmonté d’une couronne.

La partie haute du kiosque au-dessous du soubassement est construite
en chêne de choix dont toutes les moulures et ajustements sont taillés
dans la masse, les diverses pièces sont d’ailleurs toutes assemblées et
chevillées sans clous.

Pour ne pas causer de dégâts dans l’île on a été obligé de faire tailler
dans un chantier éloigné, toutes les pierres qui entrent dans la con-
struction du kiosque et de la transporter à pied-d’œuvre sur un pont
volant au-dessus du lac, ce qui en a augmenté assez notablement la
dépense. Elle s’est élevée à 26,000 fr.

2° Exèdre.

PL. 27-2R.

L’exèdre est une petite construction entièrement à jour, d'une forme
demi-annulaire; il est placé à la pointe Nord de la grande île du lac in-
férieur et destiné à donner aux promeneurs un siège et uu abri en leur
offrant la vue du bout des lacs et des routes qui y aboutissent.

Le comble à deux égouts, est couvert en ardoises de Mézières et
d’Angers, il est supporté par huit points d’appui sur le devant et le
même nombre sur la face opposée. Ces points d’appui en bois de chêne,
sont taillés et réunis entre eux par des traverses et une balustrade en
bois découpé. Des crêtes et lambrequins en bois également découpés
complètent sa décoration. Toute cette charpente est portée sur des
parpaings en pierre dure ornée de moulures. Le dallage intérieur est
fait en asphalte de couleur avec bandes et ornements.

Un treillage sur le mur du fond recevant des plantes grimpantes et
des plates-bandes sur le devant garnies de vigne vierge et d hydrangéas,
font concourir la végétation à la décoration de ce petit édicule.

L’ensemble de la dépense s’est élevé à la somme de 7,283f,75.

3° Embarcadères du bord des lacs.

Deux embarcadères en bois sont situés, l’un sur le bord Sud-Est du
lac supérieur, l’autre près de l’extrémité du lac inférieur. Ils sont des-
tinés à abriter les promeneurs, les receveurs des perceptions des ba-
teaux de promenade et des bateliers.

lis se composent chacun, d’un comble couvert en ardoises de même
nature que celles du kiosque et de l’exèdre, supporté pur quatre points
d’appui, réunis par de doubles bancs à dossier servant de coffres pour
ranger les agrès nécessaires au service des bateaux. Dans l’intervalle
des deux points d’appui du milieu est réservé l’emplacement du petit
bureau vitré au pourtour, nécessaire pour le service du receveur des
bateaux.

Le sol de cette construction, couvert par un comble formant abri en
auvent, est en asphalte de couleur.

La charpente et la menuiserie sont établies comme celle du kiosque
et de l’exèdre. en chêne taillé et assemblé.

Cinq quais d'embarquement dont le plancher de 7™.00 de longueur sur
2“.00 de largeur est à 0“.30 au dessus du niveau de l’eau, ont été con-
struits, deux en face des embarcadères qui viennent d’être décrits, un
troisième devant le châlet des îles, et les deux derniers devant les
grottes en roche servant d’embarcadères au centre du lac. Le plancher
de ces quais formant une saillie de 2» environ sur la rive, repose sur
des pilotis. Une balustrade en bois découpé protège les promeneurs et
facilite l’accès dans les embarcations.

Des bourrelets en cuir garnis en crin, garantissent les barques d un
abordage précipité.

Chaque quai embarcadère revient à 4,325r.75.

Les deux grottes coûtent ensemble 13,702f.40.

U° Pavillons d’habitation des gardes aux entrées du Bois.

Le même modèle n’a pas été adopté pour tous les pavillons placés
aux portes du Bois pour loger les gardes, d’abord afin d’éviter la mo-
notonie et aussi pour satisfaire aux dispositions des entrées et au
nombre de personnes à loger suivant les besoins du service : ces pa-
villons peuvent néanmoins, sauf de légères différences, être classés en
5 sections ayant un modèle à peu près uniforme.

Les modèles adoptés pour l’habitation des gardes, très-différents sous
le rapport des places et la disposition des façades et des hauteurs, ont
cependant un certain caractère de ressemblance qui leur est donné par
l’emploi pour tous les matériaux de même nature employés dans des
conditions analogues. Ainsi tous les murs des façades, sont construits en
briques apparentes, disposées par bandes horizontales de deux couleurs,
reposant sur une assise de socle en pierre d’Enville; les pieds des angles,
l’encadrement des baies, les appuis, les meneaux, les loges extérieures,

les balustrades découpées à jour, les corniches et le couronnement des
pignons sont établis en pierre de banc royal, de Mery ou de la Savon-
nière. De plus tous les pavillons terminés par un comble dont la pente
est très-rapide, sont couverts en ardoises de Mézières et d’Angers,
taillées en écailles hexagones et disposées par bandes diagonales dans
deux sens de manière à former des losanges rendus très-apparents par
la différence île couleur des deux natures d’ardoises employées; enfin
toutes ces toitures sont surmontées de cheminées ornees et moulées en
terre cuite d’un même modèle.

Les deux premiers modèles représentés (PL 21-22 et 25-24), ont
un aspect tout particulier tenant à la disposition du comble dont les
bois façonnés font une saillie considérable sur les murs tant sur les pi-
gnons que sur les côtés, et sont terminés par des lambrequins en bois
découpé semblables â ceux des balustrades de balcons.

On a cherché à obtenir pour l’intérieur de ces constructions, des
formes agréables, trouvant leur décoration presque entièrement dans
la disposition et l’agencement des matériaux, et, pour l’intérieur, une
simplicité en rapport avec leur destination. Ce principe a été étendu à
la construction même des murs de face qui sont élevés en moellons et
n’ont que leurs parements extérieurs en briques. Toutefois afin d’éviter
une mauvaise construction et aussi pour trouver plus facilement à dis-
poser des bandes horizontales de deux tons, on a, en profitant de la
nature même des briques qui sont ordinairement plus foncées lorsqu'elles
sont vues en boutisse, construit alternativement cinq rangs de briques
présentant toutes leur long côté en façade, et au dessus, cinq autres
rangs faisant voir leurs boutisses; on obtient ainsi des bandes de deux
couleurs bien distinctes qui, par leur différence d épaisseur ont permis
une liaison parfaite avec le parement de moellons intérieurs.

Chaque logement de garde est généralement composé d’une entrée,
d’une pièce principale formant salle â manger, d’une cuisine, d’une ou
deux chambres à coucher avec cabinet, et de plus, d’un grenier, d’une
cave et d’un cabinet d’aisances. Pour les pavillons élevés d’un premier
étage, on a affecté ce premier étage aux chambres à coucher, et pour
les pavillons qui n’ont qu’un rez-de-chaussée, on a cherché à les assainir,
autant que possible, en mettant des caves sous toute la surface et en
parquetant les pièces d’habitation.

La dépense totale pour la construction des dix-neuf pavillons de
gardes, s’est élevée à la somme de 379.486r,34 : chaque pavillon
revient :

Pour le premier modèle à.22,293'. 10

Pour le deuxième modèle à.18,301 .07

Pour le troisième modèle à .... . 20,000 .46

Pour le quatrième modèle à.22,G7G .23

Pour le cinquième modèle à. 19 51S .80

5° Moulin de l’abbay■■ de Longchamps et Maison de garde du moulin.

Il existait dans la plaine de Longchamps, au moment où elle a été
réunie au bois, une ancienne tour de moulin à vent, reposant sur une
plate-forme maintenue par un mur dont le parement était complète-
ment dégradé.

L’aspect pittoresque de cette construction, les souvenirs historiques
qui se rattachent à l'abbaye de Longchamps, dont elle est un des der-
niers vestiges, en ont fait décider la restauration et la transformation
en moulin destiné à relever, dans le réservoir de la grande cascade une
partie de l’eau qui s’en échappe.

Le moulin et sa plate-forme, dont la construction remonte nu
xme siècle, était adossé à un monticule de terre surmonté d’une vieille
construction qui avait dû être l’habitation du meunier, et que l’on était
obligé de traverser pour arriver sur la plate-forme par un chemin en
pente.

Dans les travaux de restauralion, on a cherché à rendre au moulin
son ancien aspect, toutefois 1 ancien bardeau de la toiture a été rem-
placé par une couverture disposée par bandes horizontales d’ardoises,
alternativement droites et taillées en écailles, dont le sommet a été
couronné par un ancien épi en plomb.

La charpente du comble a été refaite sur le modèle de l’ancienne et
disposée comme dans tous les moulins à vent, de manière à permettre à
la toiture de tourner sur elle-même, afin de placer les ailes dans la di-
rection du vent. Un escalier en spirale, en bois, a été rétabli d’après les
indications retrouvées sur celui qui existait primitivement.

La vieille maison du garde -moulin qui tombait en ruines, a été enlevée
pour dégager la plate-forme, et le terrain au pourtour a été creusé de
manière à y amener les eaux du ruisseau qui conduit à la Seine le débit
de la grande cascade de Longchamps. Un pont en rochers a été en-
suite construit pour atteindre la plate-forme, et à proximité de ce pont,
en avant du ruisseau, on a élevé une maison de garde rustique, cou-
verte en chaume, à escalier extérieur et avec fenêtres vitrées en petit
plomb, à l’imitation de celles qui existent encore aujourd’hui dans le
petit Trianon près de Versailles.
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