Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 4.1860

Seite: 15-16
DOI Seite: 10.11588/diglit.26966#0016
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L'ART INDUSTRIEL. — !x' ANNEE. — MARS-AVRIL 1860.

on obtient une impression plus rapide et plus intense, parce que les
deux effets s’ajoutent.

Quant à l’objection tirée du fait que l’image ne se forme pas à tra-
vers une lame mince de verre ou de mica, on verra dans mon premier
mémoire, présenté à l’Académie le 16 novembre 1857, que cette acti-
vité communiquée par la lumière ne traverse pas le verre et qu’il en
est de même des radiations lumineuses émises par le phosphore brûlant
lentement dans l’air; celles-ci, en effet, n’agissent pas non plus sur un
papier sensible à la lumière.

Procédés employés pour la gravure par la lumière.

La gravure par la lumière solaire, qui a été le point de départ de la
Photographie, est maintenant le but vers lequel se dirigent les études
des artistes qui s’occupent de ces questions si intéressantes pour l’art
et l’industrie. Aussi a-t-on déjà inventé en Angleterre et en France
de nombreux procédés. Le premier de tous est celui qu’employait
Niepce, qui a résolu le problème de graver sur une plaque de cuivre
l’image produite par les rayons solaires. Il étalait sur la plaque un
vernis composé de bitume de Judée, dissous dans de l’essence de
lavande ; il plaçait sur ce vernis le dessin qu’il voulait graver, préala-
blement recouvert d’un verre, et il l’exposait ensuite à la lumière so-
laire. Après une heure ou deux il enlevait le dessin et lui faisait subir
un lavage à l’aide d’une dissolution composée d’huile de pétrole et
de lavande. Cette dissolution attaquait les parties noires, celles qui
n’avaient pas subi l’influence de la lumière; un second lavage à l’eau
froide achevait l’opération. On se sert encore aujourd’hui du bitume de
Judée, mais on a remplacé la lavande par la benzine et la cire jaune.

On emploie également un vernis composé de gélatine et de bichro-
mate de potasse; on le répand sur la plaque préalablement frottée avec
un linge enduit d’un mélange de potasse caustique et de blanc d’Es-
pagne. On applique ensuite sur la plaque le dessin qu’on veut graver
et l’on attaque les parties obscures par la dissolution de perchlorure
de fer.

CHRONIQUE DES BEAUX-ARTS.

Inmiguration du monument élevé à la mémoire

de Louis Visconti.

Le monument élevé par souscription à la mémoire de Louis Visconti,
Architecte de l’Empereur, a été inauguré récemment au cimetière du
Père-Lachaise.

Il est en marbre blanc et surmonté d’une statue qui représente Vts-
conti couché et tenant à la main les plans du Louvre.

M. le comte de Nieuwerkerke, M. IIittorff, Membre de l’Institut,
et M. Rohault de Fleury au nom de la Société Centrale des Archi-
tectes, ont successivement prononcé des discours dans lesquels ils se
sont rendus les organes des sentiments de regret qui animaient tous les
assistants.

Achèvement du pavillon du Conservatoire

des Arts et Métiers.

Les ornementations extérieures du pavillon renfermant l’escalier
d’honneur du Conservatoire des Arts et Métiers sont à la veille d'être
terminées. Le tympan de ce pavillon a reçu un bas-relief représentant
le Génie des Sciences et des Arts s’appuyant sur une médaille fond
bleu sur laquelle on lit en lettres d'or : « 1860, Napoléon III régnant. »
Plus bas,sur une frise est inscrit : « Galerie d’exposition des Modèles. »
Les bustes de Papin et de Lavoisier sont placés dans deux niches circu-
laires disposées de chaque côté.

Etablissement de nouveaux kiosques lumineux

destinés à la vente des journaux dans Paris.

On remplace en ce moment sur les boulevards de Paris, par des
kiosques d’un nouveau modèle, ceux qui avaient été établis pour la
vente des journaux il y a environ deux ans. Ces kiosques, plus élevés
que les premiers, sont en boiserie de chêne et de forme octogonale;
ils sont surmontés d’un dôme en zinc estampé qui se termine par une
flèche.

On se dispose aussi à établir un certain nombre de ces constructions
sur les quais. Un premier abri de ce genre vient d’être construit sur le
quai Malaquais, en face de la rue des Saints-Pères. j

lleronstructîon des thctUrps du Boulevard du Temple.

On a déjà présenté plusieurs projets ayant pour but de conserver au
boulevard du Temple les théâtres qu’il possède actuellement, mais en
voici un nouveau qui a été sanctionné, dit-on, par le Conseil Muni-
cipal.

D’après ce projet, on conserverait sur la ligne du boulevard du
Prince-Eugène, la Gaîté, les FoliessDramatiques, les Funambules et le
Petit-Lazary. Le Théâtre-Lyrique, le Cirque et les Délassements-Co-
miques seraient établis sur la place du Châtelet, et sur le boulevard
de Sébastopol. On parle même de faveurs importantes qui doivent être
accordées à ces trois dernières entreprises, telles que des locations
gratuites pendant quelques années, et des concessions de gaz et d’eau
à perpétuité.

nouvelles statues de ITIùtcl de la Préfecture de police.

On continue la décoration de l'hôtel de la Préfecture de police. On
vient de commander sept statues destinées à orner la face occidentale
du monument. Ce sont : le Châtiment, l’Équité, la Force, l'Innocence,
ia Protection, la Prudence et la Fèritè.

Plantations d’arbres aux abords du Panorama

(Champ s-É lysées).

On a exécuté aux abords du Panorama, construit récemment
dans les Champs-Élysées, des travaux de plantations d’arbres et d’ar-
bustes, qui complètent la transformation en jardins anglais de la partie
gauche de la promenade, depuis la place de la Concorde jusqu’à l’a-
venue d’Antin. En même temps, on a mis la dernière main aux travaux
de la décoration extérieure de l’édifice destiné à faire pendant au Cir-
que. Placé dans l'axe de la partie N.-O. du Palais de l’Industrie, le
nouveau Panorama occupe, avec ses dépendances, une surface totale
de 1750 mètres carrés.

Applications des machines à la sculpture.

Une société vient de se former sous le titre de : British sculpture
TVorking association, dans le but de remplacer avec avantage les ou-
vrages faits à la main par les ouvrages faits à la machine pour les opé-
rations préliminaires du sculpteur, et de débarrasser ainsi l’artiste de la
partie la plus grossière de la main-d’œuvre. Il est généralement admis
que, dans les nouvelles conditions, il pourra exécuter son œuvre à un
prix plus modéré, et modeler à sa fantaisie l’ébauche qui lui sera en-
voyée presque achevée. Le promoteur de cette association est égale-
ment propriétaire d’un mécanisme perfectionné pour la reproduction
en grand et la réduction des œuvres de Statuaire. L’intention de la So-
ciété est aussi d’acheter les ouvrages des artistes éminents et d’en faire
des reproductions en marbre qu’elle pourra se procurer ainsi très-éco-
nomiquement.

Travaux de la fontaine Saint-Michel, à Paris.

Presque tous les motifs de sculpture et d’ornementation de cet édi-
fice, sont maintenant terminés. On s’occupe de la mise en place des
trois grands bassins. Les sculptures du fronton circulaire, aux armes
Impériales, que couronne la composition, seront bientôt achevées,
ainsi que les deux figures, la Puissance et la Modération, qui la déco-
rent. Sur l’attique qui règne au-dessus du fronton supérieur, on a placé
une table de marbre vert antique, où l’on grave actuellement l’inscrip-
tion suivante :

FONTAINE SAINT-MICHEL.
ce monument a été élevé

SOUS LE RÈGNE DE NAPOLÉON III, EMPEREUR DES FRANÇAIS.

PAR LA VILLE DE PARIS,

L’AN MDCCDLX.

G.-A. OPPERMANN, Directeur,

il, rue des Beaux-Arts, à Paris.

Paris. — Imprimé par E. Thunot et C.e, rue Racine, 26.
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