Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 4.1860

Seite: 23-24
DOI Seite: 10.11588/diglit.26966#0020
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L’ART INDUSTRIEL.

A* ANNÉE. — MAI-JUIN 1860.

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ouvrage d’uu sculpteur de la localité, M. Lenglet, déjà connu par la
gracieuse figure de la fileuse, placée au musée de cette ville.

Statues élevées aux industriels et «ni agriculteurs.

Si nos provinces ont rendu à nos grands artistes nationaux ces hom-
mages restreints, elles ont plus favorablement traité l’Industrie et l’A-
gronomie. Lyon a élevé une statue à Jacquard, l’inventeur du fameux
métier qui porte son nom, et qui a si puissamment contribué au déve-
loppement de l’industrie lyonnaise : M. Foyatier est l’auteur de la
statue en bronze du mécanicien-ouvrier. Avignon se propose également
de perpétuer, par un monument, le souvenir d’ALTHEN, le propagateur
de la garance dans le Comtat Venaissin. Montdidier, de son côté, a
voté un statue à Parmentier, ce bienfaiteur du pauvre, qui popularisa
la pomme de terre, et cette statue a été exécutée par M. Malknecht.
M. Hébert a terminé une belle statue d’OnviER de Serres, le Père de
VAgriculture Française, pour le Département de l’Ardèche. C’est dans
la ville de Villeneuve-de-Berg, patrie de l’agronome, que cette statue
doit être placée. Enfin le monument de Mathieu de Dombasle s’élève à
côté de celui d’OLiviER de Serres.

Il est d’autres bienfaiteurs de l’humanité que la reconnaissance du
peuple n’a pas non plus oubliés; de ce nombre sont les Docteurs ha-
biles qui guérissent ou qui soulagent ses infirmités, et ces penseurs in-
fatigables dont la persévérante intelligence complète l’homme en lui
rendant les organes que la nature lui a refusés ou ravis. C’est à ce titre
que les statues d’AMRROlSE Paré, à Laval, et de Bichat (l),à Bourges,
exécutées toutes deux par David,, décorent les places publiques de ces
villes, et que celle de Bourgelat, fondateur de la première École
vétérinaire, à Lyon, est érigée dans cette localité. C’est à ce titre
qu’une bourgade du Département de la Haute-Garonne, F’ousseret, a
chargé M. Auvray d’exécuter un monument à l’abbé Sicard, l’institu-
teur des sourds-muets, tandis que Versailles élevait une statue en
bronze à l’abbé de l’Épée. M. Michaut est l’auteur de cette statue, qui
a été inaugurée en Septembre 1843 (2). D’autre part, M. Badiou de la
Tronchère exécute un groupe en marbre de Haüy et d’un jeune aveu-
gle pour l’institution des jeunes aveugles, fondée par les soins de ce
philanthrope. C’est encore à ce titre de bienfaiteur de l’humanité que
Paul Riquet, l’Ingénieur du canal des deux mers, a été l’objet d’un
pareil hommage. La ville de Béziers lui a élevé une statue en bronze,
et c’est encore M. David, l'énergique et facile statuaire, qu elle avait
chargé de l’exécuter. La conception de cette statue est des plus heu-
reuses. M. David a choisi, pour représenter le célèbre Ingénieur, le
moment où il vient de découvrir le point de la division des eaux de
l’Océan et de la Méditerranée, et où il s’écrie comme Archimède : « Je
« l’ai trouvé ! » C’est encore là un de ces monuments qui remplissent
parfaitement le but de la Statuaire, qui est de dire beaucoup avec le
silence.

Enfin c’est toujours à cemême titre que Cleeberger, le bon Allemand,
fondateur d’hospices et d’établissements de bienfaisance, à l’entretien
desquels il consacra une fortune de 10 millions, revit, en bronze, sur
l’une des places de la ville de Lyon, qui, après plus de trois cents ans,
n’a pas perdu le souvenir de ses bienfaits. C’est M. Lepind qui est l’au-
teur de ce dernier ouvrage. La ville de Calais ne pouvait pas non plus
laisser sans récompense le généreux dévouement d’EusTACHE de Saint-
Pierre; elle a décidé qu’une statue serait élevée, dans ses murs, à ce
grand citoyen. Cette décision doit être mise à exécution aussitôt que des
fonds suffisants auront été réunis.

F. B. de Mercey.

[Études sur les lieaux-Arts.)

SERRURERIE ARTISTIQUE.

Porte latérale «lu chœur de la cathédrale de Sens.

Pl. 14.

La belle porte en fer forgé que l’on remarque dans le chœur de la
cathédrale de Sens, se compose de deux battants de lm.50 de largeur
chacun sur k mètres de hauteur. Dans cette œuvre digne,par la richesse
de son aspect, du monument auquel elle appartient, chaque battant

(1) Lons-le-Saulnier a élevé aussi un monument à Bichat. Ge monument est sur-
monté du buste colossal, en bronze, de l’illustre physiologiste, exécuté par M. Hüguenin.

(2) Le 2i juillet 1791, dix-huit mois après la mort de l’abbé de l’Epée, l’assemblée
constituante plaçait, par un décret, « l’abbé de l’Epée au nombre des hommes qui
avaient bien mérité de l’humanité et de la patrie. »

consiste en deux cadres, l’un intérieur, formé d’une série de petits
cercles reliés entre eux; l’autre extérieur, composé d’ornements divers
indiqués dans la Pl. 14.

Les panneaux de la porte sont occupés par des barres verticales
reliées à l’aide de courbes diversement distribuées et contournées.

Cette pièce de serrurerie artistique remonte au règne de Louis XlV ;
le style en est fermement accusé par l’élégance et la légèreté des formes
aussi bien que par la finesse de détails que comporte la matière em-
ployée.

REVUE PHOTOGRAPHIQUE.

Apisliculîun de la photographie

à l’impression des tissus.

On a appliqué depuis quelque temps avec succès la sensibilité du bi-
chromate de potasse qui se transforme, sous l’influence de la lumière,
en un composé à base d’oxyde de chrôme et permet ainsi de tracer les
dessins sur les tissus comme on le fait avec les sels d’argent par les
méthodes ordinaires.

Voici en quoi consiste ce procédé :

On commence par découper sur une feuille mince de métal ou de
papier noir le dessin que l’on veut imprimer et on l’applique ensuite
contre le tissu qui doit le recevoir, préalablement imbibé d’une disso-
lution de bichromate de potasse.

On les place ensuite dans un châssis et on les expose aux rayons
solaires; les parties du tissu qui reçoivent directement la lumière se
colorent sous son action, elles prennent une teinte rouge pâle qui est
très-solide, et représentent ainsi la reproduction du dessin découpé sur
la feuille de métal ou de papier.

CHRONIQUE DES BEAUX-ARTS.

Achèvement du palais «les Beaux-Arts, à Paris.

On espère terminer bientôt les constructions nouvelles du palais des
Beaux-Arts, dont la façade s’élève sur le quai Malaquais. Elles se com-
poseront de deux salles qui seront spécialement affectées, celle du
rez-de-chaussée à l’exposition des envois de Rome, et celle du premier
étage aux concours de l’École.

Une grande porte cintrée donne accès, au moyen d’un double esca-
lier en pierre, dans une galerie qui doit relier plus tard les nouveaux
bâtiments aux anciens. Elle sera, dit-on> réservée à l’exposition des
moulages conservés dans les magasins du Louvre, tandis que deux gale-
ries latérales seraient réservées à la peinture.

Candélabres «le la place de la harrièr»* de l'Étoile.

Les nouveaux candélabres que l’on est sur le point d’établir à la
barrière de l’Étoile sont en fonte cuivrée et ont 5 mètres d’élévation.
Leur fût se compose d’un faisceau de lances décoré de consoles qui se
terminent par des têtes de griffons. Les procédés galvaniques employés
pour le cuivrage de ces candélabres ont été déjà mis en œuvre avec
succès pour deux fontaines des Champs-Éiysées et celle de la place
Louvois. Il serait à désirer que cette mesure fût prise à l’égard des au-
tres monuments du même genre, sur lesquels aucune peinture n’a pu
rester, comme les fontaines de la place de la Concorde.

C. A. OPPERMANN, Directeur,
Il, rue des Beaux-Arts, à Paris.

Paris. — Imprimé pai E, Thunot et C', 26, rue Racine.
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