Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 4.1860

Seite: 25-26
DOI Seite: 10.11588/diglit.26966#0021
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L'ART INDUSTRIEL. — 4' ANNÉE.

JUILLET-AOUT 1860.

26

VIe 4. — Juillet-août 1860.

PL. 15, 16, 17, 18.

SOMMAIRE.

TEXTE. — Projets et propositions utiles. — 172. De l’abus des ronds et
des rosettes dans la Décoration architectonique. — 173. Du mauvais effet des corniches
plates dans l’architecture des édifices publics. — Chronique des lleau»Arts.—
Travaux de la fontaine Saint-Michel. — Galvanisation des fontaines de Paris.—
Nouvelle fontaine du jardin du Luxembourg. — Plantations sur la place Saint-Ger-
main-l’Auxerrois. —Nouvelles plantations des Champs-Elysées. — Achèvement de
l’église Santa-Maria del Fiore, à Florence. — Procédé du Colonel d’État-Major Levret
pour reproduire sur cuivre une gravure faite sur pierre.—Éhénisterie et sculpture
sur bois.—Cloisons ornées du café delà Poste, 13, rue Jean-Jacques Rousseau, et du
café de la Paix, 33, boulevard des Capucines, à Paris (PI. 15-16).—Pontes d’orne-
ments et bronzes d’art.—Nouveaux escaliers en fonte d’ornement, par M. Bar-
bezat, fondeur à Paris (PI. 17). — Tôles découpées pour panneaux à jour, par
M. CaLARD, constructeur à Paris (PI. 18). — Mosaïques.—Mosaïques en pierre li-
thographique. — Revue photographique. — Note sur la photo-lithographie, parle
procédé Poitevin et le procédé Garnier-Salmon.— Note sur le papier térébenthino-
ciré. — Procédé pour obtenir des épreuves sur verre et sur porcelaine.

PLAXCHES. — 15-16. Cloisons ornées du café de la Poste, 13, rue Jean-Jacques
Rousseau, et du café de la Paix, 33, boulevard des Capucines, à Paris. — 17. Nou-
veaux escaliers en fonte d’ornement, par M. Barbezat, fondeur à Paris. — 18. Tôles
découpées pour panneaux à jour, par M, Calard, constructeur à Paris.

PROJETS ET PROPOSITIONS OTILES.

«78 (1). De l’abus des ronds et des rosettes

dans la Décoration architectonique.

Un des signes les plus fâcheux de la banalité et du défaut d’i-
magination qui président à la décoration de !a plupart de nos édifices et
de nos maisons modernes, c’est l’abus, vraiment frappant dans certains
cas, que l’on y fait des ronds et des rosettes.

Les métopes, les chapiteaux, les tours de fenêtre, les dessus de porte,
toutes les parties de la construction en sont couvertes.

On dirait, à voir surtout certaines productions de l’École dite Néo-
Étrusque, que le tour du compas est le seul horizon qui s’y trouve ou-
vert à la fantaisie artistique.

Quand ce n’est pas un cercle plat saillant sur le nu du mur, c’est
une patère avec un bouton à son centre, une étoile à pointes maigres,
une marguerite ou toute autre invention de la même pauvreté.

Les grosses rosettes saillantes à cinq feuilles, que l’on sème à profu-
sion sur les points les plus impropres à les recevoir, sont de la même
École, et n’annoncent pas moins de négligence dans la conception.

Faut-il citer des exemples ? Nos lecteurs savent bien de quoi nous
voulons parler, et plus d’un parmi eux s’est peut-être donné la peine
de compter le nombre de ronds qui déshonorent les façades ou les inté-
rieurs des plus riches et des plus coûteuses constructions modernes.

Nous ne trouverions rien de mieux à faire que de les enlever pure-
ment et simplement, car l’absence de toute prétention à l’ornement peut
au moins passer pour de la sobriété, tandis que l’usage de motifs insi-
gnifiants ou ridicules n’est qu’un aveu d’impuissance.

C. A. Oppebmann.

Paris. — 1" Juillet 18C0.

«73. Mm nianvais effet «les eorniebe» plates

dans les profils des édifices.

La même École qui affectionne le rond et la rosette, se caractérise
encore par l’emploi des corniches plates et des moulures à profils roidis
et redressés.

Nous ne comprenons pas que le goût public puisse tolérer d’aussi
nombreuses atteintes au sentiment le plus élémentaire de l’harmonie et
des proportions.

Est-ce obéissance aux prescriptions delà police municipale qui vou-
drait, dans l’intérêt de l’alignement, supprimer toute espèce de saillies
dans la décoration ? Mais ce genre de corniches se retrouve, même au
fond des cours et dans les intérieurs, où certes l'artiste peut et doit
avoir toute liberté.

Est-ce économie de pierre ou déplâtré?—En ce cas c’est une réduc-
tion bien mal placée, car-elle viole les règles du goût, et l'on ne com-

(1) Pour la série complète des Numéros, voir les Nouvelles Annales de la Construc-
tion, le Portefeuille économique des Machines et les Nouvelles Annales d’Agriculture.

0 — 20.

prend pas que, pour quelques décimètres de pierre de plus ou de moins
un architecte consciencieux puisse se résigner à atrophier son œuvre.

Pourquoi donc ne pas s’en tenir aux proportions ordinaires que les
données même de la construction ont indiquées comme convenables?

En signalant cet autre vice de forme qui nous paraît aussi beaucoup
trop répandu, nous nous proposons seulement d’appeler l’attention des
architectes sur le mauvais effet que produit ce genre de profils.

C. A. Oppermann.

Paris. — 1" Juillet 1860.

CHRONIQUE DES BEAUX-ARTS,

Travaux de la fontaine Saint-Michel»

On pense bientôt terminer les travaux de la fontaine monumentale
qui, comme nous l’avons dit, doit décorer, sur la rive gauche, l’entrée
du boulevard de Sébastopol. Cet édifice, construit sous la direction
de M. Davioud, architecte de la ville de Paris, présente une façade de
15 mètres de largeur sur 25 mètres de hauteur; ses soubassements
sont en pierre de Méry et de Saint-Ylic. La couleur ambrée de cette
dernière et le degré de poli dont elle est susceptible doivent la recom-
mander d’une manière spéciale pour toutes les constructions de ce
genre; elle imite parfaitement le marbre, et produit un très-heureux
effet ainsi qu’on a pu le remarquer pour les garde-corps des ponts
récemment établis dans Paris.

De chaque côté de la niche qui doit recevoir la statue de Saint-
Michel, s’élèvent deux colonnes en marbre incarnat. Elles sont espa-
cées de 6 mètres d’axe en axe, et ont 0m.80de diamètre à la base,
sur 6 mètres de hauteur totale.

L’entre-colonnement est garni de chaque côté par des boucliers en
fonte, aux armes Impériales.

L’attique et le fronton circulaire qui le couronne sont actuellement
achevés, et l’on s’est occupé dans ces derniers jours de la pose du pié-
destal en métal qui doit supporter la statue. Ce support sera masqué
par le rocher à travers lequel l’eau jaillira en abondance, pour s’ar-
rêter dans une première vasque de U mètres de diamètre, et être reçue
successivement dans trois bassins en marbre de couleur qui la condui-
ront jusqu’au bassin semi-circulaire creusé dans le sol.

Le comble qui couronne l’édifice est à peu près terminé; on vient
d’achever la pose des plombs qui doivent en décorer les arêtiers, ainsi
que la galerie qui le surmonte, qui et dissimulera ainsi les cheminées
de la maison contre laquelle la fontaine se trouve adossée.

On a enlevé momentanément, la semaine dernière, l’échafaudage qui
cachait la partie supérieure du monument, et l’on a pu juger alors de
l’élégance de l’attique et du fronton, qui se compose, comme on le
sait, de deux belles statues, la Prudence et la Modération entourant les
armes Impériales.

Galvanisation «les fontaines de Maris.

La transformation des fontaines en fonte de la Capitale, par les pro-
cédés galvanoplastiques, se poursuit avec toute la célérité que com-
portent ces curieuses applications de l’électricité. Déjà, on se lé rap-
pelle, la fontaine delà place Louvois, et deux des fontaines décoratives
des Champs-Élysées ont été cuivrées d’après ce procédé. On s’occupe
en ce moment de remonter celle qui est placée dans le carré de l’Ely-
sée, près de l’avenue Gabrielle. Après quelques recherches, on est
parveuu à lui douner une teinte de vert antique qui lui donne l’aspect
des bronzes les plus renommés. On remontera bientôt également l’élé-
gante fontaine des Quatre-Saisons que i on vient d’enlever du carré du
Cirque pour lui faire subir la même opération.

Aonvrllc foDiaine «la jardin «lu liUMaiïiourg.

On a érigé récemment, dans le jardin du Luxembourg, une char-
mante petite fontaine en bronze. Ce monument a été installé à l’extré-
mité occidentale de l’allée des Platanes qui conduit à la fontaine en
pierre de la Nymphe, œuvre de Jacques Desbrosses.

1860. — 4
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