Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 4.1860

Seite: 27-28
DOI Seite: 10.11588/diglit.26966#0022
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L’ART INDUSTRIEL

A" ANNÉE. JUILLET-AOUT 18(50.

Plantations sur la place Daint-Gennsain r.luxm'ni^.

Les deux quinconces d’arl>res disposés sur la place du Louvre, de-
vant l’église Saint-Germaln-l’Auxerrois et la nouvelle mairie du premier
arrondissement de Paris, sont achevés actuellement. Us se compo-
sent chacun de vingt-quatre marronniers, transportés avec des pré-
cautions analogues à celles qui furent prises dans ces deux dernières
années lors des plantations exécutées sur la place de la Bourse et sur
celle du Châtelet.

Nouvelles plantations «les Champs-Élysée».

La transformation des plateaux de la grande avenue des Chain ps-
Élysées s’achève rapidement. De nombreux ouvriers ont pris posses-
sion du carré du Cirque dont le sol va se couvrir de massifs d’arbustes
et de fleurs, à l’instar de ce qui a été fait pour d’autres parties de celte
promenade. En même temps l’on s’occupe de remettre en place l’élé-
gante fontaine, dite des Quatre-Saisons, qui décore cet emplacement,
et qui vient d’être cuivrée par les procédés galvaniques. Les végétaux
affectés à la métamorphose du carré du Cirque proviennent de la col-
lection achetée récemment en Hollande pour le compte de la ville de
Paris, et la plupart sont en pleine floraison. On remarque dans le
nombre de magnifiques rhododendrons, des kalmias, des azalées, des
cannas et une infinité d’autres plantes dont on a pu apprécier l’heu-
reux effet dans les différents squares de Paris, ainsi que dans les jardins
créés dans ces derniers temps aux Champs-Élysées.

Aelièvement «1«; l’Église Santa-NÏaria «loi Flore,

à Florence.

On travaille en ce moment à achever la façade de l’un des plus beaux
monuments de Florence, la cathédrale de Santa-Maria del Fiore, qui
depuis sa construction a toujours été, comme beaucoup d’églises de
Toscane, dépourvue d’une façade. Dernièrement la première pierre
en a été solennellement posée.

L’église elle-même avait eu sapremière pierre posée en 1298. Quand
la République de Florence était au plus haut degré de sa splendeur,
les magistrats résolurent d’abattre l’église de Santa-Reparata et de la
remplacer par un monument plus grandiose. Cent soixante-treize ans
plus tard, la cathédrale se présentait comme elle est actuellement.
L’architecte était Arnoldo de Cambio. Quand il s’est agi d’élever cette
haute coupole qui surmonte le chœur et qui est l’une des plus belles
de la chrétienté, les magistrats ont réuni à Florence un congrès des
hommes les plus habiles dans cette branche de l’Art, afin de prendre
leur avis; et l’architecte Brunellesco fut chargé de l’exécution. La
coupole s’élève à une hauteur considérable; de la pointe de la croix
jusqu’au sol, on compte 121 mètres. Son diamètre est de 2»>.3A plus
long que celui de la coupole de Saint-Pierre à Rome.

Ce monument, couvert de marbre de différentes couleurs, contient des
tableaux des maîtres toscans les plus renommés, des statues et des bas-
reliefs d’ORCAGNA, de Donatello, de Bandinelei et de Lucca de la
Robbia. Derrière l’autel, se trouve le dernier travail inachevé de Mi-
chel-Ange : un groupe de marbre représentant Joseph d’Arimathie avec
le Christ mort sur ses genoux. Un ancien tableau sur bois,d’ORCAGNA ,
Dante couronné de lauriers, avec des épisodes de la Divine Comédie, est
l’unique tribu de reconnaissance qui ait été accordé en ce temps-là à
l’infortuné poëte.

La cathédrale contient en outre d’importantes reliques et les tom-
beaux de Giotto, de Conrad fils de Henri III. C’est aussi là que fut
tenue en 1593 une réunion pour le rapprochement des deux Églises
romaine et grecque.

Dans la lanterne de la coupole, peinte par Vasari, est pratiquée
une petite ouverture qui, au temps du solstice d’été, laisse passer un
rayon sur une plaque de marbre. Cet appareil sert à faire des obser-
vations sur l’obliquité de l’écliptique et sur les mouvements apparents
du soleil.

Devant l’entrée s’élève, à 86 mètres, le célèbre campanile de marbre,
le chef-d’œuvre de Giotto, avec des sculptures d’André Pisano, de
Donatello et d’autres artistes.

l*i*océ«lé «lu colonel «l’État-major I,iviti:r

pour reproduire sur cuivre une gravure faite sur pierre.

M. le Colonel d’État-Major Levret, vient de résoudre, par la galva-
noplastie, l’importante question de la reproduction sur cuivre d’une
gravure faite préalablement sur pierre. Celte innovation qui doit le
jour au retard considérable des cartes de l’État-Major, ne diffère des
procédés galvauoplastiques connus que par l’emploi d’une substance,
la gutta-percha, destinée spécialement à fixer la plombagine sur la
pierre, sans déformer la gravure.

A cet effet, dès que la pierre est convenablement gravée, on l’incline
assez fortement et on verse sur elle une dissolution de gutta-percha
dans du sulfure de carbone, contenant une partie de gutta-percha pour
trois de sulfure. La pierre est ensuite relevée verticalement pour faire
écouler le liquide. L’évaporation rapide de cette dissolution, la laisse
enduite d’un dépôt de gutta-percha qui fixe la plombagine dont on la sau-
poudre, et que l’on étend ensuite avec une brosse très-douce. La pierre
présente alors un aspect métallique et il ne reste plus pour achever l’o-
pération qu’à la traiter par les procédés galvanoplastiques ordinaires.

Il faut, par ces procédés, trente-cinq minutes pour couvrir de cuivre
une pierre de 5 décimètres carrés, et, après deux jours, la feuille de
cuivre est assez épaisse pour être détachée sans inconvénient. On n’a
plus qu’à la gratter légèrement pour effacer les petites aspérités qu’elle
peut présenter.

ÉBÉNISTERIE ET SCULPTURE SUR BOIS.

Cloisons ornées «lu café «le la Poste,

13, Rue Jean-Jacques Rousseau,

et «lu cale «le la Paix,

33, Boulevard des Capucines, à Paris.

Pl. 15-16.

Les lambris et les cloisons ne se composent pas comme les planchers
de simples planches assemblées entre elles sans saillies ni ornements. Us
admettent souvent une ornementation soignée en rapport avec celle de la
façade de l’édifice, et ouvrent ainsi un vaste champ à l’art du menuisier.

Nous citerons comme exemple de constructions de ce genre, les
deux cloisons en bois découpé que nous avons remarquées dans deux
établissements de Paris.

La première, celle de la rue J.-J. Rousseau, a une hauteur de
3 mètres du sol au sommet de l’élégant lambrequin qui la surmonte.
Elle est formée de panneaux de 0m.5A, symétriquement disposés par
rapport à la porte de 0m.90 de largeur.

La coupe horizontale figurée au bas de la Pl. 15 fait suffisamment
comprendre la construction d’un panneau pour qu’il soit inutile de la
décrire en détail. Les formes rectilignes de cette cloison s’y allient
parfaitement aux formes circulaires, et contrastent avec beaucoup de
travaux de ce genre plus ornementés, par conséquent d’un aspect
plus riche, mais dont les contours tourmentés accusent chez leurs
auteurs plus de bizarrerie que de goût.

La seconde cloison que nous avons représentée dans la Pl. 16, est
également d’un heureux effet, quoique de dimensions et d’un carac-
tère bien différents de la précédente. Elle est formée de deux grands
panneaux de 2 mètres, et de deux petits de 0m.75, rangés de chaque
côté d’une porte de lm.25 de largeur.

La hauteur totale de la boiserie est de 2"’. 95 du sol à la base du
lambrequin.

L’ensemble de cette cloison présente une ornementation riche et lé-
gère à la fois, qui vient heureusement s’ajouter à la décoration pro-
duite par la couleur blanc et or des panneaux, et fait le meilleur effet
dans la salle où nous l’avons remarquée.

C. A. Oppermann.

Paris. — 1er Juillet 1860.

FONTES D’ORNEMENT ET BRONZES D’ART.

Nouveaux escalier» eu foute «l’ornement.

Par M. Barbezat, fondeur à Paris.

PL. 17.

Comme la fonte convient parfaitement à la construction des escaliers
tant par l’économie qu’elle apporte que par sa grande durée, et par
la facilité avec laquelle elle se prête à toutes les exigences de l’orne-
mentation, nous représentons Pl. 17 un escalier suspendu, ainsi que
divers motifs de marches en fonte que nous avons remarqués dans l’u-
sine de M. Barbezat. .

L’escalier monté se rattache à une disposition très-usuelle puisqu elle
convient pour des espaces restreints. U est circulaire et à noyau ci eux
montant de fond. Chaque marche est fondue avec sa contremarche, et
le noyau est formé de tronçons qui s’assemblent aisément les uns avec
les autres.
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