Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 4.1860

Seite: 31-32
DOI Seite: 10.11588/diglit.26966#0024
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L’ART INDUSTRIEL — h’ ANNÉE. — JUILLET-AOUT 1860.

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M

temps que le bichromate; le charbon pulvérisé adhérera donc aux parties
restées dans l’ombre, et ne le pourra pas à celles qui ont été exposées
à la lumière.

Les épreuves que nous avons vues et qui ont été obtenues par chacun
de ces procédés, nous ont parues également satisfaisantes.

M Poitevin ne s’est pas appliqué autant à la reproduction immé-
diate sur papier qu’à la reproduction sur pierre lithographique.

M. Gabnier, au contraire, a cherché à reproduire sur papier et sur
émail.

Les deux procédés ne peuvent donc en aucune façon se faire concur-
rence; ils ont chacun un but distinct à atteindre et de nombreux ser-
vices à rendre clans leur spécialité. Us viennent, du reste, d’obtenir tous
les deux une médaille de la Société photographique de Paris.

E. Saint-Edme,
Préparateur de Physique
au Conservatoire des Arts et Métiers.

3%’ote sur le papiei* téi’éE»entb3m>-c*iré.

Voici, suivant la Lumière, le résumé de la méthode mise en usage par
M. Hooper pour la préparation du papier térébenthino-ciré.

Les meilleurs négatifs sont obtenus sur papier de Saxe, bien que tous
les papiers donnent des résultats satisfaisants. Il est important de mar-
quer le côté où l’on veut obtenir l’image, attendu qu’il est nécessaire
de laisser flotter d’abord la feuille sur la solution d’iodure et sur le bain
d’argent avant de i’immerger dans ces bains.

La première solution d’iodure que l’on prépare se compose de 30 gr.
de cire dissoute dans 600 gr. de térébenthine ou de camphône. On
préfère celte dernière substance. On place le flacon qui contient le mé-
lange (ie cire et de camphène dans l’eau chaude jusqu’à ce que la disso-
lution soit complète. On laisse alors refroidir; on filtre et l’on ajoute peu
à peu 7 gr. d iode pure. Après quelques jours de repos, on filtre de
nouveau. Pour préparer le papier, on verse une certaine quantité de
cette solution dans une bassine de porcelaine, et l’on y place autant de
feuilles que le liquide peut en couvrir. On les retourne toutes ensemble
de façon que la première se trouve la dernière. On les retire ensuite
une à une, et on les suspend pour les faire égoutter; elles doivent être
mises à sécher à l’abri de la lumière. Les papiers sont alors prêts à re-
cevoir le second bain d’iodure qui se compose de :

Sérum da lait. 600sr.00

lodure de potassium. 25 .00

Bromure de potassium. 3 .00

Chlorure de sodium. » »

On ajoute de l’iode en quantité suffisante pour que la liqueur prenne
une couleur foncée. On fait flotter d’abord les feuilles à la surface de
ce bain, puis on les y plonge. 11 faut prendre garde de n’en pas mettre
trop à la fois.

Cette solution n’a pas besoin d’être filtrée ; mais il faut éviter de verser
dans la bassine un peu du dépôt qui se serait formé au fond du flacon.
Éviter aussi les bulles d’air dans le bain.

Les papiers peuvent rester de vingt minutes à une heure dans cette
solution ; on les en relire feuille par feuille, et on les fait sécher dans
un cahier de papier buvard, qui peut servir indéfiniment à cet usage.

Des papiers préparés ainsi depuis plus d’un an ont donné d’excel-
lents résultats.

Le bain employé pour rendre le papier sensible se compose de :

Eau. 300 grammes.

Nitrate d’argent. 24 _

Acide acétique. JO _

Jus de citron. S _

Il doit être saturé d’iodurc d’argent.

On verse cette solution dans la même bassine qui a servi pour la se-
conde solution d’iodure.

On fait ensuite flotter le papier sur le bain, la face en dessous, jus-
qu’à ce que la teinte foncée qu’il a prise dans la solution d’iodure com-
mence à disparaître. On retourne la feuille sur l’autre côté, où on l’im-
merge. Aussilôt qu’elle a pris une teinte uniforme de primevère, on la
retire, on la laisse égoutter et on la plonge dans une cuvette d’eau
qu’on agite de façou à bien enlever l'excès d’argent. On fait un second
lavage dans un autre bain d’eau, on laisse égoutter, on éponge dans
un cahier de papier buvard, on suspend pour sécher et l’on peut alors
opérer.

Il faut préserver ces feuilles de la lumière, comme on le fait poul-
ies glaces collodionnées, le papier ainsi préparé étant très-sensible à
l’état humide.

Avant d’exposer les feuilles il faut les coller par les quatre coins sur
une feuille de bristol, ce qui permet de les placer facilement dans le
châssis.

Pour développer l’image, on fait flotter le papier sur un bain d’acide
galiique additionué d une goutte par 30 gr. d’une solution d’acéto-

nitrate à 6 p. 100. Quand l’image commence à paraître, on im-
merge la feuille; puis, quand plusieurs feuilles sont dans le bain, on
ajoute quelques gouttes d’acéto-nitrate. Les épreuves prendront immé-
diatement une grande intensité si l’exposition a été convenable. Quand
elles sont suffisamment intenses, on les lave et on les fixe comme à l’or-
dinaire.

Les feuilles ayant été imprégnées seulement d’une faible quantité de
cire lors de la première préparation, il est nécessaire de les cirer de
nouveau quand tout est terminé, de la même manière que dans les autres
procédés sur papier ciré.

Procédé pour obtenir «les épreuves

sur verre et sur •porcelaine.

Après les nombreuses tentatives qui ont été faites pour obtenir des
épreuves photographiques sur verre ou sur porcelaine, la communica-
tion faite récemment à la Société Photographique de Londres nous pa-
raît mériter une attention particulière.

Le mélange qui doit rendre la substance sensible, se compose des
deux solutions suivantes :

La première est formée de h gr. 60 de gomme arabique, que l’on fait
dissoudre àfroiddansSO grain, d’une solution de bichromate de potasse.

La seconde se compose de 1 gramme de gélatine, que l’on fait dis-
soudre au bain-marie, dans 30 grammes d’eau, et l’on verse ensuite
le bichromate de potasse dans la dissolution froide.

On prend 11 parties de la solution de gomme arabique, que l’on mé-
lange à 5 parties de la solution gélatineuse, et l’on ajoute 5 parties d’eau
distillée. On verse 10 gouttes pour 3 gr. 50 de sirop de miel préparé
en faisant fondre du miel dans un égal volume d’eau, et en filtrant.

Les plaques de verre, de porcelaine ou de toute autre substance sur
lesquelles on veut produire une épreuve, peuvent être vernies ou émail-
lées avant l’application de l’enduit. Autrement le vernis ou l’émail peut
être mis sur l’épreuve terminée avant de la passer au feu. La première
opération à leur faire subir ensuite est l’application du mélange dont
nous venons de parler.

Pour cela, la substance sur laquelle l’épreuve doit être produite,
verre, opale ou porcelaine, est d’abord légèrement chauffée, puis on y
étend le mélange comme on verse le collodion sur les glaces. On laisse
égoutter et sécher après avoir pris toutes les précautions pour que la
couche soit le plus unie possible.

On met ensuite en contact avec cette surface une épreuve positive
obtenue sur collodion, sur papier ou sur albumine, et on l’expose au
soleil autant que possible. La durée de l’exposition a une très-grande
influence sur la netteté de l’épreuve, mais elle varie souvent. Ordinai-
rement une exposition de six à dix minutes au soleil sera suffisante. On
obtient ainsi une image très-intense.

Pour avoir l’image positive, on applique sur le dessin une couleur céra-
mique très-divisée, au moyen d’un tampon de coton, à l’aide duquel on
tamponne légèrement sans frotter. On doit, de temps en temps, souffler
sur le coton et le recharger de couleur. Celle-ci adhère peu à peu aux
parties non insolées, et l’on continue ainsi jusqu’à ce que la nouvelle
image soit assez intense.

L’épreuve négative originale disparaît presque complètement sui-
vant l’intensité de la teinte; mais pour enlever le bichromate de potasse
qui, dans l’enduit primitif, est altéré dans certaines parties seulement,
on se sert d’alcool, auquel on ajoute l’acide azotique dilué, dans la pro-
portion de six gouttes de dissolution acide pour 3 gr. 50 d'alcool. L’a-
cide étendu contient 0.30 d’acide azotique ordinaire pour 3 gr. 50 d’eau.
On peut, à volonté, plonger l’épreuve dans un bain formé par ce dis-
solvant, ou verser la dissolution dessus si elle est plane.

Quand la couleur brune du bichromate de potasse impressionné a
disparu, il faut arrêter l’opération et enlever les traces d’acide et d’eau
à l’aide d’alcool concentré que l’on verse ensuite sur l’épreuve, pourvu
qu’elle ait été émaillée ou vernie préalablement.

Dans le cas contraire, on peut verser sur la plaque une dissolution
de baume de Canada dans la térébenthine. On fait sécher jusqu’à ce que
toute l’essence soit évaporée. On applique l’émail à l’aide d’un tampon
de coton serré dans du cuir très-doux et très-flexible. Il peut être formé
de borax et de verre, ou de borax, de verre et de plomb que l’on broie
sur un marbre. Les tons rouges sont obtenus à l’aide du peroxyde de
fer, et les tons bruns foncés à l’aide de l’oxyde de manganèse.

On obtient ainsi des épreuves parfaitement nettes qui présentent le
grand avantage de faire corps avec la matière sur laquelle elles sont
produites et d’être complètement inaltérables.

C. A. OPPERMANN, Directeur,

Il, rue des Beaux-Arts, à Paris.

Paris. —■ Imprimé par Ë. Thunot et 0e, 26, rue Racine.
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