Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 4.1860

Seite: 39-40
DOI Seite: 10.11588/diglit.26966#0028
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L’ART INDUSTRIEL — 4" ANNÉE. — SEPTEMBRE-OCTOBRE 1SG0.

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des écrans; mais jamais on ne pensa à appliquer directement ces pro-
cédés à l’amplification des épreuves positives en Photographie; c’est
précisément là l’objet de l’appareil de M. Woodward.

E. Saint-Edme.

Xote sur Sa préparation dn papier positif

par le procédé de M. Au:o.

1° Préparation de l'albumine. — On casse les œufs dans un vase
gradué, en ayant soin de n’y pas mélanger de jaune, et lorsqu’on a la
quantité d’albumine voulue, soit 1 litre s’il s’agit de préparer des
1/2 feuilles (27 X44) on sépare les germes, on verse tous les blancs
darts une terrine de terre vernie, et l’on y ajoute par cent centimètres
cubes de liquide, 5 grammes d’un chlorure soluble (chlorhydrate d’am-
moniaque, ou chlorure de sodium, ou chlorure de baryum) ; on dissout
ce chlorure dans le moins d’eau possible; la quantité d’eau ne doit pas
excéder 1/10 de l’albumine s’il s’agit d’obtenir les feuilles très-brillantes;
on bat en neige jusqu’à mousse consistante et, après cinq minutes de
repos, on enlève la mousse avec une fourchette et on la jette sur un ta-
mis de criu serré placé sur une seconde terrine; on bat ainsi successi-
vement ce qui reste de la première terrine jusqu’à ce que toute la
mousse solide ait été transportée sur le tamis.

On laisse ensuite tomber la mousse pendant onze heures et le liquide
écoulé est prêt à servir. Lorsqu’on veut préparer du papier, on cale
une cuvette à fond de verre de manière à la rendre bien horizontale
et on y filtre l’albumine au moyen d’une petite éponge très-fine placée
dans la douille d’un entonnoir de verre. L’albumine qui est restée quel-
ques jours avant d’être filtrée, semble d ud emploi plus facile que l’al-
bumine récemment préparée.

R1. Aleo conseille de filtrer le bain dans la cuvette douze heures
avant de s’en servir et de recouvrir avec soin. En effet, l’albumine dé-
pose et se purifie comme le collodion; si l’on examine attentivement
une cuvette contenant un bain récemment filtré, on verra à la surface
une quantité de petits flotteurs qui ressemblent à une gouttelette d’al-
bumine coagulée: ils tiennent à un long fil d’albumine, et lorsqu’on
relève une feuille placée sur un pareil bain, elle entraîne le flotteur et le
fil. Si, au contraire, le bain a eu le temps de reposer, toutes les impu-
retés se déposent au fond et deviennent inoffensives.

Préparation du papier. — Le papier positif doit être choisi avec soin
et préalablement essayé avant d’en préparer des quantités notables. Il
faut autant que possible qu’il soit d’un collage très-soigné, sans quoi il
ne prendra qu’un aspect mat, sans éclat, et donnera de mauvais résul-
tats. On doit, pour le couper à la grandeur convenable, le poser à plat
et se servir de la règle et d’une pointe bien tranchante ; l’emploi d’un
couteau à papier ou autre et le pliage de la feuille forment des inéga-
lités. L’albumine retenue en cet endroit coule d’une manière inégale
et donne sur toute la feuille des marbrures qui sont autant de causes de
taches. Après avoir marqué l'envers du papier, on place toutes les
feuilles les unes sur les autres et l’on précède à la pose sur le bain d’al-
bumine. Pour cette opération, on devra de préférence choisir un temps
frais et surtout humide; dans ces conditions le papier est détendu, légè-
rement moite, il s’applique par cohésion sur le bain d’albumine sans la
moindre bulle ; lorsqu’il est sec, au contraire, il offre une surface âpre
qui empêche l’albumine de glisser facilement, de là de nombreuses
bulles; le papier sèche aussi plus lentement, et l’on n’a pas à craindre
de voir le haut de la feuille complètement sec, tandis que tout le bas
est encore imprégné d’albumine, ce qui donne une tâche. Presque tou-
jours la première feuille posée est défectueuse, elle sert pour ainsi dire
à décaper la surface du bain.

Pour poser la feuille sur le bain, on commence par faire dans le sens
de la plus grande largeur deux petites cornes renversées aux angles du
bas de la feuille, on la saisit par les angles du haut, on la soutient, on
place le bas sur le bain en l’appuyant sur le bord de la cuvette qui est
près de l’opérateur, et I on continue d’appliquer la feuille en suivant
par transparence la marche de la ligne d’albumine qui doit filer jusqu’à
l’autre bord; il faut avoir soin dans ce mouvement de marcher réguliè-
rement en évitant surtout de relever une partie déjà mouillée, car on
aurait alors à chaque temps d’arrêt un fil d’albumine qui, restant en
partie sur la feuille, en partie dans le bain, pourrait gâter la feuille
préparée et les suivantes. Cette préparation se fait facilement en recour-
bant la feuille sur soi et en l’appuyant sur le bain.

Il y a un moment où une petite difficulté se présente : c’est celui où
la feuille, ne pouvant plus être courbée, arrive à plat sur le bain et le
touche en plusieurs endroits avec des solutions de continuité qui for-
ment autant de bulles. On évite cet inconvénient en abandonnant dou-
cement la feuille sur le bain et pressant légèrement les doigts au dos du
papier.

Le temps de pose sur le bain, qui peut varier suivant l’épaisseur et
l’encollage du papier, est en moyenne de deux minutes et demie; on

doit toujours attendre le temps nécessaire pour détendre complètement
la feuille, qui souvent s’enroule en sens contraire, surtout si l’on emploie
un papier un peu fort et très-encollé. Après ce temps, on prend la
feuille par les deux coins, cornés préalablement, avant de la poser sur
le bain, on l’enlève ainsi d’un mouvement lent et régulier, de manière
que l’albumine coule en nappe des deux angles du haut aux deux an-
gles du bas, et on la suspend avec toutes les précautions déjà indi-
quées. On voit que dans cette manière d’opérer la feuille est mise au
bain, relevée, puis accrochée dans le sens de sa plus grande largeur, de
façon qu’il y ait le moins de distance possible entre le haut et le bas de
la feuille, et par conséquent moins de chance de séchage par zones.

Suspension et séchage du papier. — Le mode de suspension et de sé-
chage du papier est un des points les plus importants pour éviter les
taches, et les moyens suivants ont été employés avec un succès constant
sans aucun embarras. On prend deux fortes ficelles désignées ordinai-
rement sous le nom de fouet, on commence par les bien cirer pour
éviter que dans le mouvement de va-et-vient des feuilles il ne se dé-
tache de petites peluches qui seraient autant de causes de taches, on
enfile dans chacune de ces ficelles un nombre égal de petits carrés de
liège mince ayant environ 3 à 4 centimètres de côté, et percés presque
tous vers le haut à peu près au même point d’un trou assez grand pour
que les lièges puissent courir librement sur les ficelles. Celles-ci sont
placées parallèlement ; puis, au moyen de trois petites barres de bois,
fixées l’une au milieu, les autres aux deux bouts de l’appareil, on
maintient l’écartement des ficelles que l’on a soin de tenir plus grand
de 2 centimètres environ que le grand côté de la feuille de papier. Le
tout est fortement tendu bien horizontalement et un peu plus haut que
la hauteur de tête aux deux murailles opposées de la pièce où l’on tra-
vaille. Tous les lièges d’un même côté, ceux de droite par exemple,
sont traversés obliquement par une épingle d’acier verni dont la pointe
remonte en faisant face à l’opérateur et en inclinant du côté extérieur
de la ficelle ; sur chaque liège de gauche on pique à volonté une autre
épingle qui se trouve ainsi sous la main au moment où l’on en a besoin.

Ces dispositions prises, on porte vers l’appareil de suspension la
feuille que l’on maintient toujours dans la même position, et il suffit de
présenter sans appuyer l’angle droit de la feuille à l’épingle d’acier en
faisant une légère traction de la main gauche, pour que la pointe très-
acérée pénètre immédiatement; la position oblique qu’on a donnée à
l’épingle suffit pour maintenir ce coin de la feuille. On tend alors le
papier vers le liège de gauche et le fixe avec une seconde épingle, en
ayant soin de placer celle-ci de telle sorte, que le haut de la feuille soit
complètement tendu. En effet, si on n’avait le soin de tendre complè-
tement la feuille, elle ne tarderait pas à prendre la courbure qui serait
une nouvelle cause de cornes.

L’albumine s’écoule ainsi en nappe régulière et s’accumule au bas
de la feuille, d’où on la fait tomber en passant de temps à autre une
tige rigide qui racle le bord inférieur. On reçoit cette albumine dans
une cuvette et elle peut servir de nouveau après filtration. On ne doit
pas favoriser l’écoulement par un seul angle en inclinant même très-
légèrement l’appareil d’un côté, car cette inclinaison peut amener
l’enroulement en cornet du coin le plus élevé, et c’est encore une
cause de cornes et de taches.

Il faut avoir trois ou quatre appareils de suspension tendus parallèle-
ment à côté les uns des autres et y accrocher successivement les feuilles
de front; on surveille plus facilement l’écoulement de l’albumine, ce
qui serait gênant si l’on suspendait immédiatement les feuilles se mas-
quant l’une par l’autre. A mesure que les feuilles sont sèches, on peut
les serrer les unes contre les autres; on les met ensuite dans le châssis
positif pour leur rendre leur planimétrie.

L’appareil de suspension indiqué plus haut, outre qu’il répond par-
faitement au but proposé, présente ce grand avantage qu’il est peu vo-
lumineux, qu’il est mis en place et retiré avec la plus grande facilité, et
qu’il permet d’étendre à la fois un très-grand nombre de feuilles; en
effet, on peut étendre dix feuilles dans une longueur de 1 mètre.

Les formules sont celles que l’on trouve généralement dans les traités
de photographie, mais personne jusqu’ici, à ma connaissance du moins,
n’a indiqué l’ensemble des précautions à prendre; je ne suis arrivé à
les connaître que par une série d’insuccès corrigés à mesure, et je
pense que ces notes pourront être utiles, si ces détails minutieux ne
rebutent pas les amateurs.

(Bulletin de la Société de Photographie.)

G. A. OPPERMANN, Directeur,

11, rue des Beaux-Arts, à Paris.

ïavis —Imprimé par E. Thvnot et C', 26, rua Racine.
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