Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 4.1860

Seite: 45-46
DOI Seite: 10.11588/diglit.26966#0031
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L’ART INDUSTRIEL. — hf ANNEE. — NOVEMBRE-DjËCEMRRE 1800.

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Ceux que nous donnons sont extraits de l’album de MM. Pugens et
Cie, de Lyon, et le prix par mètre superficiel placé au-dessous de cha-
que motif indique le prix de vente pris à Lyon.

Méthode géométrique de M. Gai,lois

pour le tracé des mosaïques et des dallages.

Pl. 20.

Nous avons également cru devoir attirer l’attention de nos lecteurs
sur une méthode très-simple, employée depuis longtemps déjà par
M. Gallois, pour tracer rapidement divers dessins de mosaïques et de
dallages.

M. Gallois se sert pour cela d’une feuille de papier quadrillé, et il
trace au hasard sur chaque carré d’une même file horizontale des
points ou de petits traits horizontaux, à cheval sur la ligne verticale
qui limite deux carrés consécutifs. Après avoir ainsi figuré un certain
nombre de signes, il place au-dessus de chacun d’eux des chiffres quel-
conques; au dernier signe, il reprend en ordre inverse la suite qu’il
vient d’écrire, jusqu’au premier; il passe ensuite au second chiffre et
répète la première série, en maintenant toujours la symétrie comme
signe et comme chiffre, à ceux qui terminent la première série, celle
qu’on pourrait appeler la série élémentaire.

Il procède de la même manière sur une colonne verticale et noircit
les carreaux qui, comme dans une table de Pythagore, se trouvent aux
intersections d’une colonne horizontale et de toutes les colonnes verti-
cales portant le même signe et le même chiffre, en ayant soin toute-
fois, de compter comme carreaux doubles ceux qui sont marqués par
un trait horizontal.

M. Gallois a pu obtenir, en procédant ainsi, des dessins assez va-
riés, comme on peut en juger par les diverses figures données dans la
Pl. 26.

Le procédé permet de composer rapidement un dessin dès que l’on
connaît la suite des signes qui peut le produire; mais on ne peut,
comme l’auteur semble le dire, s’en rapporter uniquement au hasard
pour ce choix.

L’habitude est d’un grand secours dans la majorité des cas, et,
avant de l’acquérir, de nombreux tâtonnements sont indispensables,
même pour des dessins aussi simples que celui que nous donnons dans
la fig. 1.

REVUE PHOTOGRAPHIQUE.

Tirage direct des positifs; aia galiate de fer.

Nous avons parlé dans notre dernière Revue du procédé employé par
M. Poitevin pour la préparation, à l’aide de la Photographie, des pierres
lithographiques. Nous analysons aujourd’hui un procédé que M. Poi-
tevin indique pour obtenir directement sur papier des épreuves photo-
graphiques à l’encre. On se sert pour cela d’une dissolution contenant
10 grammes de perchlorure de fer pour 100 grammes d’eau, on ajoute
3 grammes d’acide tartrique. On applique ce papier sur ce bain et on
laisse sécher spontanément. Le papier ainsi préparé est d’une couleur
jaune foncée ; lorsqu’il est sec, il blanchit entièrement et très-promp-
tement à la lumière. Pour obtenir une épreuve, on applique sur ce
papier le verre qui porte le positif que l’on veut reproduire ; on ex-
pose ensuite au soleil ou à la lumière diffuse ; dix ou douze minutes
suffisent, on est guidé d’ailleurs par la décoloration du papier. On facilite
et l’on accélère en même temps le tirage, en ajoutant à la dissolution
une quantité de sulfo-cyanure de potassium telle que le papier, après sa
dessication, conserve une couleur rouge-sang. Lors de l’impression,
cette couleur rouge disparaît proportionnellement à la quantité de lu-
mière qui traverse le cliché, en même temps que le sel de fer se ré-
duit; on obtient ainsi un dessin rouge sur un fond blanc. Cette couleur
rouge n’est pas stable et disparaît en quelques jours, même quand on
conserve le papier dans l’obscurité.

Pour rendre le dessin permanent et le faire paraître en noir, on lave
rapidement à l’eau ordinaire la feuille de papier impressionnée, comme
nous venons de le dire. La couleur rouge disparaît; il en est de même
de la majeure partie du protochlorure de fer, et il se forme du sesqui-
oxyde de fer dans les parties non influencées par la lumière. On plonge
ensuite la feuille dans une dissolution d’acide gallique additionnée de
tannin. L’image apparaît peu à peu en noir d’encre ; lorsqu’elle est bien
intense, on lave à l’eau distillée, ou sèche entre des doubles de papier
buvard, et l’épreuve est complètement terminée.

Si au lieu d’acide gallique on emploie une dissolution de cyanofer-
ruve de potassium, il se forme du bleu de Prusse aux endroits où la
lumière a réduit le perchlorure et l’on a, avec un cliché négatif, une
épreuve positive bleue sur fond blanc.

Éprenves colorées obtenues par l’emploi

des sels d’urane.

M. Niepce de Saint-Victok est parvenu récemment à obtenir, à vo-
lonté, des épreuves bleues, rouges ou vertes. Ce n’est pas le problème
de la fixation des couleurs de la chambre noire qui a été résolu, et il
ne s’agit ici que d’épreuves uniformément colorées; mais, comme dans
certains cas l’on peut avoir un intérêt pratique à mettre en usage ces
nouveaux procédés, nous allons dire en quoi ils consistent.

1° Couleur rouge. — Pour avoir des épreuves colorées en rouge, on
prépare une dissolution d’azotate à 20 p. 100 d’eau ; on laisse le papier
15 à 20 secondes en contact avec cette solution, et on le fait sécher
dans l’obscurité ; on l'expose 8 ou 10 minutes au soleil et une heure ou
deux dans les temps sombres à la lumière diffuse. On lave dans de l’eau
à 50 ou 60°, et on le plonge dans du cyanoferride de potassium à 2
p. 100. Il ne reste plus qu’à le laver à grande eau, et l’épreuve présente
alors une teinte rouge imitant la sanguine.

2° Couleur verte. — Pour obtenir une épreuve colorée en vert, on
prend une épreuve colorée en rouge, on la plonge une minute dans
une dissolution d’azotate de cobalt, ou la retire sans la laver et on la
sèche au feu dans l’obscurité: la coloration verte se manifeste. Pour
fixer cette teinte, on passe l’épreuve dans une dissolution de sulfate de
fer acidulée avec de l’acide sulfurique chacun à 4 p. 100 d’eau, on lave
et l’on sèche.

3° Couleur violette. — Pour la couleur violette, on prend encore la
coloration rouge pour point de départ ; on lave l’épreuve obtenue en
rouge dans l’eau chaude, on la passe dans une dissolution de chlorure
d’or, à 20 p. 100 d’eau: elle prend alors une belle teinte violette, on
la lave à plusieurs eaux et on la sèche.

4° Couleur bleue. — On prépare des feuilles de papier imprégnées
d’une dissolution de cyanoferride de potassium à 2.0 p. 100 d’eau; on
laisse sécher à l’obscurité ; on expose à la lumière: le papier prend alors
une légère teinte bleue. On trempe l’épreuve pendant 5 à 10 secondes
dans une dissolution de bichlorure de mercure saturée à froid; on la
lave une fois dans l’eau, et l’on verse dessus une solution chauffée à 50°
ou 60° d’acide oxalique saturée à froid ; on la lave à grande eau et on la
laisse sécher. Après la dessiccation, elle apparaît alors avec une belle
teiute bleue.

Chambre noire automatique de M. Bebtsch.

Nous nous sommes occupé précédemment du moyen de grossir les
épreuves photographiques, et nous avons décrit à ce sujet l’appareil
généralement employé par les photographes pour obtenir des épreuves
de toutes grandeurs. Nous avons dit qu’il fallait se procurer d’abord
un négatif de petite dimension et que l’on pouvait l’employer pour ti-
rer tant de positifs de telle grandeur que l’on voudrait.

M. Bertscii a inventé un appareil avec lequel il se propose de ré-
soudre le problème directement opposé à celui de M. Woodward; en
effet, avec cet appareil, il veut obtenir de petites épreuves négatives
très-pures dans les détails, et avec lesquelles on reproduira dans la
chambre solaire de grandes épreuves qui devront être alors parfaite-
ment satisfaisantes.

Pour avoir de grandes épreuves photographiques convenables sous
le rapport du relief et de la perspective aérienne, il y a en effet un
grand avantage, au point de vue artistique, à prendre sur place, au
moyen d’objectifs dont la vue distincte commence près de notre œil, de
petits paysages que l’on peut ensuite agrandir considérablement en
conservant les rapports nécessaires à la perspective. Prises de cette
manière, ces petites épreuves se rapprochant des conditions dans les-
quelles nous voyons nous-mêmes la nature, nous donnent, lorsqu’elles
sont agrandies et projetées sur un écran, une sensation du relief véri-
tablement stéréoscopique.

M. Bertscii a construit un appareil avec lequel on peut obtenir avec
une netteté irréprochable les petits clichés servant de types. Il a mon-
tré à la Société Photographique des clichés de petite dimension et les
épreuves agrandies qui en avaient été tirées; le résultat a été jugé très-
satisfaisant. •

La chambre noire automatique a 10 centimètres carrés, elle peut
contenir une glace de 6 centimètres, ne porte ni glace dépolie ni
châssis. Mathématiquement mise au point pour toute distance plus
grande que 6 à 7 mètres, l’opérateur s’en sert sans se préoc-
cuper aucunement de celte opération si difficile, cause si fréquente
d insuccès. C’est cette propriété qui lui a fait donner le nom A1 auto-
matique.
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