Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 5.1861

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L’ART 1 INDUSTRIEL. — 5e ANNEE.

MARS-AVRIL 1S6I.

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volume et un instrument d’optique très-simple quant à la combinaison
des verres.

Le constructeur l’a disposé pour servir à deux fins, à la Photographie
solaire et à la Photographie électrique.

Décrivons d’abord l’instrument, nous passerons ensuite aux accessoi-
res dont il faut tenir compte dans l’un ou l’autre cas.

L est une lentille convergente placée au delà du centre d’un mi-
roir concave M, qui concentre les rayons lumineux sur l’objet placé
en O; les rayons lumineux émis par l’objet qui se trouve être ainsi de-
venu source de lumière vont traverser un système de lentilles conver-
gentes P, Q qui les amènent à se croiser tous au point I, de sorte qu'ils
commencent à émerger dans la lentille centre et vont former à une
distance une image renversée et agrandie reçue sur un écran qui porte
le papier sensibilisé. —Tous les rayons sortant ainsi de l’objectif con-
tribuent à la formation de l’image, la netteté ne peut donc pas être
altérée sur les bords.

La lentille La 110 millimètres de diamètre, celle P 45 milli-
mètres ; le tout est renfermé dans une boîte cylindrique en laiton de
25 centimètres de circonférence et de 70 centimètres de hauteur; cet
instrument est, comme on le voit, d’un très-petit volume.

M. Duboscq, avons-nous dit, emploie deux sortes de lumière, le so-
leil et la lampe photo électrique qui donne le point lumineux le plus
constant et le plus fixe. Quand on veut opérer à la lumière électrique,
on place la lampe dans une cage à l’ouverture de laquelle se visse l’ap-
pareil grossissant;sur les côtés de la cage sont des ouvertures fermées
par des verres rouges et bleus que l’on découvre à volonté pour ob-
server l’arc voltaïque. Au fond de cette cage est un miroir concave,
l’arc voltaïque se forme à une distance égale à son rayon de courbure,
de sorte que les rayons réfléchis se croisent tous sur l’arc lui-même,
ce qui augmente l’intensité de la source lumineuse, puisqu’il ne peut y
avoir aucune déperdition.—Pour opérer avec le soleil, il suffit dévisser
l’appareil au volet de la chambre noire, et un miroir placé au dehors
réfléchit les rayons sur les lentilles convergentes.

L’appareil destiné à amplifier les épreuves photographiques com-
biné et construit par SI. Duboscq nous paraît donc résumer des condi-
tions fort avantageuses pour les photographes, simplicité de construc-
tion ; modicité dans le prix de revient; exiguïté dans le volume, enfin,
point essentiel, tous les rayons lumineux sortant de l’objectif et con-
tribuant ainsi tous à la formation de l’image dont les contours sont
alors rigoureusement accusés.

Application à la Photographie «le l’action de la lumière

sur un mélange de perchlorure de fer et d’acide tartrique.

M. Poitevin s’est fait connaître par un procédé de Photo-Lithogra-
phie dont nous avons rendu compte; ce procédé est utilisé dans l’in-
dustrie et donne de bons résultats. Malgré ce succès, M. Poitevin
cherche toujours à réaliser un procédé plus expéditif en même temps
que plus pratique pour la photo-lithographie, c’est là le but qu’il se
propose essentiellement d’atteindre en continuant des recherches dans
cet ordre d’idées. Il vient de faire plusieurs obseivalions très-intéres-
santes sur un mélange de perchlorure de fer et d’acide tartrique ;
en voici le résumé.

On sait, depuis longtemps, que les sels de sesquioxyde de fer sont
ramenés à l’état de sels de protoxyde par la lumière agissant en présence
de composés organiques, tels que l’alcool, l’éther, la glycérine, l’al-
loxanthine, l’acétate d'ammoniaque, l’acide tartrique ; cette propriété
est commune à tous les sels de fer au maximum, mais l’action est plus
énergique pour le perchlorure de fer et l’acide tartrique.

Deux modes d’impressions photographiques peuvent être mis en pra-
tique au moyen de celte réduction : l’impression au galiate de fer
et aux couleurs en poudre.

Épreuves au galiate «le fer (encre ordinaire).

On fait une dissolution de 10 grammes de perchlorure de fer dans
100 grammes d’eau; on ajoute 3 grammes d’acide tartrique, on filtre et
on applique le papier à sa surface en ayant soin qu’il n’y ait pas de

bulles d’air interposées, on peut sécher au feu ou suspendre la feuille
dans l’obscurité, elle acquiert une couleur jaune foncé; on l’im-
pressionne dans la presse, sous le cliché photographique direct ou
sous le dessin à reproduire; on plonge ensuite la feuille de papier
dans l’eau distillée, puis dans une dissolution saturée d’acide gal-
lique (ou dans un mélange d’acide gallique et d’acide pyrogalli-
que); il se forme de l’encre sur les parties où le perchlorure de fer n’a
pas été décomposé, et il n’y a pas d’action sur le perchlorure qui re-
couvre celles qui ont été soumises à l’action de la lumière, il y a donc
une impression directe ou fixe par un simple lavage à l’eau distillée.

Épreuves au charbon et aux couleurs en poudre.

Le papier impressionné comme précédemment devient très-perméa-
ble à l’eau dans les parties insolées. M. Poitevin a utilisé cette pro-
priété pour former des images avec des poudres quelconques; il sullit
pour cela de mouiller avec de 1 eau gommée le revers de la feuille;
cette eau traverse le papier et retient les couleurs en poudre que l’ou
applique avec un pinceau.

Vitraux photographl«|ues.

On peut même obtenir des impressions photographiques sur verre,
surporcelaineousurémailensuivantle procédé indiqué par M Poitevin.

On fait pour cela deux dissolutions, l’une contenant 16 grammes de
perchlorure de fer pour 100 d’eau, l’autre 8 grammes d’acide tartrique
pour 100 d’eau, on mélange des volumes égaux de ces dissolutions au
moment de s’en servir; on verse ce mélange sur des plaques de verre
dépoli etdurci, parfaitementnettovées, on laisse sécher dans l’obscurité:
l’impression se fait sous un négatif du dessin que l’on veut obtenir.

Au sortir de la presse, le dessin est peu visible sur la plaque, mais il
le devient bientôt par la buée d’humidité qui se forme sur les parties
impressionnées seulement.

Celte couche d’humidité permet de faire adhérer des poudres quel-
conques partout où elle existe, et le dessin apparaît graduellement
sous un pinceau chargé de couleurs sèches. On enlève à l’alcool les
parties de la préparation non modifiées par la lumière, on sèche la
plaque et on vernit le dessin.

On peut obtenir une peinture sur verre en saupoudrant avec des
oxydes minéraux, et en soumettant les plaques de verre dans un moule,
à une température suffisante pour liquéfier le fondant; on opère de
même sur des surfaces de porcelaine ou émaillées.

Procédé positif au charbou.

M. Fargier indique aussi un procédé photographique au charbon.
Il est basé sur l'action qu’exerce la lumière sur un mélange de bichro-
mate de potasse et d’une matière organique telle que la gélatine, la
gomme, le sucre, etc. Nous ferons remarquer qu’il y a déjà longtemps
que MM. Garnier et Saumon ont donné un mode d’opération fondé sur
cette réaction. Nous indiquerons cependant la manière dont opère
M. Fargier parce que sa méthode a quelque chose de nouveau, quoi-
que le principe ne le soit pas entièrement.

On étend sur la feuille de papier le mélange de gomme, de bichromate
et de noir, on expose le tout à la lumière, et on lave; le charbon dis-
paraît sur tous les points impressionnés par l’action solaire.

En opérant ainsi, il y a une chose importante à remarquer, c'est
que le noir que l’on mêle à la gomme n’est point en dissolution, mais
en poudre en suspension qui n’a jamais assez de ténuité pour péné-
trer dans les pores du papier et par conséquent forme une couche
qui reste à la surface; il en résulte que l’épreuve est supportée par
une couche gommeuse et non par la pâte même du papier. Quand
on vient à laver, tout disparaît, celte couche gommeuse se dissolvant;
pour que l’épreuve pénètre directement dans la pâte du papier, il faut
que la coagulation commence à la surface en contact avec le papier, et
exposer alors l’épreuve au soleil, du côté opposé à la surface, de ma-
nière que la lumière, au sortir du cliché, traverse le papier avant d’ar-
river à la gomme.

Ernest St.-Edme.

Préparateur de Physique au Conservatoire.

G.-A. OPPERMANN, Directeur,

11, rue des Beaux-Arts, à Paris.

Paris. — Imprimé par E. Thunot et C% rue Racine, 26.
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