Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 5.1861

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L’ART INDUSTRIEL; — 5e ANNÉE.

MAI-JUIN 1861.

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comparer les résultats obtenus par les différents procédés sans craindre
d’être trompés par des retouches plus ou moins habiles.

De plus, le Jury a exigé la mention sommaire de la nature du pro-
cédé négatif employé, de sorte que le public connaisseur sera inuné- I
diatement renseigné sur la manière dont a été obtenue l’épreuve, par ;
les inscriptions, collodion humide ou sec, albuminé, papier ciré ou j
non, sec ou humide, etc.

La Revue Photographique de notre Numéro du l0r Juillet sera con-
sacrée au compte rendu de cette exposition.

Rapport de la Commission chargée ale juger

le Concours du grand prix de 8,000 francs
fondé par M. le duc d’Albert de Luynes.

On sait que la grande question posée par le fondateur du grand prix
de 8,000 fr. est celle-ci : Trouver un procédé pour transformer les
épreuves photographiques en planches pouvant servir au tirage d’un
grand nombre d’épreuves par les procédés de la Gravure ou de la Litho-
graphie, sans l’intervention de retouches dans le dessin. Plusieurs pho-
tographes très-habiles, des savants distingués, se sont livrés à l’étude de
cette question et des résultats déjà fort heureux par les promesses qu’ils
donnent pour l’avenir ont été obtenus. Parmi les travaux présentés à
l’examen de la Commission, elle a remarqué surtout ceux de MM. Poi-
tevin, Charles Nègre, et Bertsch.

M. Charles Nègre a fait don, ces jours-ci, au Conservatoire des
Arts et Métiers, de fort beaux modèles exécuiés d’après son procédé;
nous publierons le principe de sa méthode dans notre prochaine Revue.
Nous avons décrit le procédé de M. Poitevin, qui parvient aussi à de
beaux résultats. Malgré la réussite apparente des moyens présentés
pour résoudre le problème, la Commission a cru devoir statuer qu’il n’y
avait pas lieu de décerner le prix; les principales raisons qu’elle invoque
sont les suivantes :

1° Que les résultats obtenus ne sont pas assez complets.

2° Que les concurrents n’ont pas eu le temps de donner à leurs pro
cédés toute la perfection à laquelle ils peuvent arriver.

La Commission renvoie donc pour terme du nouveau Concours au
1er Avril 1S6&.

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Photographie à la lumière électrique.

La lumière de l'arc voltaïque a une grande ressemblance d’aspect
avec la lumière solaire et de nombreuses analogies dans ses propriétés.
Comme intensité, MM. Fizeau et Foucault ont trouvé que l’arc pro-
duit entre deux cônes de charbon, par une pile de Bunsen de 92 cou-
ples disposés en deux séries de ù6, a une intensité comprise entre 1/2
et 1/3 de celle du soleil, à 2 heures, par un ciel très-pur, l’expérience
étant faite au mois d’Août. Ne nous occupant que des propriétés chi-
miques de cette lumière, nous dirons que peu de temps après l’expé-
rience de Davy, Brande reconnut que la lumière émanée de l’arc pro-
voque la combinaison du chlore avec l’hydrogène, et noircit le chlorure
d’argent, comme le fait la lumière solaire. M. de la Rive constata depuis
qu’elle peut agir sur les plaques daguerriennes; il a pu reproduire par la
méthode de Daguerre, l’image d’un buste en plâtre éclairé parla lumière
électrique. MM. Fizeau et Foucault ont fait les comparaisons photo-
métriques dont nous venons de parler en mesurant les effets chimiques
de ces deux sources sur une même couche d’iodure d argent, ils sont
arrivés à ce résultat remarquable, que les intensités lumineuses sont
dans le même rapport que les actions chimiques.

D’après cet aperçu, on voit que l’application de la lumière électrique
aux réactions photographiques n’est pas de date récente, cependant l’i-
dée de l’employer d’une manière continue n’était pas encore venue aux j
photographes, et lorsque le soleil ne paraissait pas, ils se bornaient à
ne pas opérer; la nuit il ne fallait penser à aucune espèce de travail
photographique, . !

Dans les premiers temps où parut le régulateur électrique de M. J.
Duboscq, il en fit usage pour photographier des objets microscopiques
fortement grossis par un système de lentilles.

Aujourd’hui on peut dire que l’emploi de la lumière électrique est en
usage courant chez les principaux photographes. M. Nadar est l’un des j
plus ardents propagateurs de cette méthode; c’est le soir qu’il s’occupe
le plus activement d’opérations photographiques. M. Giroux expose en
ce moment une série d’épreuves obtenues entièrement au moyen de la
lumière électrique, par 1 habile photographe, cliché et épreuve. On pour-
rait penser de prime abord que la photographie ainsi préparée doit re- :
venir à un prix fort élevé, c’est vrai dans le cas où l’on ne tire qu’une
seule épreuve ou un très-petit nombre; mais pour les photographes de
premier ordre, il est très-avantageux de pouvoir disposer d’une source
lumineuse constante quand le soleil leur fait défaut, et qu’il leur fau-

drait cesser toute opération. Ils ont bien vite couvert alors les premiers
frais, et le prix élevé auquel ils taxent leurs épreuves doit compenser
largement le prix de revient de la lumière.

M. J. Duboscq est parvenu à obtenir de fort belles épreuves agran-
dies à la lumière électrique avec l’appareil spécial dont nous avons
donné la description dans notre dernier numéro, nous avons pu con-
stater la pureté des contours et le fini de la figure. Il a une série très-
belle d'épreuves agrandies au moyen de cette source de lumière, et il
se propose de les présenter à la prochaine exposition.

Parmi les photographes qui travaillent à l’application de la lumière
électrique à la photographie, nous devons citer encore M. Bingham,
qui expérimente en ce moment avec une nouvelle source de lumière
électrique, la lampe du Dr Way, dont nous ne parlerons pas ici, pensant
que sa seule application ne peut consister que dans les signaux télégra-
phiques fPortef. des Mach. 1861, col. 81).

Stabilité des glaces préparées an collodion albuminé.

On sait que des glaces, une fois sensibilisées au collodion albuminé,
demandent à être employées dans un espace de temps très-limité ; un
amateur a rapporté de l’Inde des clichés préparés au collodion albu-
miné, et qui, au bout d’une année, ont servi à obtenir de fort belles
épreuves stéréoscopiques.

Ces plaques se préparent ainsi : une fois recouvertes de la couche de
collodion albuminé, on les sensibilise au bain d’acéto- nitrate d’argent,
on les plonge ensuite dans un bain de chlorure de sodium, puis dans
un bain d’acide galiique.

On comprend immédiatement quels avantages il résulte d’épreuves
sur glaces que l’on peut garder un temps indéfini sans qu’elles s’altèrent.

Positifs direets sur papier à 1» eUainbre noire.

Pour obtenir des positifs directs sur papier à la chambre noire, il
suflit de faire noircir complètement une feuille de papier photogra-
phique, fixer et laver plusieurs fois à l’eau distillée, puis sécher. Couper
le papier à la grandeur voulue, recouvrir ensuite le dos avec une solu-
tion de gomme dans l’eau distillée; placer alors le papier au milieu
d’une glace très-propre, un peu plus grande; laisser sécher à plat en
pressant un peu; verser, puis enlever de l’albumine préparée dans un
flacon avec un peu d’eau distillée et une goutte d’acide acétique cris-
tallisé, renouveler deux ou trois fois cette opération. Recouvrir alors
le papier de collodion de papier que le liquide déborde, laisser sécher.
Sensibiliser alors comme pour un positif sur verre, développer au sel
de fer, fixer à l’hyposulfite de soude ou au cyanure de potassium
étendu; laver à plusieurs eaux, sécher et vernisser à l’albumine.

Le ton des épreuves ainsi obtenues est chaud et moelleux; ce pro-
cédé semble surtout avantageux pour le portrait.

Traitement des résidas d’argent et d’or.

provenant des opérations photographiques.

Trop souvent les photographes laissent perdre leurs résidus d’or et
d’argent provenant de leurs opérations, embarrassés qu’ils sont du
mode de traitement à employer; M. Péligot indique la méthode sui-
vante pour retirer de tous ces matières l’or ou l’argent qu’ils contien-
nent. Ces résidus, dit-il, qui contiennent de l’hyposulfite de soude,
du sulfate de fer, du cyanure de potassium, de l’acide acétique, des
sels d’argent, des sels d’or sont d’habitude traités par du sulfure de
potassium qui précipite les métaux précieux à l’état de sulfures.

L’emploi du sulfure de potassium présente de nombreuxinconvénients:
D’abord sa mauvaise odeur qui émeut le voisinage contre le photographe;
mais ce qui est plus grave, il y a souvent des épreuves perdues par les
émanations de l’hydrogène sulfuré qui se trouve toujours dans le labora-
toire. La présence du sulfure de fer qui est inévitable rend d’ailleurs dif-
ficile et lente la réduction ultérieure des sulfures d’or et d’argent. Le
procédé que propose M. Péligot, consiste à introduire dans ces résidus
(qui sont ordinairement alcalins et qui contiennent quelques grammes
de métaux précieux par litre) une feuille mince de zinc qu’on laisse plon-
gée dans la dissolution pendant vingt-quatre heures environ. L’argent
et l’or sont précipités à l’état métallique. On s’assure que la précipitation
est complète en prenant une petite quantité du liquide clair qu’on fait
bouillir avec de l’acide chlorhydrique, il se produit un dépôt de soufre
qui doit disparaître par l’addition de quelques gouttes d’acide azotique.
S'il restait de l’argent dans la liqueur, il serait précipité à l’état de
chlorure d’argent.

La poudre noire d’argent et d’or est mise en contact avec un peu
d’acide sulfurique étendu d’eau et lavée sur un filtre; on y joint celle
qui provient du brossage sous l’eau de la feuille de zinc sur laquelle
une partie des métaux précieux se sont déposés sans adhérencei
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