Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 5.1861

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L’ART INDUSTRIEL. — 5* ANNEE.

JUILLET-AOUT 1861.

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Les retombées de la voûte sont ornées de peintures décoratives où
sont représentées, à l’une des extrémités, la France enveloppée dans
son drapeau, ayant à ses côtés les Génies de la Paix et de la Guerre ; à
l’autre extrémité, l’Éloquence s’appuyant sur le Dévouement à la Patrie,
et écoutant en même temps les conseils de la Prudence et de la
Justice.

Les deux autres côtés de la voûte sont décorés par des compositions
moins étendues ou sont symbolisées : la Paix, la Guerre, l’Agriculture,
l'Industrie, les Arts, la Justice, les Lettres, les Sciences, la Marine et
le Commerce.

Une galerie annexe, indispensable comme dégagement dans les
grandes réceptions et comme passage habituel reliant la Présidence
au Pâlais, a été exécutée en même temps que celle dont il vient
d’être question. Toutefois elle présente une décoration toute diffé-
rente.

Elle est ornée de sculptures de bois de chêne. La lumière y pénètre par
des ouvertures pratiquées dans le plafond qui répandent un jour doux
et égal sur la belle collection de tableaux de M. le comte de Morny
qui comprend, entre autres, le Portrait cl’homme, de Rembrandt; la Fisite
à une dame, Aa Terbürg; la Fisite à une jeune mère, de Metzü; le
Paysage, cI’Hobbéma; la Pelotonneuse, de Gkeuze, et la Fénus, de
Prud’hon.

SERRURERIE ARTISTIQUE.

Serre exécutée à Saiut-Adresse (lires le Havre).

Par M. Jeanson, Architecte.

Pt. 15-16. •

La serre en fer forgé donnée par la PI. 15-16 a été exécutée dans ces
dernières années à Sainte-Adresse par M. Jeanson, architecte, dans la
propriété de M. Marquis.

Elle se compose de deux pavillons extrêmes-reliés par un corps de
bâtiment intermédiaire qui a 14 mètres de longueur, 6m.10 de lar-
geur et 5“.70 de hauteur. Chaque pavillon a pour section un poly-
gone dont le rayon est de 4 mètres. Sa hauteur au-dessus du sol est
de 8 mètres.

Nous n’entrerons, pas, du reste, dans la description du mode d’assem-
blage des pièces qui composent l’ossature de cet ouvrage. Nous ne
pourrions querépéter à cette occasion les détails que nous avons donnés
lors de la description de constructions analogues.

Nous mentionnerons seulement les dimensions des fers spéciaux em-
ployés pour chacun des éléments :

Montants d’huisserie, 36/23 ; montants pour portes-croisées, 36/20;
montants pour portes, 36/18; fers à T de 40/38; entretoises, 0",01-1;
écharpes intérieures, 32/7; cornières doubles, 40/18; faîtage, 60/11;
arêtiers en fer-croix de Oin.OOS.

Chéneau-tôle, de 0,002 d’épaisseur.

La serrurerie est entrée pour 41,000 fr. dans le prix de revient de la
construction.

Yoici, du reste, le prix de revient de l’ouvrage complet :

Maçonnerie. 2,000 fr.

Peinture et vitrerie. .. G,000

Serrurerie. 41,000

Total. 49,000 fr.

Soit 50,000 fr. ou 277 fr. par mètre superficiel.

ARCHITECTURE DÉCORATIVE.

Chalet cxéewté à Saiut-ltlamiee
dans la propriété de M. Darblay.

Pl. 17.

Le chalet exécuté à Saint-Maurice, chez M. Darblay,que nous repré-
sentons Pl. 17, se distingue de beaucoup de constructions de ce genre
par un cachet original, parfaitement en rapport toutefois avec la pro-
priété dans laquelle il a été bâti.

Il se compose d’un rez-de-chaussée comprenant un salon, une salle à
manger, une cuisine et un vestibule. Au premier étage se trouvent deux
chambres à coucher et une terrasse.

Le rez-de-chaussée est en maçonnerie de moellons crépie à la chaux,
et le premier étage en bois Les pignons et les balcons sont garnis d’or-
nements en bois qui sont indiqués en détail fig. 4, 5, 6.

Le toit est en saillie de 1 mètre sur le nu du mur, il est orné d'un lam-
brequin en bois découpé dont le motif élégant et simple, ainsi que l’or-
nement de la faîtière, complètent heureusement la décoration de l’en-
semble.

Cette construction est revenue au prix total de 6,700 fr. soit 140 fr.
par mètre superficiel.

Passerelle en bois pour piétons

exécutée dans la propriété de M. Darblay à Saint-Maurice près Paris.

Pl. 18.

Il arrive bien souvent que les propriétaires de parcs, ou de grandes
surfaces de terrain, soient obligés d’y établir pour les piétons, quel-
quefois même pour les chariots, des passerelles en bois ou en fer qui
deviennent alors un élément de décoration pour les lieux où elles sont
construites.

Maintenant, beaucoup de ces ouvrages se font en fer. Us durent plus
longtemps que ceux en bois et sont par cela même économiques.
Un certain nombre cependant sont encore eu bois; ils ont en général
un 'cachet plus rustique que les autres, et suffisent dans la plupart des
cas. C’est à cette dernière catégorie que se rattache le type de pas-
serelle pour piétons qui a été établi récemment dans la propriété de
M. Darblay à Saint-Maurice, et qui se trouve indiqué Pl. 18.

La construction en est excessivement simple. Elle a 13 mètres dépor-
tée libre et 3m.20 de largeur entre garde-corps.

Elle se compose de deux palées formées de pieux de 0.25/0.25 d'é-
quarrissage, sur lesquels sont assemblées à entailles des pièces de
0.12/0.22, formant moises et supportant les poutrelles de rive.

Chaque poutrelle est contreventée par une contre-fiche qui prend son
point d’appui sur la maçonnerie de la culée.

REVUE PHOTOGRAPHIQUE.

île l’emploi du Cyanure de Potassium eu Photographie.

Dans les dernières séances de la Société française de Photographie,
MM. DAVANNE-et Girard ont appelé l’attention sur des accidents causés
par le cyanure de potassium; M. Davanne citait un photographe de
sa connaissance., qui, voulant enlever quelques taches noires faites
sur ses mains par le nitrate d’argent, frotta les parties noires avec un
fragment de cyanure de potassium, un léger morceau s’introduisit sous
l’ongle et lui causa bientôt une cuisson très-vive. Au bout de quelques
instants, il fut pris de vertiges ; il se hâta de se laver les mains, et eut
l’idée fâcheuse d’employer le vinaigre, c’était décomposer le cyanure
et mettre l’acide cyanhydrique eu liberté; les vertiges augmentèrent,
puis le frisson, une défaillance générale, un .embarras de la langue et
tous les symptômes d’un empoisonnement; heureusement il conserva
toute sa lucidité d’esprit et put indiquer lui-même les remèdes qu’il
savait être les plus efficaces : des lotions d’eau froide le long de la
colonne vertébrale, quelques tasses de café noir, des inhalations d’eau
ammoniacale, des frictions de celte même eau sur la colonne verté-
brale; une violente somnolence survint, et le lendemain tout était
passé. Nous avons tenu à citer ce cas avec quelque détail pour in-
diquer les phases de l’empoisonnement et la manière de le com-
battre; mais au lieu de l’eau ammoniacale, nous recommandons l’eau
chlorée qui agit sur le poison lui-même comme agent de décompo-
sition.

M. Girard passant en revue les différentes actions toxiques des
cyanures en général, dit que l’empoisonnement par ces composés est
sensible, il peut avoir lieu par ingestion, inhalation, de l’acide cyan-
hydrique gazeux ou par absorption des composés solubles, tels que
le cyanure de potassium. Ces deux derniers cas sont ceux qui intéres-
sent le plus spéclalemeni les photographes. En effet, maniant constam-
ment le cyanure de potassium, ils peuvent craindre que, soit à l’état
solide, comme nous venons de le voir, soit à l’état de solution, ce sel
puisse pénétrer par une plaie, même très-petite, dans l’organisme;
que des portions de cyanure au contact des acides, de l’acide acétique
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