Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 5.1861

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L’ART INDUSTRIEL. — 5« ANNEE.

JUILLET-AOUT 1801.

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colorée ou une planche gravée pour l’impression. Si par la chaleur ou
tout autre moyen on forme un oxyde ou un sulfure du métal, on ob-
tient une damasquinure ombrée, la modification ne s’opérant que sur
les parties du métal non recouvertes du dépôt galvanique qui est dans
ce cas argent, or, platine.

6° On se sert pour creuser les parties du dessin non garanties par
le dépôt galvanique d’un acide étendu d’eau qui ne l’attaque pas. Le
métal à creuser par l’électricité est placé au pôle positif dans une dis-
solution neutre d’un sel du métal; il est alors seul attaqué, l’or, l’argent
ou le platine qui le recouvre ne s’oxydant pas. Les parties protégées
ainsi paraissent donc en relief.

7° Il faut dépolir par un moyen quelconque ces parties en relief pour
que l’encre de l’imprimerie puisse y adhérer.

8° La plaque de métal étant creusée, on obtient une image incrustée,
en étendant d’abord une couche d’un vernis isolant sur les parties en
relief, puis en mettant la plaque au pôle négatif de la pile. Dans une
dissolution d’un des sels du métal à obtenir, ce métal comblera les
creux en s’y déposant.

9° La gravure, héliographiqne étant terminée, on tire alors sur un
papier mince légèrement collé une épreuve formée d’une encre grasse;
appliquant ensuite cette épreuve sur une surface quelconque, métal,
marbre, pierre, etc., on les considère comme vernis isolants et l’on traite
cette surface comme une des images obtenues au moyen des vernis
impressionnables. (Voir n°2.)

10° Pour reproduire en cuivre une planche d’acier gravée, on dore
ou l'on platine toute la surface de la planche gravée ; on forme ensuite
galvaniquement un dépôt de cuivre qui donne l’empreinte de la gra-
vure, on détache ce dépôt et un nouveau dépôt, galvanique sur ce moule
donne la reproduction exhcte de la planche originale.

Quatrième exposition de la Société française
fie Photographie.

Bien que le compte rendu d’une exposition d’œuvres d’art, soit, à
cause des appréciations toutes personnelles quelquefois auxquelles elles
peuvent donner lieu soit un devoir difficile à remplir, nous croyons
devoir entretenir nos lecteurs des impressions que nous avons éprou-
vées en visitant l’exposition de la Société française de photographie.
Nous apprécierons selon notre conscience et en faisant abstraction com-
plète de toute personnalité les auteurs dont nous parlerons.

Nous commencerons par présenter une simple observation.

Le jury avait décrété que nul ne serait admis à exposer, s’il ne don-
nait l’indication claire et exacte du procédé qu’il employait; qu’est-il
arrivé cependant? La plus grande partie des œuvres exposées ne porte
aucune indication de procédé, ou bien, sauf quelques rares exceptions,
ceux des exposants qui se sont soumis au décret se sont bornés à four-
nir des indications plus qu’insuffisantes, telles que : collodion humide,
collodion sec, papier sec, etc.

Il e t cependant été assez utile, sinon indispensable, pour bien juger
le mérite de chaque concurrent d’être parfaitement renseigné sur les
moyens mis en œuvre dans son travail.

Cela dit, passons à l’exposition en elle-même, nous bornant à citer
les épreuves qui nous ont semblé les plus remarquables.

M. ALOPHE,en se servant du collodion humide, a exposé des portraits
et des études d’après nature, parmi lequels nous avons remarqué le
n° 31 qui est un portrait de femme dont la figure est très-finement des-
sinée. Cette épreuve nous fournit l’occasion de faire observer que les
mains de femme viennent ordinairement très-mal, et gâtent souvent
une épreuve. Pourquoi les photographes, quand ils font poser les per-
sonnes, n’ont-ils pas le soin de faire dissimuler les mains pour éviter
tout mauvais effet sur des épreuves qui ne laissent rien à désirer dans
les autres parties?

M. Roman d’Arles, à l’aide du papier ciré sec, expose des vues des
momuments prises dans le midi de la France. Nous en signalerons deux
principalement, le n° 1166 (obélisque romain d’Arles), épreuve re-
marquable par la pureté et la finesse de ses détails; quant au n° 1164
qui représente une Vue à vol d’oiseau, il est complètement impossible
de rien distinguer dans les détails.

Si nous le citons c’est afin de faire remarquer qu’en général les vues
sont d’un mauvais effet en photographie, à moins cependant que des
détails faciles à saisir ne viennent donner quelque netteté à l’épreuve,
et aider à faire ressortir les effets lointains.

M. Pjallat a représenté (n° 1138) un cadre contenant un bronze
remarquable par la pureté avec laquelle la teinte bronzée s’est repro-
duite.

M. Collard a le mérite d’expliquer amplement la nature de son pro-
cédé; nous avons surtout remarqué dans sa collection le ir° 298 (repro-
duction d'une maison de Boulogne) : au-dessous est inscrit « collodion

humide développé à l’acide pyrogallique, 40 minutes après la prépara-
tion.j Cette indication renseigne suffisamment sur la nature du procédé;
Nous citerons encore le n° 399, très-remarquable par les détails, la
pureté des clairs et ombres, « collodion humide humide, développé au
bain de fer, renforcé à l’acide pyrogallique. »

M. Février (collodion humide et sulfate de fer) expose (n’ 570) une
reproduction de Watteau vraiment admirable par la netteté des figures
et le ton de l’épreuve.

M. Warnod (procédé non indiqué) présente de belles marines pri-
ses au Havre.

M. Gorda (procédé non indiqué) expose des reproductions de fusains
parfaitement réussies.

Al. Bingham a fait preuve encore une fois d’un talent vraiment supé-
rieur dans la spécialité qu’il a adoptée (la reproduction des tableaux et
dessins anciens et modernes). Il expose un grand nombre d’épreuves
toutes très-belles et parmi lesquelles on serait vraiment embarrassé de
choisir; cependant nous signalerons spécialement les n01 216, Il ne
faut pas jouer avec l’amour; 238, un Portrait de femme; 226, la Mort
de César.

Al. Chenu (collodion humide et sulfate de fer) présente des épreuves
instantanées de chiens et de chevaux. La plus remarquable est celle
qui représente des chiens en arrêt devant une ratière.

M. le comte Aguado expose des épreuves agrandies avec l’appareil
AVoodvvard. Les paysages ne nous semblent pas d’un heureux effet,
mais les n0’ 7 et 8, qui représentent des vaches, sont bien réussis;nous
ne sommes pas d’avis d’agrandir des effets multiples : on n’obtient pres-
que jamais de bonnes épreuves; les objets isolés seuls peuventsupporter
le grossissement avec avantage.

Al. SÉE (collodion humide développées au fer, renforcées à l’acidepyro-
gallique, fixées au cyanure) a exécuté pour l’exposition deux très-
belles vues de la trirème Impériale.

Al. Charles Nègre a exposé des spécimens obtenus par son pro-
cédé de gravure héliographique sur acier dont nous venons de rendre
compte. Nous citerons le Portail de la cathédrale de Chartres, puis
une série de vues photographiques de Y Asile Impérial de rincennes.

AI. Villette a présenté une collection d’épreuves obtenues à la
lumière électrique et agrandies avec l’appareil de AI. Duboscq que
nous avons décrit (Art. Industr. de 1861 ,col. 14). Nous citerons surtout
le n° 1226 (Portrait du professeur Lissajons); on reconnaît les avantages
de l’appareil en voyant la pureté des contours, la netteté des traits, et
cela, même pour des amplifications grandeur naturelle.

Al Al. Mayer et Pierson excellent dans le genre des cartes de visite ;
ils ont exposé un bel encadrement contenant les célébrités artistiques
du jour.

Al. Delessert a exposé des épreuves géantes qui, suivant nous, ne
démontrent bien qu’une chose, c’est qu’en dépassant les limites nor-
males pour le grossissement on arrive au monstrueux; tous ceux qui ont
vu le Paysage (agrandi), la Voiture avec son cocher, un groupe, et qui les
ont comparés aux merveilleuses épreuves que l’on est arrivé à pro-
duire, penseront certainement comme nous.

M. Nadar se distingue surtout par un cachet original ; il a inventé le
mot photographie hippique et celui électro-photographie, ce qui ne veut
pas dire que AI. Nadar ait été le premier à photographier un cheval,
non plus qu’à tirer une épreuve à la lumière électrique. Nous avons vu
avec plaisir ses reproductions hippiques : la plupart des chevaux sont
bien réussis, et il parvient comme d’autres à obtenir de bonnes épreuves
avec la lumière électrique.

Nous dirons, en terminant, que les stéréoscopes sont encore en pro-
grès ; il y en a une surabondance, on en voit échelonnés sur tous les
appuis couvrant les tables...

Nous signalons aussi les épreuves microscopiques de AI. Dagron,
montées sur des bijoux, bagues ou épingles. En regardant par une
ouverture très-petite, ce qui ne n est pas toujours facile, on aperçoit dix
à quinze têtes parfaitement distinctes.

Ernest Saint-Edme,
Préparateur de Physique au Conservatoire
des Arts et Métiers.

C.-A. OPPERMANN, Directeur,

11, rue des Beaux-Arts, à Paris.

Paris. — Imprimé par E, Thunot et C®, rue Racine, 26.
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