Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 5.1861

Seite: 43
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L’ART INDUSTRIEL. — 5' ANNÉE. — NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1861.

M

33

CONCOURS DE PEINTURE ET DE PAYSAGE HISTORIQUE.

La mort de Priam et le triomphe dé Silène.

Nous ne pouvons malheureusement pas constater dans les sujets pro-
posés pour le concours de Peinture et de Paysage historique les progrès
dans le sens moderne dont nous parlions tout à l'heure, à propos du
concours précédent.

Il semble vraiment inutile d’insister pour que l’École se décide à
entrer dans une voie plus utile et plus pratique. Cette année encore, des
sujets antiques, tant de fois signalés comme oiseux, ont été proposés avec
une persistance inexplicable.

Le programme indiqué pour la Peinture élait la Mort de Priant, et
pour le Paysage historique le Triomphe de Silène!

En vérité, où pense-t-on conduire l’art moderne en le nourrissant
ainsi d’idées vieillies, de sujets rebattus dans les trumeaux et dans les
tapisseries des moindres maisons bourgeoises?

Nous n’en dirons toutefois pas davantage aujourd’hui ; car nous aimons
à croire que beaucoup de nos lecteurs pensent comme nous, comme la
grande majorité du public.

Et d’ailleurs, si l’expérience peut être de quelque poids dans les ques-
tions d’art, celle qui a été faite cette année encore nous donnerait raison ;
car nous nous plaisons à attribuer les résultats médiocres que tout le
inonde déplore bien plus à l’ingratitude des sujets proposés et au mau-
vais esprit des programmes qu’à l’absence d’imagination et à la déca-
dence de l’art français.

Les prix obtenus ont été, pour la section de Peinture-
Premier grand prix : M. Jules-Marie Lefebvre, deTournan (Seine-et-
Marne), âgé de vingt-sept ans, élève de M. Cogniet;

Second grand prix : M. Alexandre-Louis Leloir, de Paris, âgé de
dix-huit ans, élève de son père ;

Mention honorable : M. Marie-Firmin Girard, de Poncin (Ain), âgé
de vingt-trois ans, élève de M. Gleyze;

Mention honorable : M. Tony Robert-Fleury, de Paris, âgé de vingt-
quatre ans, élève de MM. Delaroche et Cogniet.

Pour la section de Paysage historique ••

Premier grand prix : à M. Paul-Albert Girard, de Paris, âgé de vingt
et un ans et demi, élève de MM. Picot et Flandrin;

Second grand prix : à M. Gustave-Achille Guillaumet, de Paris, âgé
de vingt et un ans, élève de MM. Picot et Abel de Pujol;

Mention honorable: à M. Arthur-Henri Bonnefoy, de Boulogne (Pas-
de-Calais), âgé de vingt-deux ans, élève de mTcogniet.

Commission Impériale

pour l’admission des œuvres d'art à VExposition de Londres.

D’après une décision récente, le Jury d’admission pour les œuvres
d’art à l’Exposition universelle de Londres, doit être composé de troi
propriétaires de collections d’œuvres modernes, trois fonctionnaires de
l’Administration des Beaux-Arts, quatre membres de l’Académie des
Beaux-Arts de l’Institut et cinq personnes élues par les artistes mêmes
qui demandent à exposer. D’après les désignations faites par la com-
mission Impériale et l’Académie des Beaux-Arts, d’après le dépouille-
ment du scrutin, le Jury d’admission des Beaux-Arts est définitivement
constitué de la manière suivante :

MM.

Le comte de Morny, Président du Corps Législatif, Membre du Conseil privé, prési-
dent.

Le comte de Nieuwerkerke, Directeur général des Musées Impériaux, vice-président;
Couiîmont, Chef de la division des Beaux-Arts au ministère d’État;

De Sacx, Chef de la division du cabinet au ministère d’Ëtat;

De Gisors, Membre de l’Académie des Beaux-Arts (section d’Architecture) ;
Robert-Fleury, Membre de l'Académie des Beaux-Arts (section de Peinture);

Petitot, Membre de, l'Académie des Beaux-Arts (section de Sculpture);

Martinet, Membre de l’Académie des Beaux-Arts (section de Gravure);

Marcille ;

Cottiez;

Louis Martinet, Inspecteur des Beaux-Arts ;

Gérome, Artiste peintre;

Dauzats, Artiste peintre;

Cavelier, Artiste sculpteur;

Barye, Artiste sculpteur.

Secrétaires :

MM.

Moreau (Adolphe), Auditeur au conseil d’État;

Rolle, Auditeur au conseil d’État.

Pièces itcquiscs par Sa France au musée Cain|iana.

Nous trouvons dans le Moniteur la note suivante, qui donnera une [
idée nette des importantes acquisitions faites par la France lors de la |
vente du Musée Campana :

« Une Revue, en publiant le catalogue des pièces acquises par la j

Russie et provenant de la collection Campana, fait précéder et suivre
cette publication de notes inexactes et de réflexions qui tendraient à
rabaisser l’importance de la portion acquise par la France et qui va
former le Musée Napoléon III.

« 11 est dit, dans l’une de ces notes, qu’un commissaire russe, M. Ste-
pan Guédéonoff, avait acquis pour le Musée Impérial de l’Ermitage, à
Saint-Pétersbourg, la plupart des principales pièces qui composaient le
musée alors en son entier, et on lit à la fin de ce même article : « Trois
mois, jour pour jour, après notre acquisition conclue, le Musée du
Louvre s’est rendu acquéreur, à son tour, des objets restants du Musée
Campana. A la suite de nos choix faits et limités et, comme il a été dit,
aux œuvres de premier ordre, la France a payé le surplus 812,000 écus
romains ou fi,360,MO francs.

« Or la Russie a acquis pour 650,500 francs, non pas la plupart des
principales pièces, mais un certain nombre de morceaux dont nous
donnons plus bas le chiffre en regard de celui des acquisitions de la
France.

« Le Musée Campana se compose de douze séries. Le commissaire
russe n’a eu à choisir que dans cinq séries : les séries des vases, des
bronzes, des bijoux, des sculptures et des peintures. Mais dans ces cinq
séries mêmes, le gouvernement romain avait fait une réserve pour ses
musées, réserve à laquelle le commissaire russe n’a pu loucher. Le
vase de Cumes seul a été obtenu par une négociation particulière.

« Le gouvernement de 1 Empereur a acquis les douze séries compo-
sant le Musée; de plus, les commissaires français, MM. Léon Renier et
Sébastien Cornu, ont obtenu du gouvernement pontifical que tous les
objets choisis par lui dans toutes les séries fissent retour à la collection,
et qu’une masse de fragments précieux de vases et de terres cuites ,
qui n’avaient pas été portées au catalogue, fussent ajoutés à l’acquisi •
lion.

« Le tableau suivant donnera une juste idée des acquisitions de la
France comparées à celles de la Russie :

SÉRIES.

ACQUISITIONS DE LA FRANCE.

ACQUISITIONS DE LA RUSSIE.




lrc Vases peints.

4,500 (Série d’un haut intérêt

542 (dont le fameux vase de


scientifique et artistique).
455 (Nombreux morceaux im-

Cumes).

2e Bronzes.

135 (Plusieursmorceauxiinpor-

3e Bijoux grecs, étrusques

portants).

tants ).

et romains...... .

1,200 (La plus belle’ collection
qui existe).

3 (Un camée et un anneau).

4e Terres cuites.

3,000 (Collection unique). La


5e Verres phéniciens, étrus-

série complète.

»

ques et romains. . . .

500 La série complète.

»

6e Peintures antiques.. . .

45 La série complète.

«

7e Marbres antiques. . . .

600

78 (dont 43 statues; quelques-

8e Tableaux des primitifs


unes importantes).

Italiens.

9e Tableaux des maîtres de

434


la Renaissance.

200

8 fresques attribuées à l’école
de Raphaël.

10e Faïences rares.

640 La série complète.

»

11e Sculptures en faïence. .

60

»

12e Ivoires anciens.

200 La série complète.




11,835

767

Mouvell® église russe à Paris.

La nouvelle église russe construite cette année près du parc de Mon-
ceaux est en ce moment terminée, sauf quelques détails d’intérieur.

Elle se compose d’une rotonde surmontée d’un cône à pans coupés cl
flanquée de quatre tourelles de moindres dimensions, mais de formes
exactement semblables. Ces cinq cônes, ornés de dorures et de fenê-
tres dorées, se terminent par des piroïdes en cuivre que surmontent
cinq croix moscovites à chaînettes pendantes.

Le porche est formé d’une sorte de baldaquin découpé en trèfle et
porté par des pilastres ornés de colonnettes en torsades. Ce baldaquin
s’arrondit en coupole et supporte une couronne dorée que termine la
croix grecque.

Au fond du porche s’ouvre le sanctuaire, dont l’entrée est surmontée
d’un tympan en plein cintre où sont peints la Vierge et l’enfant Jésus,
à la façon byzantine, sur fond d’or.

A la naissance du clair étage règne un entablement qui fait le tour
de l’édifice, et au-dessus duquel le portail projette un fronton cintré
dont le tympan représente le Christ assis et montrant le livre de la loi.

Il est bien à regretter que l’architecte de ce monument ne se soit
pas mieux inspiré des éléments sévères et gracieux tout à la fois de la
véritable architecture russe, telle qu’on peut l’étudier à Riew et à
Moscou. Ou dirait vraiment qu’il s’est appliqué à ne prendre du style
russe que ce qu’il a de lourd et de malheureux.
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