Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 5.1861

Seite: 47
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Kl

L’A UT INDUSTRIEL. — 5” ANNEE. — NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1861.

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Voici les proportions à employer :

Nitrate de cobalt CoO. AzO5. . 800 grammes
Eau. 10 litres

Cette solation forme le premier bain.

Le second se compose de :

Potasse caustique. 500 grammes

Eau. 10 litres

Les objets sont portes dans le premier bain, où on les laisse pendant
quelques heures, puis on les plonge dans la solution de potasse, qui
produit dans leur intérieur une belle teinte bleue qui passe bientôt au
gris par la dessiccation à l’air libre.

Teinture marron.—Cette teinture repose également sur une réaction
bien connue : c’est le précipité brun marron, que l’on obtient par l’ac-
tion du sulfhydrate d’ammoniaque sur un sel d'étain.

Elle est très-économique, et s’obtient sur tous les bois avec une
grande facilité. Les deux bains qu’elle exige se composent pour le
premier de :

r

Chlorure d’étain. 1 kilogramme

Acide chlorhydrique. 1 —

Eau.•.. 20 litres

Les objets en bois y sont plongés pendant une heure, et sont ensuite
portés dans un second bain dont la composition est la suivante :

Sulfhydrate d’ammoniaque. . 500 grammes
Eau. 20 litres

Au bout de quelques minutes, ils sont teints ; il suffit alors de les laver
à l’eau ordinaire.

Teinture noire. — Ce procédé repose sur l’action de la lumière sur les
sels d’argent. Il est appliqué depuis longtemps pour teindre l’ivoire
(M. Quesneville, Secrets des arts). La nacre de perle se laisse teindre
très-facilement comme l’ivoire.

On plonge les objets dans une solution moyennement concentrée de
nitrate d’argent, où on les laisse pendant douze heures.

Le second bain renferme 8 grammes de sel marin par litre ; après les
avoir plongés pendant une heure dans cette solution, on les lave, puis
on les expose h la lumière, qui les noircit rapidement.

Teinture jaune. — Cette teinture s’obtient avec une extrême facilité
sur tous les bois.

Les objets à teindre sont d’abord imbibés d’une solution de bichro-
mate de potasse, puis plongés dans une solution très-étendue de sous-
acétate de plomb : il se forme dans les pores du bois du chromate de
plomb d’un très-beau jaune doré.

Blanchiment des bois. — Ivoire artificiel. — Certains bois, tels que
le charme, le poirier, traités par le chlorure de chaux, donnent un pro-
duit ayant la blancheur de l’ivoire, et qu’on appelle ivoire artificiel.

Le procédé suivant pourra servir à fabriquer des moulures, des cadres,
des bois de placage, etc.

Les bois à blanchir sont infusés pendant douze heures environ dans
une solution de chlorure de chaux du commerce; ce produit est assez
soluble dans l’eau : en effet, une liqueur saturée de chlorure de chaux
marque de 7 à 8° à l’aréomètre de Beaumé.

Voici les proportions qui paraissent donner les meilleurs résultats,
sans toutefois brûler les produits:

Eau. 100 litres

Chlorure (1e chaux. 8 kilogrammes

Le mélange doit être fait dans une cuve en bois, et l’on agite de
temps en temps avec une spatule en bois le chlorure de chaux, afin d’en
saturer le plus possible la liqueur. On sait que cet agent attaque le fer
et donne un produit fortement coloré, le chlorure de fer; il faut donc
éviter l’emploi de ce métal dans les cuves à chlorure de chaux.

Les moulures en bois, les cadres, etc., après ce premier traitement,
sont bien lavés, puis séchés à l’air libre. Il faut alors, pour leur donner
l’aspect et le brillant de l’ivoire, les passer au vernis blanc, dont voici
la composition :

Sandaraque. 6 parties

Mastic. 3 —

Résine blanche. 7 —

Térébenthine de Venise. t/4 —

Verre pilé. 4 —

Alcool concentré. 32 —

Le vernis pour tableaux, qui se compose simplement de térébenthine
et de sandaraque, peut également servir.

Impressions sur bois. — On peut imprimer sur bois avec autant de
facilité que s’il s’agissait d’une étoffe ; les appareils, sont du reste à
peu près semblables. Les bois sont passés entre deux cylindres gravés
en fonte, et chauffés au gaz à une température d’environ 400°. Les parties
planes de chaque dessin s’impriment en noir et les parties creuses en
blanc : on a ainsi des dessins plus ou moins variés avec fond blanc. Afin
de leur donner plus de netteté, on rabote légèrement le bois pour
enlever les parties carbonisées, puis on fait usage des méthodes de
teinture que nous venons d’exposer. On aura par exemple des dessins
rouges en plongeant d’abord le bois dans l’iodure de potassium, puis
dans un second bain de chlorure de mercure. Les parties carbonisées
restent noires, et les parties blanches prennent seules une teinte rouge
bien uniforme.

Avec l’acétate de plomb et le chromate de potasse, on aura des gra-
vures sur bois en jaune doré, etc.

E. Monnier.

REVUE PHOTOGRAPHIQUE.

Emploi «les sels «l’or alcalins pour le virage «les «‘preuves

Les moyens de faire virer les épreuves positives, c’est-à-dire de leur
donner de la solidité et une nuance plus prononcée, sont assez nombreux.
On a proscrit, dès l’origine, tout procédé changeant la teinte en pro-
duisant la sulfuration, comme amenant, au bout d’un temps plus ou
moins long, la destruction de l’image, tels que les sulfures alcalins, l’hy-
posulfite de soude avec addition d’un acide. On s’en tient maintenant
exclusivement aux sels d’or.

Les procédés de virages aux sels d’or sont en assez grand nombre,
car la façon du bain peut être très-variée. Néanmoins les formes chi-
miques principales sous lesquelles l’or est employé le plus avantageu-
sement sont : le chlorure d’or, l’hyposulfite de soude et d’or, l’hyposul-
fite de soude et d’or avec excès d’hyposulfite de soude ou de chlorure
d’or acide.

Voici maintenant quelques formules de bains de virage que nous avons
recueillies comme étant avantageuses :

Emploi du chlorure seul :

Eau de pluie ou distillée. . . . 1,000 grammes
Chlorure d’or neutre. 1 gramme

L’épreuve sortant de l’hyposulfite de soude doit être excessivement
bien lavée, auquel cas cette liqueur peut servir longtemps.

Emploi du chlorure d’or avec hyposulfite de soude :

( Eau de pluie ou distillée. . . . 500 grammes

I Chlorure d’or. t gramme

1 Eau de pluie ou distillée. . . . 500 grammes

i Hyposulfite de soude. 200 —

Il n’est plusnécessaire alorsde passer préalablement l’épreuve à l’hy-
posulfite de soude seul. Ce bain n’est avantageux que dans le casoù l’on
veut tirer de suite une certaine quantité d’épreuves; car, à la longue,
il est altéré par l’action du nitrate d’argent qui s’y dissout.

Le sel d’or connu dans le commerce sous le nom de sel de Fordos
et Gélis est de l’hyposulfite de soude et d’or ; les photographes l’em-
ploient de préférence parce que, le trouvant tout préparé dans le com-
merce, ils n’ontplus qu’à le dissoudre dans la quantité d’eau convenable.

Dans le cas où l’on obtient de ces épreuves trop noires, il est aisé de
les ramener en faisant usage du bain de virage suivant :

Eau de pluie ou distillée. . . . 1,000 grammes

Chlorure d’or. l gramme

Acide chlorhydrique pur. 10 grammes

Après avoir indiqué les procédés de virages aux sels d’or, énumérons
les défauts qui se manifestent le plus souvent dans les épreuvee virées
et les causes auxquelles il faut les attribuer.

C’est à M. Jabez Hughes, photographe anglais, que nous emprunte-
rons ces remarques importantes.

Quand l’épreuve positive est faible ou plate après le virage, il faut
en attribuer la cause au cliché négatif; car en employant le sel d’or
alcalin pour virer, la condition essentielle d’un bon positif est un bon
négatif seul; au contraire, avec un négatif faible, on peut obtenir un
positif passable en tirant fort, puis réduisant l’intensité dans un bain de
virage au chlorure d’or acide.
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