Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 5.1861

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L’ART INDUSTRIEL. — 5e ANNEE.

NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1861.

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MM. Ribatllier et Mazaroz ont exposé une armoire à glace en
noyer sculpté qui à elle seule suffirait pour faire la réputation d’une
maison. On retrouve le même goût et la même élégance clans le meuble
de noyer, buffet de salle à manger.

M. Cavoret a présenté un ameublement en bambou aussi élégant
que le comportent les limites dans lesquelles il s’est renfermé. L'armoire
à glace est belle, sauf le haut, qui est un peu lourd. La toilette ne
manque pas d’originalité.

Le piano vieux chêne de M. Juvenois est gracieux et de fort bon goût ;
celui de M. Périchon jeune ne laisse rien à désirer en ce qui concerne
le fini du travail et les garnitures de bronze.

M. Drapier a exposé une salle 5 manger en bois sculpté,magnifique
travail que l’Espagne va nous enlever. Cette salle, de 75 mètres
carrés, est formée par la réunion de vingt-quatre panneaux alternés,
dont douze sont ornés de motifs en tapisserie, représentant divers sujets
appropriés à la destination de la pièce. Les tables de service qui se
trouvent dans les angles, le buffet, les tables, les chaises, les détails,
sont riches et sobres d’ornementation; aussi donnent ils à l’ensemble
un cachet de bon goût et de simplicité tout à fait remarquable.

Le bahut en noyer de M. Sauvrezy est élégant; les inscrustations de
marbre sont un peu lourdes, mais l’ensemble plaît; c’est une œuvre
bien réussie.

M. Gallois expose, auprès de deux guéridons en laque d’un travail
supérieur, une armoire carrée qui n’a rien d’artistique.

M. Roux reste toujours à la hauteur de sa réputation : la touffe de
primevère de sa jardinière est un véritable chef-d’œuvre.

Les objets de fantaisie de MM. Becker et Otto, ainsi que ceux de
MM. Binet,véritables articles de Paris, représentent bien à l’Exposition
cette grande industrie.

L’invention de M. Brenet, qui a pour but de supprimer l’ancien clou
à tête soudée, est très-ingénieuse. Elle permet d’enlever le clou avec
une facilité remarquable sans aucune détérioration du meuble. Les
ornementations métalliques, mariées avec beaucoup de goût, sont ap-
pliquées sur les sculptures disposées à cet effet, et l’on obtient en com-
binant les divers métaux des reflets et des miroitements très-satisfai-
sants.

M. DiEiiL présente une série de petits meubles très-élégants, et
dignes sous tous les rapports de la maison qui les a exposés.

Les modèles d’ornementation pour ébénisterie de M. Dobreuil, ses
baguettes et ses colonnes doivent faire un bon effet dans la fabrication
de certains meubles.

Les articles de MM. Gerson et Weber sont réellement artistiques,
et offrent une grande variété. On peut en dire autant de l’exposition
de M. Guibert.

M. Hcbel a exposé un buffet-dressoir en chêne clair de très-bon
goût, les moulures en palissandre toutefois un peu lourdes. Son bureau
de dames est très-élégant.

Bien que l’ameublement de M. Roll présente quelques parties un peu
faibles, il est également un bon répondant de l’ébénisterie française.

Avant de passer à une autre série, il est bon de constater que, bien
que l’Ébénisterie et la Sculpture sur bois soient en ce moment dansune
voie excellente, nos fabricants doivent néanmoins se prémunir contre une
certaine tendance h la surcharge d’ornementation; le bon goût n’exclut
pas la simplicité : très-souvent, au contraire, les deux s’accordent de la
façon la plus heureuse. Un meuble, quelle que soit sa destination, sera
élégant bien plus par la manière dont seront disposés les ornements
que par leur nombre.

SCULPTURE, STUCS, PLATRES.

Il est bien à regretter que cette série ne soit pas représentée par un
plus grand nombre d’exposants. Ce n’était pas sans doute ici la place
de la Statuaire, mais le sculpeur fait autre chose que des bustes et des
statues : il fait des cheminées, des consoles, des piédestaux, et nous
n’avons trouvé que très-peu de choses de tout cela à l’Exposition. On
pourra en dire tout autant des stucs, qui cependant se prêtent à un
grand nombre de combinaisons des plus variées et des plus originales.

MM. Guichard et Revillon exposent l’esquisse en plâtre d’un projet
de cheminée pour un établissement hippique; les dessins sont de
M. Guichard, et c'est M. Revillon, dont nous avons aussi remarqué la
Vierge, qui a fait l’esquisse. La tête du cheval ne laisse rien à désirer,
mais la housse et le harnachement sont lourds. La cheminée proprement
dite est conçue avec beaucoup de goût.

De chaque côté se trouvent des coupes de porphyre présentées par
M. Hermann; c’est un travail exécuté avec autant de soin que l’urne
funéraire et la colonne de granit du même fabricant.

M. Larue expose des plâtres dont quelques-uns sont très-bien
réussis.

Les sculptures de MM. Gervais et C‘e sont l’œuvre d’ouvriers intelli-
gents. Elles sont faites avec le goût qui convient à des objets d’aussi
petite dimension.

CÉRAMIQUE.

Les arts céramiques ont fait depuis un siècle des progrès remar-
quables; aujourd’hui l’art de nos fabricants est arrivé à un remarquable
degré de perfection dans l’exécution des formes compliquées et dans la
composition des pâtes particulières qui jouissent des propriétés voulues.

La cuisson des terres date de toute antiquité; Rome et la Grèce
étaient avancées en céramique; l’invasion des barbares arrêta tout, et
ce n’est que vers l’époque des Croisades que la céramique commença
à renaître. Les faïences de Pise et de Faenza, les émaux de Pai.issy,
suffirent pendant quelque temps pour satisfaire aux exigences du luxe
jusqu'à l’époque de l’introduction de la porcelaine. La France et la
Saxe firent les premières tentatives et elles réussirent; l’Angleterre sui-
vit leur exemple, et les noms de Bernard de Palissy, de Wedgwood,
de Brongniart, figurent toujours avec honneur dans l’histoire de la
céramique.

M. Jean expose une série de vases d’une cuisson bien réussie; il a
trouvé le secret de la combinaison du reirait de la terre avec la liqué-
faction de 1 émail. Ses imitations de Palissy et d’émaux cloisonnés
prouvent un travailleur sérieux et intelligent.

La série de vases de M. Decii mérite également beaucoup d’éloges;
f il devra toutefois tâcher d’éviter les craquelures qui se manifestent en
certains endroits.

M. Pull présente un genre Palissy dont la terre est de très-
bonne composition, et les modèles copiés au Louvre prouvent le degré
de perfection atteint par l’exposant.

Les terres cuites de M. Fratin dénotent un artiste plein de sentiment
et de vigueur.

FONTE MOULÉE ET BRONZES D’ART.

Les ornements en fonte de fer, qui présentent une si grande variété,
sont employés aujourd’hui d’une manière générale dans toute espèce
de construction. La fonte de fer a remplacé la fonte de cuivre pour
beaucoup d’ornements en relief; son prix étant beaucoup moins élevé
que celui du cuivre, on a simplifié la forme des noyaux des ornements;
on évite ainsi des difficultés de moulage quelquefois très-grandes, en
augmentant le poids de la pièce, sacrifice très-faible quand le métal est
en fonte.

Aussi n’y a-t-il rien aujourd'hui qu’on ne puisse reproduire avec la
fonte, coulée suivant les divers procédés répandus dans l’industrie.

Quant aux Bronzes d’art, qui n’étaient il y a quelques années qu’à ia
portée des plus grandes fortunes, ils se trouvent aujourd'hui très-
répandus, depuis que la science a trouvé des moyens mathématiques
de réduction.

Cette industrie comprend la sculpture, le moulage, la ciselure, la
dorure et la mise en couleur. Le sculpteur apporte son œuvre, le fon-
deur en prépare les morceaux, (pii sont rassemblés par le monteur,
puis livrés au ciseleur et au doreur.

L’exposition de M. Marion nous offre une série d’objets dont le travail
des plus soignés maintient la réputation de cette maison, l’une des
premières de Paris.

M. Besnard, M. Blot et C1 présentent aussi de nombreuses collec-
tions d’objets d’art de toute sorte.

La pendule dorée de M. Bally est une œuvre fort remarquable.

MM. Desforges, BrochonetPestugière exposent divers échantillons
de fonte moulée : statues religieuses, croix, christ, balcons, balustrades,
girandoles, bancs de jardins, le tout d’une exécution irréprochable et
pleine de goût.

M. Lerolle ne mérite que des éloges pour sa pendule, dont la
statuette est très-digne de remaïque; quant au reste de son exposition,
elle laisse un peu plus à désirer. Le Bacchus est très-bon, mais l’Ariane
est médiore.

Les groupes d’animaux de M. Michel sont bien réussis; scs candé-
labres sont pleins de goût; mais les statuettes des danseuses sont
lourdes.

Quant à la nombreuse collection exposée par M. Perrault, elle
dénote un travail sérieux; ses coupes sont élégantes, les candélabres
ont plusieurs parties très-faibles.

Les statues et bas-reliefs de M. Durenne sont également d’une exé-
cution irréprochable.

SERRURERIE ARTISTIQUE.

La serrurerie artistique n’a pas dégénéré depuis l’exécution des
chefs-d’œuvre des deux siècles derniers. Elle n’a fait qu’étendre son
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