Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 5.1861

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L’ART INDUSTRIEL. — 5' ANNEE. - NOVEMBRE-DÉCEMBRE I 861.

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domaine, bien qu’aujourd’hui ce genre de travaux irait plus autant
d’importance que par le passé. La perfection, l’élégance des formes se
sont conservées, et le bon marché se retrouve ici comme dans les
autres produits de l’industrie moderne.

Les porte-bouteilles en fer de M. Bardou sont remarquables par leur
système particulier de fermeture à coulisse.

Les applications métalliques de M. Brenet comportent toute espèce
d’ornementation et sont placés et remplacés sur les meubles avec la
plus grande facilité.

Les meubles de jardin, bien qu’en petit nombre à l’Exposition,
montrent cependant que cette industrie est en progrès, tant sous le
rapport de la légèreté que sous celui de l’élégance et de la variété des
formes,

M. Borel l’a du reste démontré par son exposition, qui comprend
bancs, chaises, tables, cages, jardinières, bordures, etc.

ZINC ESTAMPÉ. — BRONZES D’ART.

L’art est très cher, comme on sait, et bien que les bronzes n’attei-
gnent plus les prix exorbitants d’autrefois, ils ne sont pas néanmoins
à la portée de tout le monde, et une figurine en plâtre est la plupart
du temps le seul ornement que bien des personnes puissent acheter.
Aussi le moulage du zinc a-t-il été une grande et heureuse innovation :
il comporte les mêmes opérations que le moulage de la fonte et du cui-
vre, mais revient â un prix bien moins élevé, parce que les moules en mé-
tal dont on se sert servent pour ainsi dire indéfiniment. On obtient ainsi
avec le zinc la reproduction de toutes les œuvres d’art, sinon avec la
même perfection artistique qu’avec le bronze, du moins d’une manière
assez satisfaisante pour flatter l’œil et vulgariser les chefs-d’œuvre.

Une autre application, également toute nouvelle, du zinc est celle
des zincs emboutis pour l’ornementation. A peine âgée de dix ans, cette
industrie a pris un développement considérable. On obtient les orne-
ments en zinc à l’aide d’un estampage et d’un ou plusieurs recuits. On
place la feuille de zinc sur l’estampe , pièce en fonte qui affecte la
forme voulue, et on la soumet au choc d’un marteau, en ayant soin de
recuire à environ 8° après un certain nombre de coups pour rendre le
métal malléable.

L’exposition la plus remarquable dans cette catégorie est celle de
M. Boy. Elle se compose de vingt-deux groupes en zinc bronzé, tous
très-remarquables, sauf la roideur naturelle à l’emploi du zinc. Les
Enfants au pressoir sont pleins de goût, les Musiciens, d’après Callot,
sont également bien réussis. — Le bon marché de ces différents objets
les recommande surtout à l’attention du public.

M. Rigolet, qui a recours à de vrais artistes pour la sculpture de
ses modèles, expose une nombreuse collection dans laquelle nous re-
marquons surtout les Quatre Saisons, les Baigneurs et une reproduc-
tion de l’antique : la Vénus pudique. Les groupes d’animaux ont de la
vie, surtout ceux des levrettes.

L’estampage en zinc n’est pas représenté à l’Exposition de cette an-
née, nous le regrettons viv ment. Espérons que dans la prochaine ex-
position cette industrie, et bien d’autres encore, ne feront plus défaut.

DESSINS INDUSTRIELS.

On connaît le grand rôle que joue le dessin dans les arts et dans l’in-
dustrie; c’est lui qui rend l’idée première qui permet de la modifier
et de la conserver. — Aussi ne saurait-on trop encourager la publica-
tion des bons modèles et la propagation des œuvres de goût et d’élé-
gance, où l’ouvrier intelligent trouvera des documents dont une nouvelle
combinaison fera encore une œuvre de mérite.

Sans parler de M. Feuchères, dont le trophée renferme une série
d’œuvres dues îi son crayon plein d’énergie et d’originalité, mais dont
la place n’est peut-être pas dans cette Exposition, nous trouvons plu-
sieurs albums renfermant des modèles d’ornementation dus à M. Col-
lette.

Les compositions de M. Philippe sont parfaites. Il en est de même
de celles de M. Rambert.

M. Oppermann a exposé une série complète de feuilles tirées de
I’Album pratique de I’Art Industriel (1). Entre autres dessins, nous
avons surtout remarqué les planches intitulées : Square de la tour
Saint-Jacques, Grande Serre de Bordeaux, Vases de la collection
Julienne, Ornements en briques à jour, Ornements en bois décou-
pés, Grilles en fonte d’ornement, Mosaïques de diverses couleurs.
Corniches et Modillons en briques, Balustrades et Balcons, Armoire de
la Compagnie florale, Cloisons ornées de divers cafés et magasins de

Paris, Portes sculptées en chêne, meubles divers, etc. Tous les modèles
reproduits sont choisis parmi les meilleurs, et peuvent être d’un grand
secours aux artistes qui consulteront ce Recueil.

Les travaux exécutés par les élèves de M. Lissier prouvent une
direction intelligente. C’est évidemment une bonne école pour se pré-
parer à faire un travail utile et raisonné.

D’autres exposants présentent leurs œuvres propres, dont quelques-
unes sont remarquables, il est vrai, mais sans véritable utilité générale.

industries diverses.

MM. Delapierre et Cie ont exposé un fort bel encadrement de glace
pour cheminée. — Les cariatides sont de très-bon goût.

Le modèle de coffret sculpté, en cire, de AI. Philippe est très-remar-
quable.

Les tapisseries de AIM. Requillart, Roussel et Choquel possèdent
un coloris remarquable : le dessin en est également très-correct ; leurs
deux grands tableaux sont deux chefs-d’œuvre.

M. Braquenie expose aussi de fort beaux tableaux comme coloris,
mais dont le dessin est parfois très-médiocre.

M. Lefébure devrait ménageries détails dans les dessins de dentelles
qui sont magnifiques et dans ses applications sur fond uni. — Quant â
M. Sajou, sa collection de dessins de broderie ne laisse rien à désirer,
bien que son exposition ne représente pas suffisamment une maison
aussi connue.

Les Deux Amphores de M. Gilles sont magnifiques, mais ses sta-
tuettes laissent à désirer ; sa Folie est bien préférabie.

AI. Armengaüd expose du carton-cuir repoussé, qui imite parfaite-
ment les cuirs anciens. On le cloue ou on le colle; on peut le laver et
le repeindre à volonté ; son prix est très-modéré.

Le chaton, les bagues estampées et découpées de MAI. Bouvet et
Ferré dénotent une grande habileté de travail qui paraît due à l’emploi
d’outils spéciaux.

AI. Canoret expose des spécimens de vannerie artistique qui sont
pleins de goût.

Les pâtes et papiers de bois de Mn’e Cauzique prouvent qu’on peut
à la rigueur se passer de chilfons pour un grand nombre d’usages, le bois
les remplaçant avec avantage dans la fabrication de certains cartons.

Les machines à coudre sont fort bien représentées à l’Exposition. La
maison Godain expose cinq machines de luxe, enfermées dans des
cabinets plus ou moins riches et qui en fonL de vrais meubles de salon.
Les machines communes s’y trouvent aussi avec tous les perfectionne-
ments qui y ont été apportés dans ces derniers temps.

AI. Alartongen expose une machine à navette exempte de tension
qui donne près de 1,500 points à la minute.

AI. Harleur, orfèvre, a présenté un grand nombre de pièces, parmi les-
quelles nous avons surtout remarqué deux statues en argent repoussé.

Les terres cuites, plâtres et bronzes de Al. Larue sont fort bien exé-
cutés.

La Compagnie du Bois Durci expose une série d’articles qui prouvent
assez en faveur de cette nouvelle invention.

La galvanoplastie est fort bien représentée par AI AI. Lionnet.

Al. Mure donne un échantillon de ia décoration des appartements
par l’acier. Dans certains cas, cela doit produire un effet très-satis-
faisant.

Enfin, AI. Peyrat expose une nombreuse collection de pièces, en
argenterie ou en Ruolz. Il y en a de fort remarquables.

On voit par ce rapide compte rendu que si nos fabricants restent tou-
jours les premiers pour les genres d’industrie dont nous nous sommes
occupé, ils ont encore néanmoins de grands progrès à faire. Espé-
rons que des expositions fréquentes exciteront une heureuse émulation,
nécessaire, surtout à un moment où le traité de commerce ouvre à nos
produits un pays où ils sont très-recherchés, et où ils Centraient jusqu’ici
que frappés de droits qui en rendaient souvent l’exportation impossible.

Que nos principaux fabricants ne dédaignentdonc pas de se mettre sur
les rangs, tout le monde y gagnera ; les uns iront admirer leurs œuvres,
les autres s’efforceront de les imiter, et si cette publicité peut avoir
pour eux un petit inconvénient à ce dernier point de vue, les achats et
commandes plus nombreux qu’elle leur amènera en sera une large
compensation.

G. SCIIELBAUM,

Ingénieur Civil.

(1) Chez Dunod, éditeur, 49, quai des Augustins. —10 fr. par an.
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