Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 6.1862

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L’ART INDUSTRIEL. — 6“ ANNEE. — JANVIER-FÉVRIER 1802.

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sous les Doriens, se mélangea aux éléments égyptiens et assyriens, et
devint plus tard le style Hellénique ou Grec pur. Sa première appari-
tion fut à Corinthe, sous les Cvpsélides, et dans une forme presque aussi
massive que celle usitée dans la vallée du Nil. Bientôt arriva l’âge Ar-
chaïque de l’Art Grec, suivi par l’époque la plus parfaite, celle de l’é-
riclès.

Du style, comme il a existé à cette époque, on peut dire que chaque
œuvre vient confirmer la croyance que ce fut l’Architecture la plus
pure, la plus noble, la plus parfaite qui exista jamais (1), celle qui ren-
ferme le plus d’intelligence et de goût, et nous montre les beautés
les plus fines qui furent jamais exprimées sur la pierre.

Le plus pur exemple de ce style, le Parthénon, renferme plus de
beautés intellectuelles et de perfections esthétiques, dans son ensemble
et dans ses détails, qu’aucun monument du monde.

Cette période qui produisit une Architecture telle que les partisans
du genre classique ou du genre moyen-âge doivent nous permettre de
regarder comme la plus illustre, nous servira comme point de repos
dans ce travail. Cette époque est célèbre à bien d’autres titres, et le
génie de l’Architecture ne prit point une place si distinguée sans être
accompagné des autres arts. La Sculpture et la Peinture étaient alors
à l’apogée de leur gloire, ainsi que la Poésie et la Philosophie.

La période d’HonÈRE, de la Grèce épique, suivie par celle de Pindare
et la Muse lyrique grecque était bien antérieure à celle-ci, qui fut con-
temporaine de la glorieuse ère dramatique d’Eschyle, de Sophocle,
d’Euripide, d’Aristophane; et qui fut rendue encore plus célèbre par
les pures doctrines et l’éclatant exemple du plus grand philosophe de
l’antiquité, Socrate, qui vivait alors à Athènes, et dont le génie pré-
parait l’ère philosophique de Platon et d’Aristote, et celle non moins
brillante de Démosthène et d’Isocrate.

Les styles Grec et Étrusque formèrent le Romain, que M. Hug-
gins défend avec une grande chaleur motivée par les récentes atta-
ques des dépréciateurs de ce style. Parvenu à son apogée sous le siècle
d’Auguste, il fut adopté, des rivages de l’Atlantique à ceux de la mer
Noire et du golfe Persique, et dans tous les pays formant le littoral de
la Méditerranée, toutefois à l'exception de l’Égypte. Ce fut alors le seul
style des peuples civilisés, et malgré tout ce qu’on a pu dire contre lui,
il n’était pas indigne d’un aussi grand éclat.

M. Huggins décrit ensuite le style du centre de l’empire Persan et
passe à la carrière chrétienne de l’architecture.

Sous l’influence du christianisme, de la haine de toutes les associa-
tions du paganisme et de ses nouvelles exigences, naquit le Chrétien-
Roman, dont le style fut formé, à l’époque où le byzantin effectua sa
séparation. Comme le dit Hope, le style Byzantin fut formé par le désir
des architectes de Constantinople, de rompre complètement avec l’em-
pire d’Occident, et de donner à l’architecture du christianisme une
forme tout à fait différente de celle du paganisme. Le Byzantin fut le
style de tous les peuples de l’église grecque et des chrétiens restés en
Orient qui n’embrassèrent pas la foi de Mahomet.

Après avoir donné une description complète de ce style qui, par la
suite, se divise en plusieurs branches distinctes : Y Européen, Y Asiatique-
Occidental, Y Arménien, le Byzantin de Géorgie, ce dernier se rappro-
chant le plus de notre époque actuelle, l'auteur passe au groupe des
styles arabes qui se développèrent en dehors du Byzantin. A cette
classe, se rapportent le Persan, le Syrien, Y Egyptien, Y Espagnol ou
Mauresque, Y Indien et le Turc.

Il donne ensuite une intéressante description de ces styles et les re-
garde comme les plus élégants et les plus raffinés de tous et comme
ayant, grâce aux croisades, exercé une grande influence sur le déve-
loppement décoratif de l’art gothique.

Style gothique. — A l’époque où les rudes attaques des hordes bar-
bares renversèrent l’empire Romain, et pour imiter les édifices de l’an-
cienne Rome, dans la construction des églises chrétiennes, on créa un
nouveau style appelé Gothique qui, pendant quelque temps, fut une
masse informe.

Mais bientôt il s’épura, se ramifia et s’étendit avec la foi qui lui avait
donné naissance, dans les diverses contrées de l’Europe, et apparut sous
des variétés locales, selon le caractère et l’énergie des différents peuples
qui l’adoptèrent.

De même que les langues de l’Europe ont beaucoup emprunté à la
langue latine, de même les styles gothiques se rattachent à l’architecture
romaine.

Le Lombard fut le premier des styles gothiques qui conquit son in-
dépendance, plus tard vint le Germain, le plus beau des styles Francs-
Gothiques, et l’un des plus dignes de représenter le style type de cette
classe.

M. Huggins passe ensuite en revue le développement du gothique

(1) Nous rappelons au lecteur que cette notice est traduite de l’anglais.

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en France, Angleterre, Italie, Espagne, Belgique, Écosse, Irlande; il le
suit dans toutes ses phases jusqu’au moment où sa propagation fut
arrêtée par l’époque de la Renaissance et la reprise de l’art classique,
il n’entend d’ailleurs nullement faire un reproche au système go-
thique quand il exprime sa croyance que ce style ne pouvait venir
qu’à travers les ténèbres artistiques et barbares du moyen âge.

En effet, nul autre peuple que ceux qui n’auraient aucune notion
des règles classiques et sur qui l’autorité des traditions grecques et ro-
maines étaient nulles, n’aurait pu s’affranchir d’une manière si hardie
du style de l’architecture qui était général à cette époque, comme le
firent les Lombards et les autres tribus Gothiques au vr siècle et durant
les siècles suivants.

Le respect des artistes de Rome pour leurs prédécesseurs était trop
grand pour qu’ils pussent rompre avec les proportions de l’architec-
ture Grecque et créer,comme le Gothique, un style si différent en esprit
et en composition.

Cette dévastation barbare du vi° siècle, qui détruisit la civilisation de
l’ancien monde et plongea l’Europe, pour des siècles, dans des ténè-
bres intellectuelles, enfanta le plus grand système d’architecture créé
depuis les Grecs. La venue du faux prophète, progageant au vit' siècle
sa doctrine, l’épée à la main, et portant la désolation dans les plus
belles contrées de notre globe, produisit un autre style, moins gran-
diose que le gothique, mais encore plus élégant et plus raffiné.

L’auteur entre alors dans l’examen critique des styles de moindre
importance : le Roman mélangé, tels que le Sicilien, F Italien gothique,
le Mauresque, le Napolitain et les autres, etc.

Il arrive alors à cette époque de Renaissance qui fit son apparition
au xiiie siècle ; il trace et suit les différentes phases du courant artis-
tique parti de l’Italie moderne à la grande période du xv» siècle, et
continuant d’exercer encore aujourd’hui une influence sur l’architec-
ture moderne.

Puis il termine en faisant remarquer qu’il n’aurait pas donné une
telle attention à ce sujet, s’il n’avait la conviction que la connaissance
des transformations et l’histoire des styles sont d’un grand secours,
sinon absolument nécessaires, pour comprendre parfaitement les prin-
cipes de l’architecture.

(Civil Engineer and Architecl’s journal)
Traduit par A. PROUTEAUX,
Ingénieur Civil.

Projet d’église exposé au Salon de 1861.

Par M. Boileau, Architecte à Paris.

Nous avons publié [Ann Constr., 1856, col. 17,121, PL A9-50) l’en-
semble et les détails de l’Église Saint-Eugène élevée dans le faubourg
Poissonnière en 1855, par M. Boileau, et nous venons signaler au-
jourd’hui à l'attention de nos lecteurs un projet du même architecte
sur le même sujet qui a valu à son auteur une Médaille d’or à l’Expo-
sition des Beaux-Arts de 1861.

Le type dont il s’agit nous a semblé présenter un intérêt particu-
lier; c’est le résumé de longues études spéciales et d’une expérience
acquise dans un grand nombre de constructions analogues, et dans
lequel M. Boileau s’est surtout proposé de faire concorder les exi-
gences du temps actuel avec les ressources que l’industrie moderne
peut offrir aux constructeurs.

Le plan de l’édifice dont la surface est de 3,7A0 mètres a la forme
d’une croix latine, forme qui, en même temps qu’elle exprime le pre-
mier des symboles du christianisme, se prête plus convenablement que
les autres aux exercices du culte.

Pour les grandes solennités, les 5,000 fidèles que l’Église contien-
drait pourraient participer avec une égale facilité aux cérémonies célé-
brées dans le chœur.

Pour les messes dites simultanément, et pour les cérémonies de ma-
riage ou d’enterrement, on aurait quatre églises distinctes, pour ainsi
dire, avec cinq chapelles principales où chaque groupe de fidèles serait
convenablement placé et sans confusion.

Pour les cérémonies destinées à une assistance moins nombreuse, six
autres chapelles secondaires permettraient encore de subdiviser et de
multiplier les services avec ordre.

En tout, onze chapelles et le chœur, non compris la chapelle du
tombeau placée dans la crypte.

Pour l’accès et la circulation, un porche principal et quatre ouver-
tures de dégagement avec tambours et doubles portes, sont complétés
par six escaliers communiquant aux tribunes, aux orgues, aux clochers.

La longueur totale de l’édifice hors œuvre est de 86 mètres; la lar-
geur, prise à l’extrémité des transepts, de 7û mètres, et celle des bras
de la croix à l’extérieur, de 26 mètres. La hauteur du dôme à l’exté-
rieur est de 65 mètres, et celle de chacune des quatre tours ou campa-

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