Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 6.1862

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L'ART INDUSTRIEL. — 0e ANNÉE. — JANVIER-FÉVRIER 1802.

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niles, de h3 mètres. La largeur de la nef centrale est de 12 mètres,
avec une hauteur de voûte de 25 mètres; la largeur des nefs latérales
est de 6 mètres avec une hauteur de voûtes de 20 mètres; le diamètre
de l’espace octogonal, sous le dôme où se trouve le chœur, est de
2A mètres et la hauteur de la voûte ou coupole de 52 mètres.

Cette église serait construite en maçonnerie et métaux combinés, d’a-
près un système analogue à celui qui a été adopté lors de l’érection de
l’église Saint-Eugène, c’est-à-dire au moyen d’une ossature en métal
avec clôtures et remplissages de voûtes en maçonnerie. L’ossature par-
tie en fonte pour les colonnes ou points d’appui isolés à l’intérieur,
ainsi que pour les renforts, encadrements et couronnements à l’exté-
rieur, et partie en fer forgé ou laminé pour les arcs des voûtes, la char-
pente des combles et les armatures des vitraux. La couverture partie
en plomb et en zinc ou en ardoises.

Les colonnes intérieures en fonte conservent, par leur ténuité, l’avan-
tage qui a été apprécié à propos de l’église Saint-Eugène, de pouvoir
embrasser d’un point quelconque l’ensemble de la perspective inté-
rieure de l’édifice, ce qui permet aux fidèles de voir et d’entendre les
offices quelle que soit la place qu’ils occupent dans les nefs.

De même aussi, l’ossature des voûtes et des combles en fer consacre la
suppression des arcs-boutants et de toutes les anciennes superfétations
de construction servant d’étais au dehors, tout en donnant partout un
accès facile entre les voûtes et la couverture, pour les visites d’entretien.

Une modification importante, apportée à la disposition générale du
dôme, évite l’inconvénient inhérent à presque tous ceux que l’on con-
naît, de former intérieurement une sorte de puits où le rayon visuel
ne peut pénétrer. Cette amélioration consiste en quatre avant-corps
percés de fenêtres, et formant ensemble les bras d’une croix grecque,
qui dégagent les quatre faces du dôme répondant aux nefs centrales à
l’intérieur en même temps qu’ils l’accotent à l’extérieur au profit de la
la stabilité. Il en résulte que, vue à une certaine distance, la silhouette
du dôme serait plus accidentée, et qu’en pénétrant dans l’église, le
spectateur verrait le sommet de la coupole et sa décoration.

Les conditions d’acoustique, déjà très-favorables à cause de la dis-
position des voûtes, seraient encore plus appréciables par suite de la
position adoptée pour les orgues qui se placeraient dans deux des
tours, en rayonnant autour du chœur.

Le style de la décoration, motivé par l’adoption de l’arc en plein
cintre, n’est pas purement archéologique, il est étudié de manière à
s’appliquer à la ténuité rationnelle des formes motivées par la solidité
des matières introduites, fer et fonte, tout en conservant à l’ensemble
le caractère religieux indispensable, caractère que quelques personnes
avaient déclaré incompatible avec l’emploi du métal dans les construc-
tions religieuses. On pense que les dessins exposés répondent victo-
rieusement à cette objection.

L’économie fait partie des progrès que réaliseraient le type d’Église
dont il s’agit. Il est démontré par les résultats obtenus à l’église Saint-
Eugène, que l’application bien comprise du métal aux édifices voûtés
réduit la dépense par la suppression des massifs de soutènement en
maçonnerie, d’une manière d’autant plus sensible que la superficie de
la construction est plus grande.

En résumé, d’après l’expérience, comme d’après les devis les plus
exacts, le système de construction adapté au type d’Église qui vient
d’être décrit, ne donne lieu qu’à près de la moitié de là dépense qu’oc-
casionnerait l’emploi des autres systèmes de construction, usités jusqu’à
ce jour.

L’auteur de ce projet-type d’Église a, du reste, consigné le résultat
de ses recherches et de ses études dans un ouvrage qu’il se propose
de publier incessamment, et dont le titre suivant explique suffisam-
ment la portée et le but :

Le Pansé et l'Avenir de l’Art monumental, classification historique et
universelle des progrès de l’Architecture, suivie d’un essai d’invention
architectonique.

REVUE PHOTOGRAPHIQUE.

Procédé de photographie sur papier, sur verre,

sur émaux, à l’aide de poudres colorées,

Par M. Alph. Poitevin.

Dans notre Revue photographique de Juillet-Août 1860, col. 30,
nons avons décrit le procédé à l’aide duquel M. Alph. Poitevin avait
appliqué la Photographie à la Lithographie; ce procédé ingénieux re-
çut de M. Remercier, Imprimeur, une application industrielle. Loin de
s’en tenir à ce résultat déjà très-remarquable, M. Alph. Poitevin con-
tinua ses recherches, et, aujourd’hui, il peut, à l’aide de poudres colo-

rées quelconques, exécuter des photographies sur verre, sur porcelaines
et sur émaux.

Nous analysons le rapport fait par M. le Comte Olympe Agüado, au
nom de la Commission chargée par la Société française de Photogra-
phie, d’examiner le nouveau procédé de M. Alph. Poitevin.

AI. Alph. Poitevin, avait apporté dans l’atelier de A1. le Comte Olympe
Agüado, quelques glaces préparées depuis un temps déjà assez long,
un mois environ, de la manière suivante : On prépare une dissolution de
10 grammes de perchlorure de fer dans 100 grammes d’eau, d’une
part; de l’autre, une dissolution de 10 grammes d’acide tartrique dans
100 grammes d’eau; on mélange ces deux dissolutions à volumes égaux;
puis on verse le liquide obtenu de la sorte sur la plaque de verre à sen-
sibiliser, on sèche et l’on conserve à l’obscurité. Le cliché à reproduire
est placé sur une des glaces et exposé 8 minutes au soleil. Après ce temps
on rapporte le châssis dans le laboratoire : on voit, à ce moment, sur la
surface sensible une trace d’image qui se dessine en blanc sur le fond
un peu jaune de la préparation; mais en quelques secondes, par l’ef-
fet de l’humidité atmosphérique, l’épreuve, vue sous un certain angle
de réflexion, s’accuse d’une manière beaucoup plus nette : c’est à ce
moment qu’on la fait ressortir avec une grande facilité, au moyen d’un
blaireau que l’on trempe dans une poudre impalpable (qui peut être
de telle couleur qu’il plaît à l’opérateur de choisir). On frotte l’é-
preuve en tous sens, la poudre reste adhérente en plus ou moins grande
quantité, partout, où la lumière a frappé plus ou moins vivement, en
accusant les moindres détails avec une très grande finesse; en conti-
nuant de frotter avec le blaireau, puis projetant légèrement l’haleine
sur les parties trop pâles, on peut faire monter le ton ; il ne faut
pourtant pas abuser de ce moyen, car si on le renouvelait deux ou trois
fois au même endroit, les blancs de l’épreuve se trouveraient voilés.
Lorsque l’épreuve est suffisamment développée, on la recouvre d’une
couche de collodion normal épais, on lave à l’eau distillée, puis à l’eau
acidulée pour séparer plus facilement le collodion de la glace, on dé-
tache ensuite cette couche de collodion sur une première feuille de
papier sans apprêt. Cette même couche de collodion sur laquelle se
trouve l’image est reportée sur une feuille de papier gélatiné à laquelle,
cette fois, elle reste parfaitement adhérente.

Ce qui caractérise le procédé de M. Alph. Poitevin et frappe au
premier abord, c’est la simplicité des manipulations et le grand éclat
qu’il a su conserver aux blancs. Avec un semblable procédé on peut
faire rapidement un grand nombre d’épreuves indélébiles, puisqu’elles
peuvent être formées au charbon. On peut aussi varier les colorations
suivant les épreuves, reproduire avec exactitude les dessins à l’encre,
au crayon, à la sanguine, et même l’on pourrait obtenir, sans aucun
doute, des épreuves de plusieurs teintes.

Chambre Moire Miicroseoplc|ue de M. J. ilinosen.

On a remarqué à l’Exposition de Photographie de 1861, une collec-
tion de bijoux munis d’un œilleton à travers lequel on était tout sur-
pris de voir des épreuves photographiques paraissant d’une grande di-
mension ; ces bijoux ont reçu le nom de Stanopes, et leur disposition
est des plus simples. L’objectif consiste en un tube représentant en pe-
tit, celui d’une lunette, à une extrémité se trouve un morceau de verre
sur lequel est appliqué l’épreuve positive, l’autre extrémité est munie
d’un oculaire consistant en une lentille biconvexe ; l’épreuve étant pla-
cée entre le foyer et le centre optique de l’oculaire, on aperçoit l'image
virtuelle de l’épreuve.

L’appareil qui permet d’obtenir ces épreuves microscopiques avec le
plus de facilité est celui qu’a perfectionné M. J. Duboscq.

On place la glace collodionnée et sensibilisée dans un cadre rectangu-
laire qui peut être animé d’un mouvement horizontal. D'un côté de ce
cadre se trouve un objectif de microscope composé qui peut être animé
d’un mouvement vertical de haut en bas; on regarde de l’autre côté
du même cadre par un oculaire de microscope muni d’un micromètre
consistant en 5 millimètres divisés en 50 parties égales.
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