Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 6.1862

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L’ART INDUSTRIEL. — 6« ANNÉE. — JANVIER-FÉVRIER 1862.

mica soit bien sèche avant d’y verser le collodion ; on verse celui-ci de
manière à le faire déborder partout, on sensibilise, on lave, on applique
le tannin comme à l’ordinaire, et quand la feuille est sèche on la dé-
tache en passant en dessous une lame de canif, on la place dans une
boîte spéciale pour la conserver préparée. On l’expose comme si c’était
une glace, seulement le temps de pose est un peu moins long. On dé-
veloppe l’épreuve en plaçant la fèuille de mica sur le fond d’une cu-
vette en verre, le collodion en dessus, en la couvrant d’une solution
saturée d’acide gallique à laquelle on aura ajouté quelques gouttes
d’acéto-nitrate d’argent, le développement se fait lentement. Lorsque
le négatif est venu à point, on rejette l’acide gallique, on lave l’épreuve
à grandes eaux, et on l’immerge dans l’hyposulfite de soude pour la
fixer. Les négatifs développés à l’acide gallique sont en général plus
doux, plus harmonieux qu’en se servant d’acide pyrogallique. Personne
ne songerait à opérer sur mica avec du collodion humide,- sa valeur
capitale consiste dans son emploi pour le collodion sec, et dans ce cas
il est très-propre à remplacer le verre.

Emploi des silicates solubles en gihotographie.

M. Garnerie propose l’emploi d’une couche mince de silice comme
enduit photographique. Il prétend que cet enduit possède une grande
sensibilité, et, de plus, qu’il la conserve.

Voilà comment on prépare ce collodion d’une nouvelle espèce : On
ajoute à une solution convenablement étendue de silicate de potasse ou
de soude, une autre solution également étendue au degré voulu d’acide
hydro-fluosilicique, de façon à rendre le liquide complètement neutre
au papier de tournesol. En procédant ainsi, il se forme un précipité
d’hydro-fluosilicate alcalin qui flotte dans le liquide, alors composé
d’une solution aqueuse de silice qui conserve sa fluidité parfaite pen-
dant quelques minutes, parce que le silicate alcalin a été dissous dans
une quantité d'eau suffisante. On ajoute à ce liquide quelques gouttes
de la solution de l’iodure employé, on agite le mélange, puis on le
filtre. En quelques secondes on obtient une solution de silice iodurée,
avec laquelle on peut couvrir les glaces comme si c’était du collodion ;
on les place ensuite dans une position parfaitement horizontale, il ne
faut pas attendre qu’elles soient sèches, mais il faut opérer dès que le
liquide déposé a pris la consistance d’une gelée ferme. Alors on sensi-
bilise, on expose, on développe et on fixe comme pour le collodion hu-
mide.

Application de la photographie

à la construction des micromètres.

M. Clarence Morbie, de New-York, a eu l’idée ingénieuse de réduire
par la photographie, aux dimensions requises pour les instruments mi-
crométriques, une grande échelle divisée avec précision. Une échelle
de 10 pouces divisée en pouces et dixièmes de pouce, fut aussi réduite
à la longueur de 1/2 pouce ; de sorte qne les plus petites divisions du
micromètre correspondaient à 1/200 de pouce, environ 1 millimètre.
Nous donnons certainement notre approbation à cette méthode aussi
simple qu’économique.

Principales précautions à prendre

pour éviter les accidents qui se manifestent souvent
dans le procédé de collodion humide.

M. Adolphe Martin, professeur de physique au collège Sainte-Barbe,
s’est principalement occupé des causes d’où provenaient nombre d’acci-
dents qui perdaient complètement les épreuves faites en collodion hu-
mide ; nous croyons utile de communiquer à nos lecteurs les remarques
essentielles qui ont été présentées par l’auteur à la Société Française
de photographie.

L’éther et l’alcool pris chez de bons fabricants ne peuvent inspirer
aucune crainte, si l’éther a été rectifié à 62°, et si l’alcool marque 40°.
Quant au coton, il n’en est pas de même, vu qu’il en existe plusieurs
variétés : le véritable coton photographique est celui qui a été préparé
avec quatre équivalents d’acide nitrique; il se dissout dans l’éther mé-
thylacétique et dans le mélange d’éther et d’alcool ; cette dernière so-
lution laisse par évaporation une couche transparente plus ou moins
grande dans le mélange des deux liquides.

Le dernier élément constituant du collodion est l’iodure soluble qu’on
y fait entrer. Les iodures ont une grande tendance à se combiner avec
une certaine quantité d’oxyde de la même base, de manière à former
un oxy-iodure. Les oxy-iodures solubles dans l’eau sont décomposés
par l’alcool à 40", si l’oxyde est insoluble dans ce liquide ; c’est ce qui
a lieu pour le cadmium et le zinc ; la potasse étant soluble dans l’alcool,
l’oxy-iodure se dissoudra et la potasse réagira sur le coton pour lui
faire subir les altérations mentionnées ci-dessus. Aussi les collodions à

l’iodure de potassium sont-ils toujours instables, et le photographe dé-
sireux d’éviter toute cause d’accidents devra-t-il le proscrire d’une ma-
nière absolue de la préparation de son collodion, ainsi que tout iodure
à oxyde soluble dans l’alcool.

Il y a un autre motif qui doit faire proscrire l’iodure de potassium :
c’est que l’on fait souvent entrer des bromures dans le collodion, et
que par double décomposition il se forme du bromure de potassium
presque insoluble dans l’éther et l’alcool, de telle sorte qu’il se forme
un précipité qui se rassemble difficilement au fond du flacon et amène
sur les épreuves ces petits points blancs qui désespèrent si souvent les
opérateurs.

M. A. Martin, s’appuyant sur ce que l’odure d’ammonium perd faci-
lement son excès d’ammoniaque, propose la préparation suivante pour
le collodion: Dans 150 centimètres cubes d’alcool à 40° on fait dissou-
dre 5 grammes d’iodure de cadmium et 0Sr.4 de bromure de cadmium ;
on laisse reposer la solution, qui donne un dépôt gélatineux d’oxyde de
cadmium, puis on la filtre et on la verse dans 350 centimètres cubes
d’éther rectifié à 62°. Si l’éther n’est pas acide, le mélange restera inco-
lore ; on lui donnera, au moyen d’une goutte ou deux d’une dissolution
d’iode alcoolique, une couleur jaune paille faible, puis on y dissoudra
5 grammes de coton azotique, analogue à celui dont nous avons parlé
plus haut, on agitera, puis on laissera reposer.

Le bain d’argent préparé comme il suit, paraît être dans de bonnes
conditions pour la réussite des épreuves. On dissout dans 250 grammes
d’eau distillée 40 à 50 grammes d’azotate d’argent, on y verse quelques
gouttes d’une dissolution alcoolique filtrée d’iodure de cadmium, de
manière qu’il reste un petit excès d’iodure d’argent non dissous, puis
on ajoute les 250 grammes d’eau distillée qui doivent compléter le bain;
une partie de l’iodure dissous se précipite de nouveau, on filtre à deux
reprises, et le bain est prêt à servir.

L’agent révélateur, préparé comme il suit, remplit le mieux possible
les conditions de n’agir sur le nitrate d’argent que dans les endroits
impressionnés par la lumière; de pencher la couche de manière à agir
partout où la lumière a exercé son action; de ne commencer à agir
qu’au bout de quelques secondes afin que l’opérateur puisse verser le
liquide sur la glace sans qu’il y ait de lignes de temps d’arrêt.

On fait dissoudre 1 gramme d’acide pyrogallique dans 15 centi-
mètres cubes d’acide acétique cristallisable, et 5 centimètres cubes
d’alcool à 40°. Cette dissolution se conserve dans l’obscurité; pour
l’employer on en verse 5 centimètres cubes dans 100 centimètres cubes
d’eau distillée.

Pour développer au sulfate de fer, on fait dissoudre d’une part, 100
grammes de sulfate de fer dans 250 grammes d’eau distillée, et d’autre
part 5 centimètres cubes d’éther acétique et 10 centimètres cubes d’al-
cool à 40°dans 250 grammes d’eau; on mélange ces deux dissolutions,
et l’on emploie le liquide résultant comme agent révélateur.

Le fixage dans les deux cas a lieu à l’hyposulfite de soude saturé.

Photographie en relief sur gutta-percha.

M. Cümming vient de faire connaître, pour obtenir des épreuves
offrant des bas-reliefs matériels, un procédé que nous nous empressons
de signaler.

Il est encore trop récent pour que nous ne réservions pas, pour le
moment, notre opinion sur sa valeur; aussi ne ferons-nous que donner
aujourd’hui les quelques détails qui suivent:

On verse une couche de gomme arabique, délayée dans une disso-
lution de bichromate de potasse, sur une feuille de gutta-percha extrê-
mement mince, et serrée dans un cadre par ses quatre côtés. On laisse
sécher cette couche, et on l’expose à la lumière sous un cliché ordinaire;
puis on enlève la gomme à l’eau et l’on sèche.

Cette feuille possède alors des parties élastiques et d’autres qui ne le
sont pas; de sorte qu’après avoir mis le cadre de niveau, l’épreuve en
dessous, et l’avoir couverte d’eau chaude, on voit la gutta-percha se
soulever là où elle n’est pas recouverte de gomme et les grands blancs
se transformer par suite en véritables bas-reliefs.

Ernest Saint-Edme,
Préparateur de Physique
au Conservatoire des Arts et Métiers.

C.-A. OPPERMANN, Directeur,

il, rue des Beaux-Arts, à Paris.

Paris. — Imprimé par E. Thonot et Ge, rue Racine, 26.
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