Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 6.1862

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L’ART INDUSTRIEL. — 6* ANNÉE. — MARS-AVRIL 1862.

PEINTURE DECORATIVE.

Peintures au ponsif

pour la décoration des appartements en Italie.

Pl. 10.

Nous avons représenté PL 10, les dessins de quatre tapisseries que
nous avons exécutées à Bologne. Elles sont obtenues à l’aide d un
procédé particulier que sa simplicité et son bon effet en exécution nous
engagent'à faire connaître.

Ce genre de tapisseries, dites Tapisseries au ponsif, se brossent à la
détrempe sur le mur de l’appartement, avec des gabarits en papiers
carte, découpés suivant le dessin que l’on désire Us sont préalablement
plongés dans l’essence de térébenthine ou dans une huile quelconque,
et, sur leurs découpures, on passe ensuite de la couleur à la brosse
ou au pinceau large.

On applique d’une main ce patron contre le mur, en ayant bien
soin de le placer entre des repères indiqués d’avance, et on passe de
l’autre la couleur variable que l’on veut avoir.

On peut obtenir ainsi, à très peu de frais, de très jolis effets. Nous
avons fait des chambres de 7 à 8 mètres de côté, dont la tapisserie n’a
coûté en tout que 8 à 10 fr.

Indépendamment d’une économie incontestable, ce procédé offre
encore sur les papiers de tenture, divers avantages qui le rendent pré-
cieux dans certains pays. Il n’est pas altéré par la chaleur; il ne se
décolle pas à l’humidité; il donne aux appartements une fraîcheur
beaucoup plus grande et surtout il n’offre pas de refuge aux insectes
qui dans quelques contrées infestent les maisons et incommodent si
gravement les habitants.

G. A. OppermaiXN,

Paris. — 1" Mars 1802.

REVUE PHOTOGRAPHIQUE.

lia Photographie à l’Exposition Universelle de iSttî.

Le Comité, chargé d’apporter son aide aux commissaires Royaux,
pour l’aménagement de la section photographique h l’Exposition in-
ternationale de 1862, est ainsi composé : Président: M. le comte de
Caithness. Membres : MM. Rater, Diamoind, Pierre le Nèvk Foster.
On ne pouvait mieux choisir dans l’intérêt de la photographie, puis-
que le comité se trouve ainsi entièrement composé de membres du con-
seil de la Société Britannique de Photographie. Il y a donc tout lieu
d’espérer que la photographie sera bien représentée dans le prochain
concours de toutes les nations. Nous pouvons déjà même prédire que
la photographie française le sera dignement.

Organisation de la Photographie militaire

pour Vexpédition du Mexique.

La photographie est appelée décidément à jouer un rôle important
dans les expéditions militaires. On avait emmené en Chine, avec l'Etat-
Major trente photographes, formant plusieurs brigades, indépendam-
ment de celles qui ont déjà été organisées dans chaque corps, et dont
nous avons parlé dans une de nos précédentes Revues.

Ce précédent vient d’être suivi lors de l’expédition du Mexique, et
M. le général Latrirle de Lorejncez, a emmené avec lui un personnel
de photographes munis d’appareils de toutes les formes et de toutes
les dimensions.

Note sur l’état actuel «le la Photographie

en Amérique.

La production des épreuves positives sur verre,est suivie en Amérique
sur une plus grande échelle et avec plus de succès qu’en France. On
leur donne le nom d’épreuves ambro/r/pes (1). Jusqu’à ces derniers temps
le procédé ambrotype était l’objet d’une pratique considérable, mais
son succès commence à être dépassé par le portrait carte de visite, qui
est très-répandu de ce côté de l’Atlantique comme de l’autre.

La particularité principale des formulesdes Américains et de leur mode
d’opérer, consiste dans l’emploi d’un bain de nitrate d’argent con-
centré (2Er.9 pour 31e,.09 d’eau), et d’un collodion fortement ioduré
et bromuré, (0cr,3S8 d’iodure par 31er,69 d’eau); ils ajoutent de plus,
dê l’acide acétique au bain d argent, ainsi qu’au bain révélateur.

Le terme ambrotype, inconnu en Europe, fut employé pour la pre-

(1) be atj.6fOToç, immortel.

mière fois, par M. Cutting, de Boston. Il caractérisait par cette expres-
sion, le procédé de positifs sur verre, pour lequel il prenait alors
un brevet, voulant spécifier de cette manière la solidité des épreuves
obtenues à l’aide de ce procédé.

On fait, en ce moment, un grand nombre de funnygraphies ; c’est
ainsi que l’on nomme, aux États-Unis, ces sortes de caricatures repré-
sentant une grosse tête posée sur un petit corps. La tête est générale-
ment extraite d’un portrait photographique, et la corps rapetissé y est
* ajouté artistiquement raccordé au moyen d’un pinceau ; on produit
un cliché de cette épreuve que l’on tire ensuite comme à l’ordinaire.

L’emploi des sels de fer, pour développer les clichés, est universel
parmi les photographes américains ; lorsqu’ils ont besoin d’une plus
grande vigueur de ton, ils ont recours au procédé suivant :

Lorsque l’épreuve est bien venue, par suite de la première application
du sel de fer, on la lave, puis, on verse à la surface de la glace, une
petite quantité du bain d’argent, et l’on traite de nouveau par la liqueur
ferrugineuse. On peut recommencer ce mode d’opération jusqu à ce
que l’épreuve soit renforcée au degré convenable.Quelques photogra-
phes américains terminent leurs négatifs développés au fer en y versant
un peu de sulfhydrate d’ammoniaque, ce qui fait passer du gris au brun
la couleur du dépôt, qui est rendue aussi moins perméable à l’action
des rayons solaires. D’autres emploient le bichlorure de mercure; quant
à l’acide pyrogallique, son usage est complètement abandonné.

Jusqu’à ces derniers temps, le papier ordinaire était généralement
en usage, parce que les Américains faisaient toujours virer leurs
épreuves au sel d’or qui, on le sait, ne convient nullement à ce dernier
genre de papier albuminé. Us emploient ce genre de papier depuis
qu’ils ont adopté avec succès une méthode que les photographes fran-
çais jugeaient inapplicable aux papiers albuminés, nous voulons parler
du procédé au nitrate d’argent ammoniacal.

Le bain de nitrate d’argent ammoniacal, tel que l’ont expérimenté
jusqu’ici les photographes, possède une tendance à dissoudre l’albu-
mine qui recouvre le papier. Mais les Américains, pour appliquer cette
solution sur le papier albuminé, la font plus concentrée que d’habi-
tude et y ajoutent (1 d’éther pour 16 de solution) ; dans cet état, le
bain ne dissout plus l’albumine.

Les avantages de ce procédé consistent dans une richesse et une pro-
fondeur de tons beaucoup plus considérable, et aussi dans une plus
grande sensibilité.

Les agrandissements sont aussi fort goûtés en Amérique ; on emploie
à cet effet la chambre H- oadward.

La photographie paysagiste est peu connue.

Le caractère le plus remarquable des établissements photographi-
ques américains est la grandeur de leurs ateliers vitrés, quand on }es
compare à ceux de nos photographes français. Ces vastes pièces, avec
leur atmosphère si claire, donnent, on le comprend, des facilités par-
ticulières pour obtenir de brillantes épreuves photographiques.

Oliservations tle M. Manuel l'isv

sur la Photographie instantanée,

On a déjà publié un grand nombre de procédés relatifs à cette ques-
tion, et les résultats déjà obtenus ne laissent pas que d’être assez satis-
faisants. On peut citer à l’appui, ces épreuves qui représentent des ca-
valiers lancés au galop, des voitures en marche, des navires voguant à
toute vapeur, et des panoramas plus ou moins animés.

Le reproche le plus grave que l'on puisse adresser à ces sortes d’é-
preuves, c’est le voile et le diffus qui les accompagnent toujours. A quoi
cela tient-il ? On l'ignore encore, et la question a besoin d’être beaucoup
étudiée pour que. l’on puisse atteindre un plus grand degré de perfection.

Nous croyons donc utile de publier les remarques faites sur ce sujet
par M. Samuel Fry dans The Photographie-Aetns.

La chambre noire construite par M. Samuel Fry pour les épreuves
instantanées, est munie d’une paire d’objectifs stéréoscopiques doubles,
et porte une planchette mobile sur laquelle on peut ajuster un des ob-
jectifs simples de M. Dallmeyer. Ce dernier couvre une glace de
7 pouces î/à sur h 1/2, et embrasse un champ de 65°. On obtient ainsi
une épreuve d’un aspect agréable tout à la fois, par l’angle consi-
dérable qu’elle comprend et par sa dimension, qui est parfaitement
calculée pour la reproduction de la mer, des nuages et des paysages,
présentant des fonds montagneux ou boisés. L’exposition, avec cette
lentille, est, pendant l’été, sensiblement instantanée, et permet d’ob-
tenir des nuages et des elïets aériens comparables à ceux présentés par
les épreuves stéréoscopiques; la variation du foyer est de 3 à 7 pouces,
et peut s’adapter aux deux espèces de lentilles.

M. Samuel F’ry recommande un collodion peu épais bromo ioduré
et mélangé longtemps à l’avance. On obtient ainsi des résultats d’une
sensibilité extrême, et une absence complète de taches, le produit étant
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