Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 6.1862

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L’ART INDUSTRIEL. — 6« ANNÉE. — JUILLET-AOUT 1862.

AO

tion de cristaux aiguillés d’acétate d’argent qui restent soit à la sur-
face des épreuves, soit à la surface des clichés, et qui peuvent amener
ainsi la perte de l’un et de l’autre.

M. Davanne a été conduit à cette observation par un accident qui
lui est survenu personnellement dans le tirage de plusieurs épreuves
positives, et la préparation de quelques clichés négatifs.

Le travail exécuté par M. Nadar prouve d’une manière formelle que
l’application de la lumière électrique à la photographie n’est pas une
idée purement fantaisiste; il montre de plus de quelle importance
peuvent être les services rendus aux arts par la Photographie. De
quelle autre manière, en effet, aurait-on obtenu cette collection si
curieuse de vues des Catacombes? Ces photographies peuvent être
transformées maintenant en gravures ou en peintures. Nous ne pou-
vons donc que répéter ici ce que nous avons eu déjà l’occasion de
dire : Les peintres et les dessinateurs doivent avoir recours à la Pho-
tographie, au lieu de la repousser; c’est à elle à préparer les matériaux
pour leurs œuvres, car son cachet particulier est l’exactitude; c’est aux
artistes de composer leurs œuvres et de les marquer au coin de leur talent.

M. Nadar a aussi composé une collection d’une quarantaine de vues
prises dans l’Ossuaire ; ce sont des monuments historiques, des vues
d’ossements, des rues, des chapelles mortuaires avec leurs inscriptions.

En parcourant cet album, on exécute très-exactement une visite aux
Catacombes, visite accomplie par peu de personnes, soit à cause des
formalités à remplir, soit par appréhension du spectacle, que l’on ren-
contre à chaque pas dans ces régions d’une étendue aussi considérable.

Vues photographiques prises dans les catacombes

r de Paris.

Par M. Nadar.

Les Catacombes qui s’étendent, comme on sait, sous la rive gauche
de la Seine, se composent de deux parties bien distinctes : les Car-
rières et T Ossuaire.

L’Ossuaire, vaste réceptacle des ossements des générations qui tour
à tour ont peuplé Paris, est seulement intéressant au point de vue
historique; c’est donc cette région des Catacombes qui a été photo-
graphiée par M. Nadar dans toute son étendue, qui est évaluée à
11,000 mètres carrés.

L’exécution de ce travail a présenté toutefois bien des difficultés
auxquelles on ne s’attendait pas.

La source lumineuse était la lumière électrique; de là l’emploi d’une
pile, d’appareils photo-électriques, de fds conducteurs, etc.; de plus, le
lieu se trouvait peu favorable à ce genre d’expériences. La pile dut
être placée au dehors des Catacombes, à cause du danger qu’occasion-
nait la concentration des vapeurs nitreuses dans cet endroit peu élevé
et mal aéré.

L’éloignement de la pile exigea l’emploi de fds très-longs (pas moins
de 300 mètres), dont la conductibilité se trouva de suite dans de très-
mauvaises conditions par suite de l’humidité qui règne dans ces sou-
terrains, à tel point que la dérivation du courant s’opposa souvent à
la marche des appareils. Pour obtenir un éclairage suffisant, il fallut
en outre avoir recours à deux appareils.

Le tirage des négatifs se fit entièrement dans les Catacombes, et les
difficultés à vaincre furent si grandes que, pour obtenir quarante
épreuves, on dut opérer pendant plus de trois mois.

Nouvelle application de la Photographie.

Voilà déjà plusieurs fois que l’on appelle l’attention de anthropolo-
gues sur l’importance des services que peut leur rendre la photogra-
phie. De hardis voyageurs n’ont pas craint de s’aventurer parmi les
tribus les plus sauvages et jouissant de la renommée d’anthropophages.
Là, ils ont osé installer leurs appareils, leur chambre noire, et faire
poser ceux qui leur paraissaient les plus remarquables au point de
vue du type sauvage. Généralement les sauvages marquaient un éton-
nement profond, et ils semblaient frappés d’une crainte superstitieuse
pour les hommes blancs qui les dessinaient ainsi par magie. M. Ga-
vet, Missionnaire, a photographié, dans son dernier voyage, les sau-
vages de la Nouvelle-Zemble, et en a expédié des épreuves à la So-
ciété française de Photographie. M. Gavet et d’autres missionnaires
ont exploité cette terreur superstitieuse des sauvages pour leurs ap-
pareils et s’en sont fait une arme puissante pour décider leur conver-
sion. Qui se serait jamais douté que la photographie servirait un jour
à la propagation du christianisme?

Nous apprenons aussi que M. IIammerschmitz vient d’envoyer du
Caire à Paris un certain nombre d’épreuves représentant les princi-
paux types égyptiens.

Le travail qui est entrepris dans ce sens est à la fois utile et curieux ;

ce sera un Album intéressant à la fois pour les artistes et pour les sa-
vants, qui renfermera les principaux types des peuples actuellement
répandus sur la surface du globe.

Fabrication d’un nouveau collodion (aleolènc).

On a composé dans ces derniers temps un nouveau collodion dési-
gné sous le nom d'alcolène que l’on prépare de la manière suivante :

On met successivement dans un vase de demi-litre de capacité 120 gr.
d’acide sulfurique, 100 gr. d’acide nitrique. On mêle bien les acides
en les remuant avec un agitateur de verre, et pendant que le mélange
est encore au plus haut degré de température, on place le vase dans
une bassine dans laquelle on verse autant d’eau bouillante qu’il en
faut pour faire presque flotter le vase. La température des acides mé-
langés s’élèvera alors à environ U 5°.

On place ensuite dans le mélange du coton préalablement divisé en
petites touffes plates. Le meilleur moyen est de faire jeter ces petites
parcelles de colon une à une dans le vase, tandis qu’on les immerge
et qu’on les remue dans le liquide avec une couple de baguettes de
verre. Le coton doit être de la meilleure qualité, bien cardé et bien
blanc comme celui que l’on emploie pour la chirurgie. On n’en met pas
plus qu’il n’en faut pour pouvoir le manipuler aisément dans le liquide,
et on le laisse séjourner pendant cinq minutes à partir de l’immersion
de la dernière touffe. On enlève alors le vase de la cuvette d’eau
bouillante, on verse rapidement les acides dans une grande bouteille,
et Ton transporte enfin le pyroxyle dans un seau d’eau propre, où on
le rince pendant quelques secondes; puis on change l’eau et Ton répète
ce lavage à diverses reprises.

Enfin, on laisse le pyroxyle baigner pendant toute une nuit dans
l’eau, pour le laver encore à plusieurs eaux, le jour suivant, et l’éten-
dre ensuite sur une table où il doit sécher spontanément. Quand il est
sec on pourra le faire dissoudre dans l’alccol. Pour cela, on verse
dessus jusqu’à ce qu’il soit couvert, de l’alcool absolu. On agite bien
le flacon, et en quelques minutes la dissolution est complète. On iodure
en ajoutant un des iodures ou bromures employés d’ordinaire, dissous
dans l’alcool dans la proportion ordinaire, c’est-à-dire une partie d’io-
dure pour trois d’alcolène normal; le jour suivant, on peut en faire
usage, ou le conserver pendant longtemps sans qu’il se détériore.

Le nouveau composé ainsi obtenu mérite de fixer l’attention, car il
pourra rendre sans doute de grands services, moins peut-être pour
remplacer le collodion que pour être ajouté avec avantage au collo-
dium ordinaire qui ne donnerait plus de bons résultats.

Fondation d’un prix poux* la découverte d’un procédé

de collodion sec instantané.

Jusqu'à ce jour toutes les épreuves dites instantanées ont été obte-
nues à l’aide d’un collodion humide; on comprend que ce serait un
grand perfectionnement que d’atteindre ce résultat avec un collo-
dion sec.

Quelques résultats déjà obtenus ne permettent pas de douter de la
solution future du problème.

Désireuse de contribuer au progrès de l’art photographique dans la
limite de ces ressources, la Société photographique de Marseille a,
décidé la création d’un concours universel relatif à la découverte
d’un collodion sec instantané, c’est-à-dire d’un collodion qui, employé
sec, permettrait d’obtenir en plein soleil la reproduction d’une rue en
mouvement.

Le prix de ce concours, qui sera clos le 31 Décembre 1863, sera
une médaille d’or de 500 fr.

Les envois destinés à ce concours devront être adressés franco à
M. Léon Vidae , Secrétaire de la Société. Us seront reçus du
1" Juin 1862 au 15 Août 1863.

Ces envois consisteront en glaces sensibilisées, contenues au nombre
de douze, dans une boîte à rainures parfaitement close et cachetée
(glaces de 9 X 20).

Une notice expliquant : 1° la nature du procédé, 2° le mode de dé-
veloppement, devra accompagner l’envoi.

Un programme détaillé des conditions du concours sera remis à qui-
conque en adressera la demande au Secrétariat de la Société.

Ernest Saint-Edme,
Préparateur de Physique
au Conservatoire des Arls-et-Métiers.

C. A. OPPERMANN, Directeur,

il, rue des heaux-Arts, à Paris.

Tari».—Imprimé par E. Thcnot et O, Î6, rue Racine.
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