Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 6.1862

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L’ART INDUSTRIEL. — 6e ANNÉE.

NOVEMBRE-DÉGEMERE 18(52.

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nombreux amours qui l’ont désarmé, et entouré de plusieurs faunes et
bacchantes. Dans la troisième, F'ulcain montre à Thétis les armes d’A-
pollon, parmi lesquelles un bouclier, sur lequel sont représentés le zodia-
que, Apollon et les neuf Muses. La seconde peinture, celle de l’Hercule
ivre, passe, à l'égard du dessin et du coloris, pour l’une des plus belles
fresques anciennes que l’on connaisse. Immédiatement après ce tricli-
nium, on a rencontré une autre chambre dont les murs offrent sur un
fond noir une ornementation dans le style Égyptien, et un certain
nombre de petites peintures sur le parquet. A l’entrée de cette maison
est l’inscription : Salve Lucro. Le bâtiment qui vient ensuite est une
taverne avec une inscription et un éléphant peint sur la muraille exté-
rieure, comme une enseigne.

A. Cassagnes.

TRAVAUX DIOCÉSAINS.

Église anglicane du Boulevard Malesherbes. — On construit actuelle-
ment, aux abords-du Boulevard Malesherbes, une église anglicane dont
la façade, composée dans le style gothique des premières années du
xv° siècle, est malheureusement située de manière que l’on n’en
puisse que difficilement saisir l’ensemble. Elle se compose d'une porte
ogivale surmontée d'une rosace ayant pour tangente supérieure la cor-
niche séparative du clair-étage. La travée médiane est encadrée par des
pilastres ressortis qui s’élèvent jusqu’au-dessus de l’entablement, et sup-
portent le pignon que termine un trèfle fleuronné en croix; c’est le
portail proprement dit. De chaque côté de cette porte, une baie en
ogive, ouverte depuis le soubassement jusqu’à la corniche, occupe cha-
cune des travées latérales. Cette base est coupée, au quart de sa hau-
teur, par un accoudoir qui forme une ouverture inférieure tiercée par
des meneaux.

Au-dessus de la corniche règne le clair-étage, sorte d’attique, percé
de douze baies accouplées, et surmonté d’une galerie en acrotère. A
droite et à gauche, l’édifice est flanqué de tours octogonales en saillie
simulant des clochers; mais au lieu d’avoir dans leur partie supérieure
des ajours garnis d’abat-sons, elles sont décorées sur chaque face d’ar-
cades aveuglées d’une grande délicatesse.

Église Saint- Germain-VAuxerrois. — On vient de commencer à
gratter la façade de Saint-Germain-l’Auxerrois, à laquelle on fera su-
bir, par la même occasion, quelques réparations nécessaires. Déjà la
restauration de la tourelle de gauche, du haut pignon, des pinacles et
des clochetons est achevée.

Cette église, regardée avec raison comme un des plus élégants édifice s
du moyen âge, ne jouissait pas, à beaucoup près, d’une considération
semblable au xvnr siècle ; c’est au point que l’on avait projeté delà démo-
lir pour démasquer le Louvre. Heureusement que les fonds manquèrent.

Saint-Germain-l’Auxerrois était alors regardé comme un édifice
indigne de la Capitale. « Assez régulier dans sa manière gothique
et grossière, disait Germain Brice, il y a cent cinquante ans, mais la
lumière y manque, ce qui vient des vitres qui sont peintes en apprêt »
Aussi, dans la restauration qui en fut faite soixante ans après, s’em-
pressa-t-on de remplacer par des verres blancs les charmants vitraux
de Desadgives et de Pjnaigrier, et allégea-t-on, en les allongeant et
en y creusant des cannelures, les piliers romans de la vieille basilique
du roi Robert. On profita aussi de la circonstance pour jeter bas le
magnifique jubé, œuvre de Pierre Lescot et de Jean Goujon.

Saint-Élienne-du-Mont. — Un des plus curieux monuments de Pa-
ris, l’église Saint-Étienne-du-Mont, est en ce moment l’objet d’impor-
tants travaux de restauration.

On a rétabli, dans ces derniers temps, sur la tour, le clocheton et la
croix qui y existaient avant 1791. Les dessins gravés de Pérelle et
d’ISRAEL Sylvestre, qui les reproduisent, ont permis à l’architecte d’o-
pérer cette intéressante restitution. Aujourd’hui, on s’occupe avec soin
de la restauration du portail de l’église, dont la rose et les vitraux fout
à juste titre l’admiration des artistes.

Saint-Nicolas-du-Chardonnet. — L’église Saint-Nicolas-du-Char-
donnet, située dans le 5e arrondissement, est au nombre des vieux mo-
numents qui ont été dégagés par l’ouverture des grandes voies qui sil-
lonnent aujourd’hui Paris.

Son style est le plein cintre, avec pilastres composites engagés dans
les pieds-droits ; au-dessus des travées sont des cartouches quadrangu-
laires ornées de têtes de saints. Dans les chapelles latérales existent
quelques œuvres d’art, et les mausolées de plusieurs personnages illus-
tres. La chapelle de Saint-Pierre est ornée d’un tableau en bois sculpté
représentant le prince des apôtres au moment où le chant du coq

vient lui rappeler qu’il a renié son maître; ce panneau est de la fin du

xvne siècle.

Dans une autre chapelle, la travée qui fait face à l’autel est occupée
par le tombeau de Jérôme Bignon, Avocat général au parlement de Pa-
ris en 1626. Ce mausolée est surmonté d’un buste, exécuté par Gir ardon.

Une autre chapelle, ouverte dans le pourtour, est le lieu de sépul-
ture de la famille Voyer Paulmy d’Argenson. Mais la chapelle la plus
remarquable de l’église est sans contredit celle de Saint-Charles, que
le peintre Charles Lebrun a décorée pour y placer le tombeau de sa
mère, et où il a été inhumé à son tour. L’ornementation en est à tru-
meaux décorés de marbre et de fleurons; c’est le style riche et lourd
de cette époque. Dans la travée qui regarde l’autel, Tuby et Coeignon,
sculpteurs du xvii' siècle, ont représenté une scène du jugement der-
nier : Un ange, en haut relief et sculpté avec une hardiesse étonnante,
plane dans les nuages et sonne de la trompette, tandis qu’au-dessous,
dans une tombe entr’ouverte, apparaît la mère de Lebrun, enveloppée
de son linceul.

Quant au mausolée du peintre, il se compose d’une simple pyra-
mide posée sur un piédestal dont la base est ornée d’un buste sculpté
par Coysevox,

Ce monument avait besoin de quelques raccords qui missent son
abside en état de figurer dignement sur la voie nouvelle ; il était urgent,
en outre, d’en restaurer les arcs-boutants, quoiqu’ils n’eussent encore
que deux siècles d’existence.

Pour donner au chevet un aspect plus monumental, la chapelle qui
l’occupe a été pourvue extérieurement d’un appendice, et l’on a cou-
ronné par un élégant lanternon la calotte hémisphéroïde qui surmonte
sa rotonde. On a encadré ensuite toute la partie postérieure du mo-
nument par une grille qui se trouve à l’alignement du boulevard Saint-
Germain. Quant aux arcs-boutants, arcs renversés à la façon du
xvii' siècle, on en a réparé les défectuosités par des rajustements et des
raccords. Il ne reste donc plus maintenant qu’à doter l’édifice d’un
portail, car ce monument n’a jamais été terminé et n'a pas encore
d’entrée principale.

Eglise Saint-Roch. — On peint, en ce moment, la coupole du tran-
sept de l église Saint-Roch, qui est masquée, depuis l’année dernière,
par un vaste échafaudage placé à hauteur des frises, et dont les sup-
ports s’appuient aux corniches des quatre piliers d’angles. C’est à
M. Roger qu'est confiée cette œuvre décorative, que l’on assure devoir
être terminée l’année prochaine. Le Sauveur, le sacrifice et la rencon-
tre de Saint-Jean-Baptiste, sont les motifs qui s’y trouveronlreprésentés.

L’église de Saint-Roch possède deux autres coupoles, l'une dans la
chapelle de la Communion, l’autre dans celle de la Vierge, mais ces
deux dernières ont été décorées, au commencement du xvme siècle,
par le peintre Pierre.

A. Bertrand,

Architecte.

ACADÉMIE DES BEAÜX-ARTS.

Prix d’Architecture. — L’Académie des Beaux-Arts de l'Institut a
jugé, dans sa séance du 20 Septembre, le concours des grands prix
d’architecture. Les prix obtenus sont:

Premier grand, prix, à M. Lrançois-Wilbrod Chabrol, né à Paris le
7 Novembre 1835, élève de M. Le Bas.

Premier second grand prix, à M. Emmanuel Brune, né Paris le
3 Octobre 1836, élève de M. Questel.

Deuxième second grand prix, à M. Arthur-Fleury-Victor Dutert, né
le 17 Avril 1839 à Douai (Nord), élève de M. Le Bas.

Concours pour le prix Bordin. — L’Académie des Beaux-Arts de l’In-
stitut vient de rendre son jugement sur ic concours annuel du prix
Bordin, pour l'année 1862.

Le programme était : « L’histoire de la gravure des monnaies, des mé-
dailles et des pierres fines en France, envisagée au point de vue de l’art.

_Rechercher les moyens de conserver à cet art le caractère d'utilité, de

simplicité et d’élévation qu’il doit toujours avoir. »

L’Académie a décerné le prix au manuscrit portant pour épigraphe :
Maxime mirandain minimis (Pline). L’auteur est M. Henry d’EscAMPS.

Prix de Peinture. — L’Académie des Beaux-Arts de 1 Institut a jugé,
dans sa séance du 27 Septembre, le concours des grands prix de pein-
ture. Les prix obtenus sont : ,

Pas de premier grand prix.

Premier second grand prix, à M. Alfred LouDet, né à Monlélimart
(Drôme) le 21 Février 1836, élève de MM. Léon Cogniet et Bonne*
FOND.
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