Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 6.1862

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L’ART INDUSTRIEL. — 6“ ANNÉE- — NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1862.

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glace, et se dessèche tellement vile, que son maniement est impos-
sible. J1 peut arriver aussi que l’on se trouve dans des circonstances telles
que l’éther devienne un produit très-rare à l’état de pureté nécessaire,
ou que son transport soit trop dangereux. On comprend alors quelle
importance peut présenter l’emploi de l’Alcolène. Dans ces circonstances,
l’Alcolène est sous forme d’un liquide épais, assez analogue à une solu-
tion chaude d’amidon; il reste incolore même après l’addition de 1 io-
dure de potassium.

Pour le préparer, on procède de la manière suivante : Dans une
capsule de porcelaine parfaitement sèche, on verse d’abord 124 gram-
mes d’acide sulfurique de densité = 1,83 et 101 grammesd’acide nitri-
que de densité = 1,40. On mélange ces acides avec une baguette de
verre, la température du mélange doit atteindre environ 80° centigra-
des. Le liquide étant maintenu dans un bain-marie d’eau bouillante,
on ajoute le coton finement divisé et on le laisse 5 minutes environ en
contact avec le bain acide : on enlève alors la matière devenue py-
roxyline, on la lave à grandes eaux, puis on la laisse sécher spontané-
ment. On dissout enfin cette pyroxyline en la mélangeant avec de
l’alcool absolu en quantité telle, que celui-ci la recouvre entièrement.
On agite la bouteille et, au bout de quelques instants, la pyroxyline
s’est dissoute et forme une solution assez épaisse. On procède 4 l’io-
duration en ajoutant, dans la proportion ordinaire, l’un quelconque
des iodurcs ou des bromures habituellement employés en photogra-
phie, après les avoir dissous dans de l’alcool d’une densité 0,820. Pour
3 parties d’Alcolône normal, il faut employer une partie de la dissolu-
tion d’iodure, et celle-ci doit être faite de telle sorte qu’elle con-
tienne O".256 d’iodure par 31 grammes de liqueur. Le liquide ne doit
être employé que le lendemain de l’ioduration et peut se conserver
longtemps sans se détériorer. Lorsqu’on récouvre une glace d’Alcolène,
celui-ci coule comme de l’huile, et comme la couche ne s’arrête que
lentement, on peut la faire mouvoir sans qu’elle laisse ces stries, si com-
munes lorsqu’on emploie un collodion renfermant trop d’éther. La
couche sensibilisée présente une apparence, unie et délicate, et nulle-
ment laiteuse; elle se distingue surtout par l’absence de toute espèce
de stries, de taches ou d’irrégularités. En somme, il n’existe pas de
collodion qui fournisse de couche aussi parfaite que l’Alcolène.

L’exposition à la chambre noire, la révélation de l’épreuve, le fixage
se font exactement comme avec le collodion ordinaire.

Enveloppement «5e* Épreuves «Sites instantanées.

Le tirage instantané des négatifs est une des questions qui intéresse
le plus vivement les photographes. Déjà il est possible d’obtenir un
portrait en quelques secondes de pose seulement; mais, ce laps de
temps, si rapide qu’il soit, est encore trop considérable pour saisir des
objets en mouvement, des paysages animés, etc.

Cette année, on a admiré, à l’Exposition universelle de Londres, des
épreuves pléréoscopiques représentant des vues animées, ducs à
M. Ferier, à M. AVarnod et à M. Wilson. Ces artistes n’ont pas pu-
blié les procédés auxquels ils ont eu recours: M. Ferier, seul, dans
une communication à la Société française de Photographie, a appelé
l’attention sur l’avantage qu’il y avait à faire entrer l’acide formique
dans la composition du bain révélateur. Une note récemment publiée
par M. Henri Claudet nous a engagé à revenir sur ce sujet. M. II.
Clacdet a remarqué que deux conditions sont singulièrement favo-
rables au tirage instantané des négatifs : l’acidité du bain d’argent
(tandis que dans tous les traités de photographie, on recommande
l’emploi d’un bain d’azotate d’argent rigoureusement neutre);

La substitution de l’acide formique à l’acide acétique dans le bain
révélateur.

Les épreuves instantanées de M. II. Claudet ont été obtenues avec
des bains composés comme il suit:

Bain sensibilisateur.

Nitrate d’argent.2«r.27

Eau distillée.34 .00

Acide nitrique. 3 gouttes pour 500«r de bain.

Bain révélateur.

Eau distillée. 200er.00

Acide pyrogallique. 1 .22

Acide formique. 2G .00

Alcool. 20 .00

Dans ces essais, on a fait usage, comme collodion, de l’Alcolèue,
dont nous venons de parler; Fioduration étant faite avecl’iodure de
potassium, mélangé d’iodure de cadmium, le maximum de la sensibilité
est donné par l’emploi d’un bain de nitrate d’argent neuf. Quand la
plaque est retirée du bain, on doit bien l’égoutter jusqu’à ce qu’il ne

reste plus de nitrate d’argent à sa surface. On observe, lorsque le bain
révélateur est versé sur la plaque, que l’image apparaît immédiate-
ment avec de très-beaux demi-tons et des blancs très-brillants.

Par un beau temps, à 7m.50 de distance, la pose est instantanée.

Nous indiquerons, en terminant, une composition de bain révé-
lateur permettant de donner aux clichés négatifs une vigueur con-
venable, même après un temps de pose insuffisant. On prépare à l’a-
vance une solution de 25 grammes d’alun dans 500 grammes d’eau. On
mélange 20 centigrammes cubes d’eau distillée avec 10 centigrammes
cubes d’alcool, auquel on ajoute 1 gramme d’acide pyrogallique. Le
tout est réuni dans un même flacon.

Le développement s’effectue en versant ce liquide sur la surface de
la plaque, sans addition de nitrate d’argent; l’image apparaît; on aug-
mente encore sa vigueur, en versant une nouvelle quantité de ce li-
quide, additionné cette fois de quelques gouttes d’une solution d’azo-
tate d’argent à 3 p. 100, et contenant de plus 5 p. 100 d’acide citrique.

On révélera ainsi les épreuves qui n’auront pu subir qu’une courte
exposition à la chambre noire.

F’r«»cé«lé «le tirage «Ses positifs de M. Bi ivqi .uit-ïvraiu)

M. Blanquart Évrard est inventeur d’un procédé donnant des
épreuves positives douées d’une richesse, d’une profondeur et en
même temps d’une délicatesse de tons dont sont dénuées les épreuves
que l’on obtient sur papier albuminé.

Voici cette nouvelle méthode qui nous paraît digne de fixer l’attention
des photographes

Le papier est abandonné pendant 3 heures dans un bain formé de :

Eau. 31^.09

Gélatine.0 .256

lodure de polassium.0 .256

Bromure de potassium. 0 .C64

On le fait sécher, sa couleur est alors rouge pâle.

On le soumet à l’action de la vapeur d’acide chlorhydrique en opé-
rant comme il suit : dans une grande cuvette en plomb on verse un
mélange de deux parties d’acide pour une partie d’eau ; cette cuvette
est munie d’un couvercle la fermant, comme par un rebord, et dans
lequel est découpée une large ouverture carrée un peu moins grande
que la feuille. Celle-ci, maintenue horizontale par une plaque de
verre, est alors portée au dessus de l’ouverture et exposée aux vapeurs
acides.

L’exposition de la feuille au contact du gaz chlorhydrique dure aussi
un quart d’heure ; après ce temps le papier est enlevé et étendu immé-
diatement sur le bain de nitrate où il reste encore un quart d’heure.
La pièce où se fait la sensibilisation doit être à une température de 20
à 25° centigr. Après avoir enlevé la feuille du bain d’argent on l’éponge
avec du papier buvard et on la fait sécher à l’étuve.

Au sortir de l’exposition dans la presse à positifs ; les épreuves sont
développées à l’acide gallique. Celte opération demande aussi à être
exécutée dans une pièce dont la température soit environ 25° cent.

Quand, les épreuves sont convenablement développées, on les porte
dans un bain d’hyposulfite de soude à 5 p. 100, où elles restent 20 mi-
nutes; on les immerge ensuite dans un second bain d’hyposulfite de
même force : le premier constitue un bain de virage, le second, un bain
de fixage.

Si l’épreuve eût été lavée et si le premier bain eût été trop concentré,
l’épreuve aurait trop perdu et serait devenue d’un rouge désagréable.
Mais comme l’épreuve n’est pas lavée à ce moment, le premier bain
d'hyposulfite ne produit qu’un léger virage et donne aux épreuves la
belle coloration qui rend remarquables les photographies de M. Blan-

QUART-ÉVRARD.

Après le virage et le fixage, vient le lavage. Lorsque l’hyposulfite a
disparu, on plonge les preuves dans un bain d’eau acidulé par l’acide
chlorhydrique pour enlever un dépôt jaunâtre qui se fait sur le papier
pendant le cours de l’opération ; on passe de nouveau à l’eau, puis l’é-
preuve est abandonnée à la dessiccation. Ainsi terminées, les épreuves
sont ajustées, collées à l’empois, puis passées à la presse entre des pla-
ques de fer chauffées.

Ernest Saint-Edme,
Préparateur de Phtjsique au Conservatoire
des Arts et Métiers.

G. A. OPPERMANN, Directeur,

11, rue dos Beaux-Arts, à Paris.

Paris.—lmprimé par E. Thunot et C«, 26, rue Racine.
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