Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 8.1864

Seite: 03-04
DOI Seite: 10.11588/diglit.26970#0010
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L'ART INDUSTRIEL.

8* ANNÉE. — JANVIER-FÉVRIER 1864.

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« 12° Introduction d’un jury spécial pour le jugement des concours
des grands prix. »

P. S. Nous apprenons du reste qu’il sera fait droit à la pétition dont
nous avons parlé relativement à la limite d’âge, mais que le programme
aura désormais son plein et entier effet à partir de 1864, en ce qui con-
cerne les autres modifications.

Statue du Prince Eugène Napoléon. — Le monument voté par le
Conseil Municipal de Paris sur la proposition de M. le Préfet de la
Seine, pour la nouvelle place du Prince-Eugène, a été exécuté récem -
ment. La statue colossale du Prince vient d’être installée sur un pié-
destal en granit composé par M. Baltard, Architecte. Cette statue a
été fondue en bronze par M. Thiébault, sur le modèle qu'avait sculpté
M. Dumont, Membre de l’Institut.

Le caractère du Prince est très-bien exprimé dans la pose et dans la
physionomie de cette statue. Il est représenté au moment où il fit à la
coalition, qui lui proposait d’abandonner la cause de Napoléon 1", la
noble réponse que chacun connaît, et qui est gravée sur le piédestal,
dont la face principale porte cétte simple inscription : Au Prince
Eugène Napoléon. Au-dessous figurent, gravées en relief, les armes de
la ville de Paris. Les autres faces du piédestal sont décorées d’aigles
tenant dans leurs serres des branches de chêne et de laurier au-dessus
des noms de batailles auxquelles le Prince a pris une part si glorieuse.

TRAVAUX DIOCÉSAINS.

Notre-Dame de Paris. — Les travaux entrepris à l’église Notre-
Dame, au pignon septentrional du transept, seront terminés complè-
tement, dit-on, en 1864. On sait que l’on fait subir à ce pignon la même
opération qu’au pignon méridional : on le restaure ainsi que sa rose,
et l’on rétablit soigneusement tous les détails d’architecture, de ma-
nière à rendre à cette partie de f édifice sa physionomie première.

Des travaux relativement secondaires, mais indispensables, parais-
sent devoir se prolonger au delà de cette année. Us consistent en
aménagements intérieurs, tels que grilles, confessionnaux, tambours
d’entrée, chaires à prêcher, autels, vitraux, calorifères. On pense qu’ils
seront achevés en 1866. On peut donc dire que l’antique cathédrale
de Paris touche au moment où aura disparu toute dégradation que le
temps avait fait éprouver à ce grand monument du Moyen-âge.

Église Saint-Eustache. — Saint-Eustacbe est, comme on sait, après
la cathédrale, le monument religieux le plus remarquable de Paris.

De grandes améliorations ont été réalisées dans l’intérieur de l’édi-
fice depuis 1852; il s’en prépare également de très-importantes en vue
de l’isolement de cette église.

Cet isolement doit s’effectuer, au Nord, par la formation d’une voie
de 12 mètres de largeur qui, partant de la rue Montmartre, aboutira â
la rue du Jour.

L’exécution de cette voie amènera la destruction, depuis longtemps
désirée, d’une impasse située rue Montmartre, et dont les constructions
masquent, en partie, un petit portail que les artistes considèrent comme
un chef-d’œuvre de sculpture.

Une place, d’une dimension de 400 mètres environ, sera créée de-
vant la façade principale, et l’ancien portail, en désaccord avec l’archi-
tecture générale du monument, sera démoli; un autre, mieux en rap-
port avec le style de l’édifice, sera construit d’après les plans et sous la
direction de M. Baltard.

Il y a lieu d’espérer aussi que l’Administration municipale reprendra
l’excelleiit projet qui date de 1854, et qui consistait à ouvrir une nou-
velle voie, partant de la place Saint-Eustache, et aboutissant à la place
de la Bourse.

Cette voie couperait en diagonale l’Hôtel des Postes, que l’on a le
projetée démolir lorsqu’un nouvel établissement sera construit sur les
terrains de l’Assomption.

Église Saint-Augustin. — Les pièces de fer et de fonte destinées à la
construction de la nouvelle église Saint-Augustin, dans le 8' arrondis-
sement de Paris, viennent d’arriver à pied d’œuvre.

On sait que cette église doit comprendre un dôme de 60 mètres d’é-
lévation, flanqué aux quatre angles de tourelles octogonales qu’il domi-
nera, et précédé d’une longue et large nef. En ce moment le gros œuvre
des quatre tourelles est presque terminé, et l’on commence les arcs des
fenêtres de la tour ronde du dôme. En même temps les échafaudages
se dressent pour le ravalement du portail, contre les piliers duquel on
construit, en adossement, de larges piédestaux qui augmenteront l’im-
portance de cette partie de l’édifice. Ces piédestaux sont destinés à re-
cevoir les statues des prophètes. A l’intérieur de l’édifice, de nombreux
ouvriers sont occupés à monter le système de colonnettes sur lesquelles
viendront s'appuyer les retombées des voûtes.

Saint-Germain VAuxerrois. — L’Administration municipale poursuit
le dégagement successif des anciennes églises de Paris, bien plus cu-

rieuses et plus remarquables, au point de vue de l’art religieux, que
les édifices de construction moderne.

Après la régularisation des abords de l’église métropolitaine de Notre-
Dame, viendra celle de Saint-Germain l’Auxerrois.

Pour obtenir cette régularisation complète, il ne reste il exproprier
que les maisons n"‘ 1, 3 et 5 de la rue de l’Arbre-Sec.

PROMENADES ET PLANTATIONS.

le ISois de Vineennes (girès Paris).

PL. 1-2.

Articles antérieurs.—Vlan général du Bois de Boulogne (Maisons de garde, Kiosque,
Exèdre, Cascades et principaux Détails), Alb. de l’Art Industr. 1859, col. 33 et suiv.
Pt 20, 21, 22, 23, 2-1, 25, 20, 27, 28,29, 30.—Vue générale du Jardin d'acclimatation*
Nom. Ann. d’Agricult. 1801, col. 0, PI. 1-2. — Vue générale du Square de la Tour
Saint-Jacques, à Paris, Alb. de l’Art Industr. 1861,col. 5, PI. 1-2. —Le nouveau Parc
de Monceaux, par MM. Alphand, Ingénieur en chef, et Davioud, Architecte en Chef du
Service des Promenades ei Plantations, Alb. de l’Art Industr. 1802, col. 0, PI. 12.

La transformation du Bois de Vincennes qui a eu lieu dans ces der-
nières années sous l’habile direction de MM. Alphand, Ingénieur en
chef des Ponts et Chaussées, Darcel, Ingénieur ordinaire, et Davioud,
architecte de la Ville de Paris, se rattache â un vaste ensemble d'utiles et
bienfaisantes entreprises de l’administration Municipale.

La création d’attrayantes promenades aux abords de la ville telles que
le Bois de Boulogne et le Bois de Vincennes, l’établissement de spacieuses
créations du même genre pour les populations du nord et du sud,
l’une sur les hauteurs des buttes Chaumont, l’autre à Gentilly sur le
versant de la rive gauche de la Bièvre, enfin la plantation, dans l’inté-
rieur, de charmants jardins où les enfants, les vieillards, les malades de
chaque quartier trouvent l’air et l’espace qui leur manquaient jadis,
sont pour l’administration actuelle un des titres les plus incontestables
à la reconnaissance des générations futures.

Dès 1855, en même temps qu’elle s’occupait des travaux du Bois de
Boulogne, la Ville de Paris avait fait étudier un projet de transformation
du Bois de Vincennes ; aussi ne fut elle pas prise au dépourvu lorsque,
deux mois après l’annexion, intervint un traité bientôt suivi de la sanc-
tion législative, en vertu duquel le Bois de Vincennes, distrait de la
dotation de la Couronne, était concédé â la Ville à l’exception de la
partie touchant le petit parc, entre le château et l’hôpital militaire;
de cet hôpital et de la portion du terrain situé à l’ouest; du vieux et
du nouveau fort, des redoutes de Saint-Manr, du grenier â fourrages,
de l’école de Pyrotechnie et de l’Asile Impérial des convalescents.

De son côté, la Ville s’engageait principalement à acquérir pour être
plantés, réunis au bois et convertis en promenade publique, les ter-
rains compris entre l’ancienne route de Lyon, le village de Saint-
Mandé et l’enceinte fortifiée. Les travaux commencèrent immédiate-
ment (en 1858) sous la direction de M. Alphand, Ingénieur en chef des
Promenades et Plantations, et de M. J. Darcel, Ingénieur ordinaire. Ce
fut naturellement la partie du bois la plus rapprochée de Paris qu’on
attaqua la première, en répartissanl les chantiers sur plusieurs points.
Il importait, en effet, d’amener la nouvelle promenade jusqu’aux portes
de la capitale, et de la rendre ainsi accessible le plus tôt possible aux
promeneurs. Les routes existantes furent améliorées dans leur par-
cours, macadamisées, pourvues de trottoirs bien entretenus. Des voies
secondaires les relièrent entre elles, et des gazons, des massifs, de l’eau,
jetés à profusion, vinrent en égayer les abords. En même temps des
allées sinueuses furent dessinées dans certaines parties du bois, de
manière à en augmenter artificiellement les proportions.

D’autres régions, les Minimes et les pelouses de Fontenay, que nous
avons indiquées en détail sur la planche, ainsi que le Champ de ma-
nœuvres, ont eu une large part dans cet ensemble d’amélioration.

Deux routes embrassent la plus grande partie de la première région.
De l’avenue circulaire qui entoure le lac des Minimes, on peut se di-
riger par des allées secondaires, vers Nogent, Fontenay, et le Champ
de manœuvres du cours Marigny. C’est dans le canton compris entre
le cours Marigny et Joinville (Fig. 2) que s’élève, à demi cachée dans
les arbres, la villa où M. le Maréchal Vaillant, Ministre de la Maison de
l’Empereur, vient quelquefois consacrer au jardinage les heures de
loisir que lui laissent ses hautes fonctions.

C’est actuellement dans la plaine de Charenton que se trouvent con-
centrés presque tous les travaux. Une oasis d’eau, de massifs d’arbres,
de verdure, aura succédé, dans un avenir prochain, à ce désert aride,
pierreux, défoncé que nul n’est tenté de regretter. Une légère dépres-
sion du sol qui forme un petit vallon aboutissant à la porte de Picpus,
est heureusement mise à profit pour la création d’un lac, de forme el-
liptique. Il sera alimenté, comme l’ensemble des réservoirs du bois, par
la dérivation de Gravelle; les eaux arriveront au terme de leur course
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