Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 8.1864

Seite: 15-16
DOI Seite: 10.11588/diglit.26970#0016
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L’ART INDUSTRIEL. — 8e ANNÉE. — MARS-AVRIL 1864.

Cet ensemble de manipulations constitue donc un mode opératoire
très-simple et d’une exécution facile pour les enfants : c’est un jeu que
la Maison Susse exploite avec un succès justement mérité, car elle ap-
plique ainsi le principe de la vulgarisation de la science par tous les
moyens. Cette méthode sera précieuse aussi pour les dessinateurs qui
désireront décalquer rapidement et fidèlement des plans, sans avoir
recours aux manipulations toujours embarrassantes et coûteuses de la
photographie aux sels d’argent.

Chromo-photographie; épreuves photographiques,

différemment nuancées, obtenues sans l’emploi de sels d’argent
et de sels d’or.

L’historique de cette question nous entraînerait trop loin; nous ne
parlerons ici que de la communication, faite à ce sujet, par M. de
Motileff à la Société française de photographie. L’idée de l’auteur est
d’obtenir, par l’action directe de la lumière, en faisant abstraction des
bains de virage, des positifs nuancés selon le désir de l’opérateur, en
bleu, en vert foncé, en noir.

Les couleurs bleue et verte s’obtiendront ainsi : « Le papier est af-
fleuré sur le bain : cinq minutes après la dessiccation, il est insolé pen-
dant trente minutes sous le négatif à reproduire. Sous l’influence des
rayons solaires, le dessin se manifeste en couleur bleue ou verte, sans
qu’il soit nécessaire d’invoquer l’action du bain de virage; au sortir
du châssis, l’opération finale consiste dans un lavage à grandes
eaux. S’agit-il de la reproduction en noir? au sortir du châssis,
l’épreuve est soumise à l’action oxydante d’un bain, puis lavée,
et passée à un bain composé contenant de l’acide galtique. » M. de
Motileff assure qu’il ne fait usage, ni du perchlorure, ni de l’oxa-
late de fer; il dit aussi que M. Schnauss, à Iéna, ne put lui montrer
que des épreuves peu intenses, et qu’il jugea très -instables celles de
M.AVothly. Quant à la stabilité des siennes, l’auteur l’apprécie comme
tenant le milieu entre celle des épreuves au charbon et celle des
épreuves au chlorure d’argent. Dans l’état actuel, 1 impression est à
peu près deux fois et demie plus lente qu’avec le chlorure d'argent;
mais il faut considérer que l’emploi de l’hyposulfite de soude est sup-
primé. Quant au bon marché, il est certain que le bain de sensibilisation
revient à 0'.03 le gramme et celui de virage à 0f.02.

Nous avons cru, dans l’intérêt des expérimentateurs, devoir publier
la présentation de. M. de Motileff; mais en général on ne comprend
pas, dans l’intérêt des inventeurs eux mêmes, ces demi-divulgations
de procédés. Ainsi, on a fait grand bruit du procédé Wothly, permet-
tant la suppression des sels d’argent et d’or dans les manipulations
photographiques.

M. de Motileff semble dire actuellement que tous ces procédés
dérivent d’anciennes recherchesqui lui sont propres; et, sans s’expliquer
catégoriquement, l’auteur ajoute dans sa présentation à la Société
française de photographie, que les épreuves bleues sont formées de
bleu de Prusse, et les noires de gallate de fer ; il dit en outre que, dans
les procédés où l’on emploie le nitrate d’urane pur comme agent pho-
togénique, l’image est enfermée dans la pâte du papier, mais que, si
dans la composition du bain sensibilisateur, on introduit, pour 20 gr. de
nitrate d’urane, 0Kr5 de nitrate d’argent, l’image reste exclusivement
à la surface. L’honorable président de la Société française de photogra-
phie, M. Régnault (de l’Institut), a fait observer, bien justement,
qu’au point de vue de la stabilité, toutes les épreuves de ce genre se
valaient..., c’est-à-dire qu’elles devaient disparaître sous la double in-
fluence de l’air et de la lumière tout aussi rapidement que les écritures
tracées aux encres à base de bleu de Prusse et de gallate de fer.

Terminons ce sujet par l’analyse d’une communication de VAmerican
journal of Photography qui jettera un nouveau jour surcette question.

M. Carey Lea, de Philadelphie, est un amateur de l’art photo-
graphique; lui aussi, il obtient des positifs bleus, sans faire usage de
sels d’argent. Son procédé peut se résumer ainsi : Faire affleurer le
papier sur une dissolution de bioxalate de fer etd’ammoniaque, puis le
laisser sécher dans l’obscurité; le solariser ensuite sous le cliché à re-
produire, le temps de pose dépendant toujours de l’intensité de la lu-
mière et de l’épaisseur du cliché. Le papier impressionné, rentré dans
le cabinetnoir, ne laisse voir aucune trace de reproduction; la révéla-
tion se fait rapidement à l’aide d’un bain dont la composition est :

Dissolution saturée d’acide oxalique. . . 4 parties

Ferri-cyanure de potassium. 1 —

Eau. 25 —

On procède ensuite au lavage. M. Carey Lea attribue, avec raison, à
Herschell l’emploi du peroxalate de fer; seulement il a reconnu que la
révélation au ferri-cyanure de potassium seul laissait à désirer : c’est
donc sur la différence de solubilité dans l’acide oxalique des différents
bleus auquels les sels de fer peuvent donner naissance, que l’auteur a
asé sa méthode particulière d’impression.

Application île la Photographie à l’Astronomie.

M. Warren de la Rue continue très-activement ses travaux relatifs à
l’application de la Photographie à l’Astronomie. L’année passée, le savant
astronome a pris 177 épreuves photographiques du Soleil. Cette année,
il a fait installer sur le dôme de l’Observatoire de Kiew un emplacement
très-conunode pour l’exécution de la photographie astronomique.
Chaque jour, où l’aspect du ciel est favorable, on prend des épreuves du
Soleil à l’Ouest et à l’Est. Ces photographies sont destinées à l’étude des
taches solaires.

Dans une des dernières séances de l’Académie, M. W. de la Rue a
présenté deux épreuves photographiques de ia Lune, lesquelles n’ont
pas moins de 95 centim. de diamètre. Le négatif obtenu au foyer du
télescope atteignait au plus 2 centim. 1/2. (le miroir de l’instrument
mesurait 307 millim. et sa distance focale était égale à neuf fois le dia-
mètre du miroir).

Appareil pour l’oliserratiou îles épreuves
photographiques.

On sait l’engouement excité par les albums photographiques : cha-
cun a le sien, dans lequel il se complaît à réunir parents, amis, célébri-
tés du jour de toute espèce. L’Album sera désormais supprimé, mais
l’amour des cartes restera, augmentera même, grâce à l’ingénieuse in-
novation de M. Schiestz : on rangera ses photographies dans un appa-
reil identique, quant à sa forme, à un stéréoscope à plusieurs vues. Un
même cadre supportera trois épreuves, observées par une large len-
tille achromatique remplaçant les œilletons binoculaires du stéréos-
cope; ces images apparaissent alors amplifiées et très nettes.

Si l’on imagine que, dans la même boîte, il y ait 15 ou 20 cadres à trois
branches tournant autour du même axe; la manœuvre s’effectuant à
l’aide d’un bouton placé convenablement, sur le côté, à l’extérieur, on
verra 45 ou 60 épreuves sans autre peine que celle de mettre la lentille
au point et de mouvoir le bouton. L’inventeur construit des appareils
pouvant contenir 600 épreuves.

Les Albums doivent donc céder la place, dans les salons, à ces char-
mants appareils, que l’on pourrait, selon nous,appeler Eicoscopes.

COMPTE RENDU DES SÉANCES.

Société française île Photographie.

L’espace nous manque pour rendre compte en détail des diverses pré-
sentations qui ont eu lieu dans la séance de Réouverture de la Société.
Nous devons nous borner à les énumérer, nous réservant d’analyser les
principales par la suite.

Le Bureau était au complet, le fauteuil de la présidence occupé par
M. Régnault, le plus exact et le plus dévoué des membres de la Société.

Après le dépouillement de la correspondance, on a entendu les com-
munications suivantes :

M. EugEne Balsamo présente des épreuves obtenues par un procédé
de virage sans sels d’or pouvant donner diverses teintes.

M. Towey soumet des épreuves obtenues par son procédé lithopho-
tographique à l’examen de la commission préposée au prix du duc de
Luynes. M. Marquier fait une communication dans le même sens. Nous
reviendrons spécialement sur la question de la Litho-photographie.

M. Gobert insiste sur l’emploi du perchlorure de fer.

M. Poitevin propose le tannin pour activer la sensibilité de l’iodure
d’argent.

M. Girard revient sur l’usage de l’acide formique.

M. Blanquart-Evard émet un procédé permettant d’opérer à sec
avec n’importe quel collodion, sans préservateur ni vernis. Nous pu-
blierons cet important travail dans un prochain numéro.

MM. Davanne et Girard continuent leur étude sur les positifs.

M. Bernicard fait fonctionner devant la Société une nouvelle cham-
bre noire pour les épreuves stéréoscopiques.

M. Marion père présente des papiers albuminés, préparés d’après le
procédé de M. de Motileff pour tirer des positifs sans sels d’argent.

Ernest Saint-Edme,

Préparateur de Physique au Conservatoire
des Arts et Métiers.

C.-A. OPPERMANN, Directeur,

11, rue des Beaux-Arts, à Paris.

Paris. — Imprimé par E. Thunot et G”, rue Racine, 26
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