Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 8.1864

Seite: 29-30
DOI Seite: 10.11588/diglit.26970#0023
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L’ART INDUSTRIEL.

8* ANNÉE. — JUILLET-AOUT 1864.

*

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89°. —Ouverte en 1859, au même Palais de l’Industrie, a duré du
15 Avril au 15 Juillet : 1,747 exposants y ont pris part et ont exposé
4,099 ouvrages, compris au catalogue sous 3,887 numéros. 1,337 pein-
tres, 223 sculpteurs, 101 graveurs, 42 lithographes, 44 architectes.

90°. — Ouverte du l"r Mai au 15 Juillet 1861. Sur 8,000 produc-
tions présentées, 4,102 appartenant à 1,701 exposants, furent accep-
tées par le Jury d’examen; 1,274 peintres, 264 sculpteurs, 115 graveurs,
36 lithographes et 62 architectes. Une galerie spéciale fut affectée à
l’exposition des produits photographiques. Le droit d’entrée maintenu
4 1 fr.,en semaine, qui avait produit en 1859 une somme de 194.225fr.,
ne s’éleva en 1861 qu’à 184,961 fr.

91*. — Ouverte du 1er Mai au 1er Juillet 1863 à 2,929 ouvrages ap-
partenant à 1,755 exposants agréés par le Jury d’examen, composé en-
core cette fois, comme les années précédentes, des membres des quatre
classes de l’Académie des Beaux-Arts et des membres associés libres.
La médaille d’honneur fut accordée à M. Pills. L’ouvrage le plus sa-
tisfaisant de cette Exposition était le portrait de l’Empereur Napo-
léon III, par Hippolyte Flanorin, qui eût obtenu cette médaille, si
les membres du Jury d’admission et des récompenses n’avaient for-
mellement déclaré renoncer à cette récompense.

Nous ne devons pas omettre de mentionner que l’Empereur, pour
mettre le public à même de juger de l’impartialité du Jury d’admission,
décida que les ouvrages refusés par ce Jury, seraient exposés dans des
galeries à part; 781 exposants ont consenti à laisser exposer ainsi leurs
œuvres, et il est juste de déclarer que cette épreuve a démontré que si
le Jury avait pu se montrer facile et indulgent pour l’admission de cer-
taines œuvres, il y en avait peu, parmi les ouvrages ainsi exposés, qui
ne donnassent gain de cause à son jugement.

La 92* Exposition qui ouvre la nouvelle ère des Expositions annuelles,
a commencé le 1"' Mai 1864, et les ouvrages auront été admis cette fois
par un -Jury d’élection, qui n’a pas donné lieu à moins de réclamations
que les admissions et refus pour les Jurys académiques.

Eu résumé, on voit que les 92 Expositions d’art se divisent ainsi:

10 sous Louis XIV, de 1667 à 1706.

26 sous Louis XV, de 1725 à 1773, bisannuelles depuis 1751

9 sous Louis XVI, de 1775 à 1791.

9 sous la République et le Consulat, de 1798 à 1802, annuelles.

5 bisannuelles, sous l’Empire, de 1804à 1812.

5 sous Louis XVIII, de 1814 à 1824.

1 sous Charles X, en 1827.

16 sous Louis-Philippe, de 1831 à 1847, annuelles, excepté 1832, à
cause du choléra.

4 sous la 28 République, de 1848 à 1852.

7 sous l’Empire de Napoléon III, de 1853 à 1854, bisannuelles jus-
xju’en 1863, annuelles à dater de 1864.

G.-A. Cassagjves,

Ingénieur Civ.il.

REVUE PHOTOGRAPHIQUE.

Machine à rylindrer les épreuves.

Cet appareil, imaginé par M. Jules Vanakère, se compose d’un bâti
en fer et d’un cylindre ou d’une plaque en acier poli. On a supprimé
les engrenages qui compliquent tant les presses actuellement usitées;
la plaque d’acier, garnie sur le côté, d’une crémaillère, est mise en
mouvement à l’aide d’un seul engrenage qui fait corps avec le cy-
lindre. Pour opérer, la plaque d’acier poli est chauffée par une lampe
à alcool; l’épreuve photographique subit donc au même instant la
double action de la chaleur et de la pression. Celle-ci est réglée par
un contre-poids manœuvrant sur un bras de levier. Cette double ac-
tion combinée, communique aux épreuves faites, sur papier albuminé,
un brillant et un éclat que ne peuvent atteindre celles soumises alter-
nativement au cylindrage, puis au cirage, ou au vernis, etc.

Société française de J?liotogra|iliie.

Compte rendu des Séances.

Séance du I" Avril 1864. — Présidence de M. Régnault, de l’Institut.

M. Carpentier fait hommage à la Société d’un buste de Daguerre,
grandeur naturelle, dont il est l’auteur. « J’étais, dit-il, ami intime
de Daguerre; bien souvent je l’avais prié de poser devant moi; il
avait toujours refusé. Trois mois avant sa mort, deux photographes de
New-York étant venus le visiter à Petit-Bry, obtinrent de lui qu’il

s’arrêtât un instant devant leur chambre noire. C’est d’après une de
ces photographies, et aidé aussi de mes souvenirs, que j’ai, depuis la
mort de Daguerre, exécuté le buste que j’offre à la Société. »

M. le Président insiste sur ce que ce buste est à coup sûr la repro-
duction la plus fidèle qui ait encore été obtenue des traits de Da-
guerre.

Viennent une série de présentations d’épreuves destinées à figurer à
l’Exposilion.

A l’occasion du concours pour le prix de Luynes, M. Morvan fait
observer au Bureau que la raison et la justice exigent que les con-
currents exécutent le mêuje modèle, dans les mêmes copditiops, et
devant le même jury.

M. de Lafollye adresse une note sur un nouveau procédé d’impres-
sion à l’encre grasse. La description en a déjà été donnée dans ce Re-
cueil. Il en est de même de la présentation faite par M, Vanakère.

Le reste de la séance est consacré à l’exposé de la situation finan-
cière de la Société.

Séance du 6 Mai 1864. Présidence de M. Régnault, de l’Institut.

M. Laulerie, secrétaire, annonce que l’exposition est ouverte depuis
le 1” Mai; il espère que son succès sera égal à celui des années précé-
dentes : elle renferme un grand nombre d’œuvres remarquables; le
genre paysage est représenté surtout de la manière la plus brillante.

M. Girard met sous les yeux de la Société une épreuve dont l’in -
térêt est très-grand au point de vue historique. Cette épreuve, qui re-
présente le portrait de M. Gosse, artiste peintre, est de Daguerre, et
porte au dos cette suscription : A mon ami Gosse, Daguerre. Fait en
six secondes, par un temps brumeux, en 1843.

M. K-opp adresse une notice sur quelques xéae.tiops du bichromate
de potasse.

M. Bénard a perfectionné le mode de fermeture des châssis-
presses.

M. Lécu construit des cuvettes à fond cannelé, pour permettre à l’o-
pérateur d’enlever plus aisément l’épreuve, à l'aide du crochet spé-
cialement affecté à cet usage. Dans les cuvettes à fond plat, il arrive
presque toujours que l’épreuve adhère à la glace, et son soulèvement
entraîne parfois sa détérioration.

M. P. Gaillard présente, au nom de M. Dufournet, des cuvettes en
carton verni.

Ces cuvettes légères, d’un volume restreint, s’emboîtant aisément les
unes dans les autres, n’ont point l’inconvénient de laisser voiler les
épreuves au soleil ou à la chaleur. Le prix est un peu inférieur à celui
des cuvettes en bois et en verre.

M. de Poilly fait fonctionner devant la Société un appareil destiné à
opérer en pleine campagne. Il paraît très-complexe et d’un transport
peu aisé.

Le même auteur présente, en outre, un appareil qu’il désigne sous
le nom de Psyché photographique, et qui consiste en deux pieds tour-
nés, entre lesquels peut osciller sur deux tourillons la bassine à nitrater
les glaces (appareil entièrement clos). L’addition, au dos de cette bas>
sine, d’un miroir ordinaire, pourrait transformer l’appareil en une psy-
ché, susceptible de figurer dans l'ameublement d’un salon.

M. Nicolet présente un séchoir photographique. Cet appareil se
compose d’un châssis en bois, dont les deux montants latéraux sont
percés de trous traversés par des fiches qui servent à fixer à une hau-
teur quelconque de l’appui supérieur une barre mobile destinée à sup-
porter les glaces. La barre d’appui supérieure est munie de clavettes
percées de trous, dans lesquels s’arrêtent les coins des glaces, prises
ainsi suivant leur diagonale.

M. Poitevin adresse la note suivante : •< Les gravures que j’obtiens
sur plâtre ou sur métal, par le moulage d’une couche suffisamment
épaisse de gélatine bichromatée, impressionnée à travers un négatif,
et gonflée par l’eau aux endroits non insolés, portent les parties om-
brées plus ou moins en relief, tandis que les clairs s’y trouvent en creux.

< J’ai, depuis quelque temps, utilisé ces moules pour produire des pla-
ques, ou des surfaces courbes en pâte de porcelaine ou de faïence, por-
tant les images gravées en creux plus ou moins profonds, selon l’inten-
sité des ombres de l’objet reproduit. Après la dessiccation et la cuisson
de ces plaques, j’applique sur leur surface une couche uniforme de cou-
verte colorée; par un second feu, le dessin devient très-visible, la cou-
leur se portant surtout dans les creux de la gravure; mais, pour avoirdes
blancs purs, j’use avec soin la surface émaillée, jusqu’à ce que les par-
ties en relief qui représentent -ces blancs, soient dénudées; j'émaillé à
nouveau toute la surface avec un verre incolore qui a pour but de gla-
cer le tout. »

Ernest Saint-Edme,
Préparateur de Physique
au Conservatoire des 4rts-et-Métiers,
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