Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 8.1864

Seite: 39-40
DOI Seite: 10.11588/diglit.26970#0028
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L’ART INDUSTRIEL. — 8e ANNÉE. — SEPTEMBRE-OCTOBRE 1864.

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feuille de papier imprégnée d’un sel métallique se carbonise aisément
sous l’action de la chaleur, alors que, dans les conditions ordinaires,
elle pourrait supporter une température plus élevée ; ainsi il suffit d’une
température de 120° de chaleur pour carboniser une feuille de papier
imprégnée de chlorure de cuivre. On place donc les épreuves dans une
boîte en étain, et on les chauffe jusqu’à 200° ; cette carbonisation rend
parfois le papier friable, mais il possède encore cependant assez de
ténacité pour pouvoir être encollé à la gomme sur un carton.

Impression «les Epreuves positives sur toile.

Le support est une toile à peindre bien unie et enduite d’une couche
de blanc de plomb assez douce ; elle est décapée de telle sorte qu’un
liquide aqueux puisse adhérer sur toute la surface, au lieu d’y adhérer
par gouttes comme il le ferait sur un corps graisseux; en d’autres
termes, elle doit retenir l’eau. 11 suffit, pour que celte condition in-
dispensable soit remplie, de laver la surface avec de l’eau de savon
contenant une petite quantité d’alcali ou de cyanure de potassium, ou
même de la frotter avec un tampon de coton imprégné d’alcool. Ceci
fait, on applique sur cette toile, au pinceau ou à la brosse plate, la
solution suivante :

Eau distillée. 1,000

Gélatine. 15

lodure de potassium. 10

Bromure de potassium. 5

La gélatine doit avoir été préalablement ramollie dans l’eau pendant
une heure au moins; la solution est employée tiède. La couche, une
fois rendue homogène, est imprégnée de la liqueur sensibilisatrice :

Eau distillée. 1,000

Nitrate d’argent. 50

lodure de potassium. 0,2

Acide acétique. 100

Il faut prendre bien entendu, des soins spéciaux pour verser conve-
nablement la liqueur sur la toile.

L’insolation se fera avec un appareil amplificateur quelconque. Le
développement réussit en employant une dissolution d’acide gallique
additionnée de quelques gouttes d’acide acétique. Pour éviter que les
blancs ne deviennent sales par suite d’un développement trop prolongé,
on l’arrête en versant sur l’épreuve une solution très-faible de sel marin.
Après cette opération, on lave et on fixe à l’hyposulfite de soude. La
toile, une fois sèche, est livrée au peintre sans autre préparation.

Ce procédé paraît du reste devoir être préféré à celui ordinairement
usité par les partisans de cette sorte d’alliage.

Revivification des épreuves positives altérées.

Les praticiens savent que les épreuves insolées durant un temps trop
long se tachent et se voilent de telle sorte qu’elles ne sont plus admis-
sibles. M. Humbert de Molarü est parvenu à les ramener à un état
très-convenable en les retouchant avec une dissolution de cyanure de
potassium contenant une légère proportion de chlorure d’or.

Mais il existe d’autres degrés d’altération pour le traitement desquels
il faut employer des procédés de revivification différents. Ainsi,
M. Godbold indique la méthode suivante dans le cas où il s’agit d’é-
preuves sulfurées qui ont été vivées à l’or.

On prépare une solution de bichlorure de mercure (0"‘.ü64 pour
31 mètres d’eau) ; on la verse dans une cuvette de porcelaine et
on immerge les épreuves altérées; le ton jaune qu’elles avaient pris,
par suite de leur altération, disparaît au bout de quelques minutes et
elles reprennent la nuance rouge sombre.

Observation sur le lavage «les épreuves.

M. Sphxer a fait une observation qui ne manque pas de justesse :
lorsqu’une épreuve, sortie du bain d’hyposulfite de soude est aban-
donnée à l’eau pure, le sel se dissoudra jusqu’à ce que le bain et le
liquide qui imbibe les pores du papier aient la même densité ; de là,
des lavages multiples à l’eau chaude, à l’eau froide, et une perte de
temps très-grande pour arriver à la purification absolue de l’épreuve.
Il serait bien plus simple, dit l'auteur, de lutter contre l’hyposulfile de
soude avec 1 aide d’un autre sel, inerte sur la qualité de l’épreuve, le
sel marin, par exemple.

Au sortir d'un premier lavage, on plonge les épreuves dans un bain
d’eau salée (2,000 parties d’eau, 400 de sel); elles y restent vingt mi-
nutes environ. Durant ce laps de temps, la solution saline pénètre dans
les pores du papier et en chasse la plus grande partie de l’hyposulfite
dont les dernières traces disparaissent ensuite aisément, en même
temps que le sel marin, par un lavage subséquent.

L’auteur termine par un exemple qui prouve qu’il est parvenu à
purger presque entièrement d’hyposulfite de soude un lot d’épreuves
auquel il a pu donner, dès lors, un ton artistique des plus agréables.

Société française «le Mtotograjilile.

Compte rendu des Séances.

Séance du 3 Juin 1864.

M. Régnault (de l’Institut), président de la Société, occupe le fau-
teuil.

M. Antony Thouret persiste à appliquer la lumière électrique
au tirage des épreuves agrandies. Dans sa communication, l’auteur
indique les différentes causes qui sont susceptibles de nuire à la
bonne réussite de l’épreuve : pour obtenir un agrandissement de 4 1/2
en diamètre, avec le mégascope (petit modèle) de M. Bertsch, il a
fallu poser trois heures et demie, parce que la lentille collectrice ne
transmettait que le dixième de la lumière émise, et encore l’épreuve
résultante est insuffisante. L’auteur espère pouvoir disposer bientôt
d’un réflecteur parabolique qui lui permettra d’utiliser une somme plus
considérable de lumière, et par suite de produire des épreuves plus
satisfaisantes.

M. Girard demande que l’on applique à l’exécution des agrandisse-
ments la lumière au magnésium. Ge mode d’éclairage présente surtout
en ce moment un intérêt de curiosité; mais il ne semble guère appelé
à un rôle pratique. Quant aux propriétés photogéniques de cette lu-
mière, elles sont incontestables; son spectre est riche en rayons violets
et extra violets, mais si on peut l’appliquer au tirage des épreuves
quasi instantanées, il est presque impossible d’éclairer convenablement
et d’une manière durable un cliché négatif placé dans n’importe quel
appareil; en outre, le prix de revient de ce métal est assez considé-
rable; le mètre de fil d’un demi-millimètre de diamètre coûte encore
2 fr. Du reste, la lumière au magnésium est une expérience de phy-
sique très-brillante; on obtient un effet analogue avec le calcium,
métal tout aussi peu usuel que le magnésium et que M. Lies Bodart
peut préparer en grande quantité.

M. l’abbé Laborde a cherché à reproduire en photographie les fi-
gures kaléidoscopiques, afin de fournir des modèles exacts aux artistes
qui s’occupent de la composition et de l’exécution des dessins si variés
des châles et des étoffes de femmes. Le procédé que propose l’auteur
semble cependant insuffisant; depuis longtemps on projette très-net-
tement les figures multiples de cet appareil par la simple méthode mé-
gascopique.

M. Van-Monckoven présente un appareil destiné aux agrandisse-
ments. Comme M. Woodward et les autres inventeurs d’appareils de
ce genre, l’auteur n’achromatise pas la lentille qui condense la lumière
sur le cliché : le côté original de l’appareil est uniquement l’interposi-
tion d’un ménisque divergent qui doit anéantir l’aberration de sphéri-
cité de la lentille éclairante.

M. Davanne insiste sur ce que la solution pratique des agrandisse-
ments réside dans le système proposé, dès l’origine de la question, par
M. Bertsch, système consistant à obtenir, avec l’appareil amplifiant,
un cliché agrandi aux dimensions, que désire l’opérateur et à soumettre
ce cliché aux méthodes de tirage des positifs. Cette proposition nous
semble juste et bien fondée quant au principe ; mais quant au point de
vue pratique, c’est une question de glaces, de cuves et de bains.

Séance du 1"' Juillet 1864. — Présidence de M. Régnault (de l’Institut).

Nous ne noierons cette séance que pour mémoire : elle a été de très-
courte durée et n’a donné lieu à aucune communication importante.

La seule discussion soulevée a trait à la préparation des papiers
photographiques. Dès son origine, la Société avait chargé une Com-
mission d’étudier les meilleurs procédés de fabrication industrielle des
papiers négatifs et positifs.

Cette Commission n’a jamais fonctionné, et aujourd’hui, huit ans
après, la question est posée à nouveau. M. le Président observe avec
justesse que ce sujet a beaucoup perdu d’intérêt et d’actualité, main-
tenant que l’on ne tire plus de négatifs sur papier.

M. Marion a disposé un système d’étui qu’il nomme portefeuille pré-
servateur ; il a pour but de permettre le transport à la lumière des
glaces sensibilisées dans le châssis sans qu’elles soient altérées.

C. A. OPPERMANN, Directeur,

11, rue des Deaux-Arts, à Paris.

Paris. — Imprimé par li. Thunot et Ci0, 2G, rue Racine.
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