Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 8.1864

Seite: 43-44
DOI Seite: 10.11588/diglit.26970#0030
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L’ART INDUSTRIEL. — 8' ANNEE. — NOVEMBRE-DECEMBRE 1864.

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en fleurons. Les embrasures sont garnies de niches avec dais en châ-
teaux et cordons de feuillages ciselés avec un soin extrême; quatre
colonnettes avec chapiteaux à crochets reçoivent les retombées des cor-
dons doriques de la voussure. Au stylobate, qui est richement décoré,
des cordons perlés se croisent en losanges et servent d’encadrements à
un grand nombre de motifs recherchés dans la masse. Le fond du tympan
était jadis orné de peintures dont on apercevait encore quelques traces
avant la restauration qui vieill d'avoir lieu; mais ce genre de décora-
iion est de trop peu de durée chez nous pour que l’on ait songé à les
refaire.

Dans l’intérieur, la serrurerie des chapelles est achevée. On com-
mencé à démolir la cloison qui séparait ia partie septentrionale du
transsept du portail en reconstruction, et, au-dessus delà porté mé-
diane du grand portail, on élargit la voûte de l’orgue, afin d’y pouvoir
placer un instrument de plus grandes dimensions et plus complet.

Au-dessus des combles, dont la restauration est maintenant terminée,
l’arêtier à jour qui forme acrotère se profile dans toute la longueur de
l’édifice Ces combles, qui mesurent 108 mètres dans l’axe, se compo-
sent d’énormes charpentes en bois de chêne.

Église Saint-Eustache. — Le portail septentrional de l’église Saint-
Lustàche est depuis quelque temps masqué par un échafaudage qui
s élève jusqu'à hauteur de la seconde galerie; on y restaure par des
enchâssements les parties détériorées, et l’on ravive les sculptures.

Ce portail, qui doit être dégagé plus tard, par la démolition des
maisons adjacentes, est formé d’une porte a plein cintré largement
coupée, decorée avec luxe et dont le tympan est à claire-voie: de
grands pilastres ornés de rinceaux ; de deux étages de galeries ; de
plusieurs rangs de balustrades et d’un pignon qu accompagnent deux
clochetons terminés' par des lanternons à jour. Le clair-étage et les
combles sont ajourés par des rosesà meneaux. Une ogive qui se dessine
eu relief dans le pignon, y accuse la forme des travées de ia charpente.

L’église Samt-Lusiache, œuvre de la première moitié du xvn" siècle,
serait un des plus beaux monuments de notre capitale, n’était sa façade
occidentale, refaite après coup, qui déshonore ce beau monument.

Une première façade, qui malheureusement ne fut jamais terminée,
avait été commencée, et se trouvait en harmonie parfaite avec le style
général de i’edifice: quatre piliers butants lu partageaient en trois tra-
vées; au centre s’ouvrait la porte princèps, accompagnée de niches et
de pilastres, et surmontée de plusieurs rangs de voussures à person-
nages; les deux autres travées, plus étroites que celle du milieu, de-
vaient servir de base à deux hautes tours qui auraient donné au monu-
ment le complément qu’il exige. Intérieurement, ces travées latérales
contenaient la chapelle des louis baptismaux, celle des mariages, peintes
à fresque, l’une par Mignard et l’autre par Charles de La Fosse.

Mais on démolit ce portail ainsi que les chapelles qui en dépen-
daient, eL les architectes Mansard, de Jouy et Moreau ont construit
a sa place la façade hybride que nous voyous aujourd'hui. File ne fut
pas même terminée non plus: il y manque un des clochers et tes sta-
tues des quatre évangélistes qui devaient s’élever à la base des tours,
eu amortissement des colonnes accouplées. L’exécution eu avait été
confiée au sculpteur Bernier, qui n’en lit que deux.

C est aussi vers la fin du siècle dernier que l’on a embarrassé les der-
nières travées du chevet, eu érigeant, sur le flanc méridional ne l’ab-
side, un badinent qui renferme a la fois un corps de garde, la salle des
catéchismes et celle du trésor. Quelques années auparavant on avait
blanchi l’intérieur de l’église pour le rendre plus clair, et l’on avait
masqué, parce badigeon, les fresques qui ornaient ces chapelles.

Le style de l’eglise Saint-Eustache est eucore aujourd’hui diversement
apprécié; quoi qu’il en soit il est impossible d’eutrer dans ce monu-
ment saus se seuiir vivement impressionné par l’aspect des belles pro-
portions du vaisseau, et surtout par ia hardiesse des voûtes. Les trois
parties de l’élévatiou, chapelles, collatéraux, maîtresse voûte, s’éta-
gent les unes au-dessus des autres. Les étages en retraite, vus de l’ex-
térieur, forment, avec leurs couronnements de galeries, un ensemble
harmonieux que l’on ne peut admirer que sur le lluuc méridional. Pour
maintenir les voûtes à la hauteur énorme qu elles ont atteinte, il a fallu
de solides contre-forts revêtus dé pilastres qui s'élèvent de toutes
parts, et des arcs-boutants qui se croisent les uns sur ies autres pour
s’épauler mutuellement. Aux points dejoucLion des bras du transsept, ces
combinaisons d’arceaux èt de'piles produisent un effet extraordinaire;
la forme penchée des arcades accuse 1 énergique poussée de cette
ossature extérieure. Des gargouilles se projettent çà et ià en quantité
prodigieuse : celles du rang inférieur sont d’uue beauté remarquable;
elles sont sculptées de figures d’hommes, de femmes et d’eufants dont
ie corps se termine en feuillage. Sur i’uue de ces gargouilles, du côté
du midi, on distingue ia date de 16:29.

religieux les plus importants de Paris, est aussi en ce moment l’objet
de nombreux travaux de restauration et de réparation. Les chapelles
souterraines, dépourvues d’air et de lumière, seront munies de trois
ouvertures à fleur du pavé dont l’une donnera sur la rue Saint-Sulpice
et les deux autres sur la rue Garancière. Déjà ces croisées sout en
partie percées et ce travail sera terminé dans peu de jours.

Celte église souterraine, à laquelle conduit un escalier situé vers lapar-
tie supérieure du bas-côté de droite, est d’une grandeétendue.On y voit
encore des piliers qui ont appartenu à l’édifice primitif du xiuc siècle.
Ils démontrent que le soi de Paris s’est considérablement exhaussé de-
puis cinq cents ans, même en cette partie assez éloignée des bords de
la Seine.

Ces cryptes renfermaient autrefois de nombreuses sculptures.

Au sommet du monument on répare les combles et la toiture, tandis
qu’à l’intérieur on poursuit très-activement la décoration des quatre
chapelles commencée depuis plusieurs années.

Nouvelles églises de la Trinité et de Saint-Augustin à Paris. — La
construction des églises de la Trinité et de Saint-Augustin avance très-
rapidement, et la uécoration intérieure est commencée depuis quelque
temps.

Voici comment les travaux d'art en ont été répartis :

Pour Saint-Augustin, les peintures murales sont confiées à MM. Sl-
gnol, Bézard, Bouguereau et Brlsset;

Les peintures émailléesà M. Paul Balze, auteur du tympan que l’on a
enchâssé l’année dernière dans la grande cour de l’Écoledes Beaux-Arts;

Les vitraux, à MM. Maréchal, Ciaudius Lavergne et Prosper La-
faye. Ce dernier est chargé de la grande rose frontale.

Les statues seront exécutées par MM. Jouffroy , Jaley, Cayelier,

SCIIRODER, CARRIEIî-BELLEUSE, CüRDlER, JACQUEMART, BONNASSIEUX,

Lequesne, Lehaiuvel-Duhocher , Perrey, Chambard, Farochon, Ot-
ïtjn, Gruyère, Desprez, Brunot, Taluet, Malhurin Moreau et Char-
D1GNY.

Dans l’église de la Trinité, MM. Barrias et Jobé-Duval auront à
peindre dans la grande nef chacun cinq tympans (les Pères de l’Église);
MM. Lévy et Delaujnay exécuteront la décoration de la chapelle de la
Vierge, et M. Paul Baeze revêtira les trois tympans du porche de pein-
tures émaillées. Pour ie porche, un groupe (les trois vertus théologales)
et deux figures ont été commandées à M. Duret, et, pour la façade,
quatre grands groupes en pierre (les vertus cardinales) à MM. Cave-
ller, Crank, Maillet et Carpeaux.

Un certain nombre de figures destinées à la décoration du porche et
de la façade ont été confiées à MM. Guillaume, M aniglier, Double -
mard, Vital-Dubray, Aïzelin, Loison et Mathurin Moreau. M. Gu-
mery exécutera deux bénitiers en marbre et M. Paul Dubois une statue
de la Vierge.

• G.-A. Cassagnes,

FONTE D’ORNEMENT ET BRONZES D’ART.

Balrong et Appuis «le fenêtres en fonte (Modèles Dibbike).

PL. 2o, 26.

Articles antérieurs. — Balcons en fonte et en fer forgé de l’Hôtel des Dépôts et
Consignations, Alt), de l'Art Indust. 1859, PI. 7, col. 10. — Balcons en fer forgé de
Lisbonne, Alb. de l'Art Indust., 1801, col. 45. — Balcons (style Louis XIII et
Louis XIV), Alb. de l’Art Indust., PI. 25-26, col. 54.

La planche 25-26 représente un choix des principaux et des plus
élégants modèles des Balcons et Appuis de fenêtres en fonte construits
par M. Durenne (1). Nous avons mis même entre parenthèses les in-
dications de 1 Album du constructeur pour faciliter les demandes de
renseignements que l’on désirerait lui adresser directement.

Les prix et les poids de ces divers types sont d’ailleurs les suivants :

Fig. l. — Appui de fenêtre. — Poids 14\50. — Prix de la pièce 8 fr.

Fig. 2. — Appui ûe fenêtre.—Poids 15\50.—Prix de la pièce 8f.5‘2.

Fig. 3. — Appui de fenêtre.— Poids 25\50. — Prix de la pièce
14r.02.

Fig. k. —Appui de fenêtre.—Poids 21\30.—-Prix de la pièce 11'.71.

Fig. 5. —Appui de fenêtre.—Poids 17“.90.—Prix de la pièce 9'.84.

Fig. 6. — Appui de fenêtre.— Poids22“.80.— Prixde la pièce 12Q54.

Fig. 7. — Appui de feriêire.—Poids 18k.40.—Prixde la pièce 10'.12.

Fig. 8. — Appui de fenêtre.—Poids 19\5ü.—Prix de la pièce 10f.72.

Le prix des 100 kil. pour toutes lès pièces qui précèdent est de 55 fr.

Fig. 9. — Balcon. — Poids du mètre courant 25 kil. — Prix du

Eglise Saint-Sulpice. — L’église Saint-Sulpice, l’un des édifices

(1) 3, rue de la Verrerie, à Paris.
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