Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 10.1866

Seite: 25-26
DOI Seite: 10.11588/diglit.26971#0021
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ALBUM PRATIQUE DE L’ART INDUSTRIEL. — 10e ANNÉE. — JUILLET-AOUT 1866.

U° 58. — JutücKHtmt 1866.

PL. 19, 20, 21, 22, 23, 24.

SOMMAIRE.

texte. — Architecture décorative. — Portes cochères et Couronnements
de Fenêtres de plusieurs Maisons d’habitation de Paris (PI. 19, 20). — Motifs de Pla-
fonds sculptés, publiés par M. Eug. Rouyer (PI. 21). — Types divers de Consoles
ornées (PI. 22). — Du style dans la Décoration intérieure des Habitations, Encadre-
ments, Glaces, Tentures, Consoles, etc., par MM. Loremy et Grisey (3e article). —
Bois découpés. — balustrades pour Balcons, par MM. Waaser et Madin (PI. 23).

— Consoles pour Balcons et Toitures (PI. 24). — Revue Photographique. —
Neutralisation du bain de Nitrate d’argent par la Craie. — Tirage des Positifs à l’Al-
buminate d’argent. — Coloration des Epreuves sur Papier au moyen de la lumière
polarisée. — Photographie sur Soie. — Tirage des positifs au Ferroso-acétate de fer.

— Séances de la Société Française de Photographie.

peaxches.— 19, 20. Portes cochères et Couronnements de Fenêtres de plusieurs
Maisons d’habitation de Paris. — 21. Motifs de Plafonds sculptés, publiés par M. Eug.
Rouyer. — 22. Types divers de Consoles ornées. — 23. Balustrades pour Balcons,
par MM. Waaser et Madin. — 24. Consoles pour Balcons et Toitures.

ARCHITECTURE DÉCORATIVE.

Portes enchères et Couronnements de Fenêtres

de ■plusieurs Maisons d’habitation de Paris.

Pl. 19, 20.

La Planche 19 indique quelques motifs de portes cochères de plu-
sieurs Hôtels et Habitations de Paris.

Fig. 1. Maison du boulevard Monceaux. —Fig. 2. Maison du boule-
vard Monceaux. — Fig. 3. Maison rue Poulletier, 20. — Fig. k. Mai-
son rue de Turin, 8.

La Planche 20 représente divers modèles de couronnements de fe-
nêtres.

Fig. 1. Maison d’angle de la rue Laborde et du boulevard Males-
herbes. — Fig. 2. Maison rue de Grenelle-Saint-Germain. — Fig. 3.
Maison avenue de Montaigne. — Fig. h. Maison rue de Turin, 8.
— Fig. 5. Maison quai des Ormes, 8. — Fig. 6. Maison rue Char-
iot, 63.

Motifs de Plafonds sculptés.

Publiés par M. Eug. Rouyer.

Pc. 21.

Les deux dessins de plafonds représentés Pl. 21 sont extraits de la
remarquable publication de M. Eugène Rouyer.

Us se rapportent au style Renaissance; l’un, indiqué par la Fig. 1,
se trouve dans l’église d’Aisnay (Époque de François Ier); l’autre est au
château de Beauregard (Époque de Henri II).

Types divers de Consoles ornées.

PL. 22.

Fig. 1 et 3. Château d’Heidelberg. — Fig. 2 et 10. Palais de Fon-
tainebleau. — Fig. U. Quai de Béthune, 20, Paris. — Fig. 5. Maison
rue Mazarine, Paris. — Fig. 6. Garde-Meuble. — Fig. 7. Fontaine de
l’Abbaye, Paris. — Fig. 8. Rue de Turin, 8. — Fig. 9. Rue de Valois-
du-Roule, 8. — Fig. 11. Quai des Ormes, 8. — Fig. 12. Maison rue de
la Vieille-Estrapade, Paris.

Du Style dans la Décoration intérieure des Habitations,

Encadrements, Glaces, Tentures, Consoles, etc.

Par MM. Loremy et Grisey.

(3' Article.)

§ 1. — DES DIFFÉRENTS STYLES. (Suite.)

La Révolution interrompit violemment la tradition et, en haine du
passé qu’elle détruisait, rejeta tout ce qui pouvait le rappeler et re-
vint à l’antique. Ce mouvement de parti pris fut favorisé par l’éclat que
jeta l’expédition d’Égypte. lise continua sous l’Empire.

O — 57.

On fut grec avec le Directoire, égyptien avec le Consulat, romain
avec l’Empire; mais tout ce qui nous reste de ces époques ne peut
que nous faire mieux sentir combien le talent d’appropriation est chose
précieuse lorqu’on reproduit les styles.

La Restauration n’eut pas plus que l’Empire un style qui lui fût pro-
pre. La profonde scission qui existait entre un gouvernement vieilli et
les tendances nationales, la fermentation qui travaillait les classes
moyennes, impatientes de devenir les aînées de la nation, la création
de l’industrie, l’introduction de la machine et de la vapeur, qui allaient
révolutionner le travail et la production économique des peuples aussi
profondément que les principes de 89, la société politique, étaient des
éléments trop défavorables pour qu’un style vrai et réel pût naître.

En scrutant les origines nationales, on avait pour ainsi dire décou-
vert le gothique; l’école romantique glorifiait le moyen âge, l’art ogival
régna en maître, on en mit partout, le goût en fut vif mais rapide, et
l’on dut bientôt abandonner Victor Hugo, la Esméralda et Notre-Dame
pour d’autres errements.

Vers 1830 Chenavard, réagissant déjà contre le gothique, avait
cherché à créer un style nouveau d’ameublement en demandant des
inspirations à la Renaissance. L’art industriel suivit lentement d’abord;
puis entré trop vite dans cette voie, l’exagération se produisit. Ce mou-
vement eut un grand résultat, il mit l’artiste en rapport plus intime
avec 1 industriel. Feuchère montra l’exemple; bientôt les plus grands
noms le suivirent. Sans quitter le Louvre, ils visitèrent les ateliers de
l’industrie et ne se crurent plus abaissés en lui fournissant des dessins
et des modèles.

Ce retour vers la tradition nationale devait bientôt remettre en
honneur les styles Louis XIV, Louis XV et Louis XVI, comme si l’on
avait hâte de renouer et de parcourir toute la chaîne de la tradition
pour créer à nouveau. On voulait apprendre pour devenir maître à son
tour et marquer son œuvre d’un cachet d’individualité réelle.

La conquête de l’Algérie, nos relations plus suivies avec l’Orient,
firent un instant tourner les yeux vers cet art arabe qui se prête si
bien à la fantaisie décorative qui a bâti l’Alhambra, l’Alcazar, la cathé-
drale de Cordoue, et fait à Bagdad la ville des féeries. Les décorations
mauresques, dont les ravissants édifices de Grenade-la-Merveille, offrent
de si beaux exemples sont devenues le style d’un genre qui a trouvé
une multitude d’applications industrielles. La loi musulmane interdisant
la représentation d’êtres animés, c'est vers la combinaison des lignes,
des couleurs éclatantes du bleu, du rouge, de l’or, que se porta le goût
des artistes. Ces treillis, ces entrelacements de lignes irrégulières s’en-
laçant sans autre loi que la fantaisie, produit direct du caprice et du
goût de l’artiste, se mêlant de fleurs d’Orient et de lettres arabes, for-
ment une ornementation très-brillante, souvent harmonieuse, dont on
ne doit toutefois user qu’avec sagesse.

Les expositions universelles, les expéditions lointaines, nous ont ré-
vélé qu’il existait dans l’extrême Orient un art antique dont la tradition,
presque immuable, se transmet depuis des siècles et qui peut, dans une
certaine mesure, fournir des modèles à notre fabrication.

Les conditions dans lesquelles l’art industriel doit aujourd’hui pro-
duire en France ne ressemblent en rien à celles de toute autre époque.
Les progrès de la liberté moderne, la division de la propriété, la diffu-
sion des lumières, F .ccroisseinent rapide de la fortune publique et de
l’aisance individuelle, la puissance inouïe et nouvelle de nos moyens
d’action sur la matière, l’immense mouvement industriel qui va partout
reliant les peuples ; la science toujours prête à éclairer et à servir l’in-
dustrie, ont créé des besoins nouveaux auxquels il doit satisfaire. Un
petit nombre de privilèges n’ont plus droit seulement aux satisfactions
que procurent le luxe et les arts; des millions de familles qui, hier,
usaient leurs efforts à subvenir à leur existence et bornaient leurs dé-
sirs au pain du lendemain, ont acquis aujourd’hui, par leur travail,
droit au bien-être, à la vie élégante ; c’est surtout pour elles que l’art
industriel doit produire.

Les dix ans qui viennent de s’écouler ont été dix années de calme,
d’ordre, d’activité industrielle; le réseau des chemins de fer s’est étendu
partout, et les communications plus faciles ont mis les habitants des
centres les plus isolés à même de juger dans les villes le confortable de
la vie moderne. Le cultivateur, le petit propriétaire, ont eu par certains
faits économiques comme une révélation d’une fortune, que tout, depuis,

1866. — h
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