Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 10.1866

Seite: 27-28
DOI Seite: 10.11588/diglit.26971#0022
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ALBUM PRATIQUE DE L’ART INDUSTRIEL. — 10e ANNEE. — JUILLET-AOUT 18(36.

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a tendu à augmenter; la liberté commerciale a mieux fait comprendre
le besoin de lutter avec les nations rivales par une fabrication meilleure
et des produits d’un goût plus pur; la comparaison des progrès ac-
complis, d'exposition à exposition, a fait sentir tout le danger de s’en
tenir aux lauriers remportés; enfin Paris a été rebâti, et l’impulsion
donnée à l’art par ce seul fait a été immense ; le mouvement s’est étendu
à tout, à l’architecture extérieure, à la décoration intérieure, à l’ameu-
blement qui doit garnir l’habitation. Il a embrassé toutes les construc-
tions depuis le palais, l’hôtel somptueux, la maison élevée par la spé-
culation sur nos grandes voies, jusqu’à la modeste mais gracieuse villa,
à la maisonnette, au chalet, construits aux champs pour le calme et le
repos. On peut ainsi suivre de maison en maison, de ville en ville pour
ainsi dire, le progrès de l’art avec celui de l’industrie et de la fortune
publique, voir le bon goût, richesse gratuite d’un peuple civilisé, em-
bellir la demeure la plus modeste.

Quant au style qui doit cor respondre à ce mouvement, il ne peut
être nettement caractérisé et jugé par nous. Une époque n’a jamais
conscience de celui qui lui est propre et qu’elle crée. Occupée à pro-
duire et cherchant des inspirations et des modèles dans l’étude des an-
ciens maîtres, elle n’est pas apte à séparer elle-même par la critique
son apport des emprunts qu’elle fait au passé; à l’avenir appartient le
droit de la juger et de la définir.

Quoique embrassant une longue période, les types reçus comme
pouvant servir à la construction, à la décoration et à l’ameublement
moderne, sont, on le voit, en petit nombre; on pourra facilement les
reconnaître aux caractères que nous allons décrire dans une étude
spéciale de chacun d’eux.

§ II. — DE LA. DÉCORATION INTÉRIEURE DES HABITATIONS.

L’aspect extérieur d’une habitation annonce le rang, la fortune, le
caractère de celui qui l’habite. La magnificence, la richesse de l’orne-
mentation flattent l’amour-propre; l’élégance, la pureté de style, la
convenance des dispositions prouvent le goût; mais la dignité,le bien-
être, le comfort de l’existence résultent d’un intérieur agréable qui sa-
tisfait commodément à lous les besoins de la vie. A mesure que la ci-
vilisation fait des progrès, qu’elle diminue l’inégalité sociale et répartit
à lous une plus grande somme de bien-être, l’homme appelle à l’em-
bellissement de son intérieur lous les arts utiles pour satisfaire à ses
besoins matériels, et les beaux-arts pour satisfaire aux besoins réunis
des sens et de l’intelligence.

Depuis un demi-siècle, nous avons fait les progrès les plus remar-
quables dans l’art de disposer nos habitations de manière à les rendre
agréables, commodes, saines et comfortables. Forcés souvent de nous
contenter d’habitations moins spacieuses que ces vastes appartements
dans lesquels vivaient nos ancêtres, l’art sait tirer le parti le plus ha-
bile avec l’architecture en se prêtant plus volontiers que les dehors de
l’édifice à la fantaisie et au goût personnel de ceux qui l’habitent. Elle
varie nécessairement avec les styles et avec les époques.

Les Grecs et les Romains y employaient les marbres de tout genre,
des stucs, des peintures à la cire, des fresques. Us faisaient un très-
grand usage des mosaïques formées de cubes de pierres naturelles ou
de verres de différentes couleurs, fixés dans un ciment et polis pour en
faire valoir les nuances et les teintes. Ce genre de décoration s’alliait
parfaitement avec le développement de leur architecture, et était fort
bien approprié à la chaleur de leur climat. Elle constituait chez les
Romains un mode usuel de représentation des objets à l’aide d’élé-
ments colorés et était leur véritable peinture. Le christianisme accepta
Ja mosaïque comme l’art de décoration par excellence. Les mosaïstes
byzantins la portèrent au plus haut degré de perfection; leurs travaux
eurent une grande influence sur la peinture, à l’époque de la Re-
naissance. Rome s’est toujours maintenue à la tête de cet art qui s’é-
tendit, aux xve et xvi" siècles, à la décoration des meubles en mar-
queterie, dans la fabrication desquels Florence acquit, comme on sait,
une grande renommée.

C’est sans doute de la fabrication des cubes en verre coloré pour la
mosaïque que naquit celle des vitraux de couleur dont Charlemagne
ordonna l’emploi dans toutes les églises, et dont le style ogival lit un
si merveilleux élément de décoration.

Dagobert ayant fait reconstruire, dans la première partie du
vir siècle, l’église de Saint-Denis, s’abstint de faire peindre l’inté-
rieur de cet édifice, comme c’était alors l’habitude, et fit couvrir les
murailles et les colonnes de draperies tissues d'or et brodées de per-
les. Ce genre de décoration, d’où naquirent les tapisseries à basse et
haute lisse, s’étendit des églises aux palais et aux riches demeures, et
persista jusqu’à la Renaissance, accompagné dans le style ogival par la
sculpture sur bois.

C’était la seule décoration intérieure qui convînt au Moyen Age,

lorsque les donjons des hauts barons eurent succédé aux nobles re-
paires des conquérants, devant la barbarie desquels avait disparu la
civilisation gallo-romaine, malgré les efforts et le génie de Charle-
magne. Perchés sur le roc, ces nids de gens de guerre et de rapine,
toujours prêts à fondre sur la proie ou à combattre, se composaient
de vastes pièces dans lesquelles vivaient en commun le châtelain, sa
famille, ses vassaux et ses serviteurs et où s’abritait au besoin la popu-
lation des serfs dont les masures, bâties en bois avec remplissage de
briques, de pierre et de terre, suivant la vieille coutume gauloise. On
campait plutôt qu’on n’habitait dans ces forts-demeures. Les tentures
qui revêtaient les murs et, au besoin, formaient des compartiments sé-
parés, des retraits pour la châtelaine dans les immenses pièces occu-
pées en commun, étaient vile détachées des bâtons qui les supportaient
et enroulées pour le transport, lorsque les chances de la guerre ou les
besoins de la vie féodale forçaient le seigneur de quitter un fief pour
aller en habiter un autre. Dans ces temps où nulle sécurité n’existait,
où toute institution de crédit était ignorée, où la guerre continuelle
faisait à chacun une existence nomade, le coffre fut presque le seul
meuble; on y entassait tapis, vêtements, vaisselles et métaux précieux,
lits et parures, et on partait emmenant sa famille et traînant sa fortune
jusqu’à ce que l’on eût atteint le nouveau donjon ou le nouveau fief.

Les magnifiques boiseries gothiques que l’on admire tant sont l’œuvre
de la fin du Moyen Age, lorsque la féodalité eut succombé sous les ef-
forts réunis de la royauté et du peuple; elles marquent l’arrivée de la
Renaissance.

Les grands travaux en boiserie appartiennent d’ailleurs plutôt à
l’église et au couvent qu’aux demeures civiles.

Us forment les chœurs de l’église, décorent les stalles dans les-
quelles siège le chapitre et ornent les armoires qui conservent le tré-
sor des saints et l’argent des indulgences. Ce sont œuvres de dévotion,
de foi et de patienee comme nos cathédrales. Souvent des commu-
nautés entières de moines travaillaient pendant un quart de siècle à
tailler et sculpter le bois du meuble à mille compartiments offert à
l’abbé le jour de sa fête. C’est l’œuvre des siècles qui ont de longues
heures à donner à l’oisiveté, le travail de gens qui n’attendent pas de sa-
laire et ne cherchent qu’à employer utilement leurs loisirs. La rêverie
des longues solitudes les fait facilement artistes, la rigidité de la règle
leur donne la patience des longues tâches, la pratique une grande ha-
bileté de main ; ils ignorent encore tout ce qui est savant dans l’art,
ayant peu vu ils ont peu de goût; mais ils excellent à rendre naïve-
ment ce qu’ils sentent, toute leur œuvre s’empreint du sentiment qu'ils
éprouvent.

A la Renaissance, les boiseries sculptées entrent en grande partie
dans la décoration civile. Les princes et les grands seigneurs habitent
alors avec plus de sécurité leur demeure; le bourgeois tient encore
porte close, mais il a conquis pignon sur rue. On s’attache à la maison
qu’on habite, et que ne détruiront pas les chances de la guerre, cha-
cun cherche à l’embellir. La peinture à fresque se lie directement à la
décoration des édifices, \e Jugement dernier de Michel Ange se déroule
sur les murs de la chapelle Sixline, tandis que Raphaël, s’inspirant de
l’antiquité, peint les panneaux du Vatican, qui resteront toujours
comme le type harmonieux de ce genre de décoration.

(La suite prochainement).

BOIS DÉCOUPÉS.

(Balustrades pour (tairons.

Par MM. Waaser et Madin.

Pl. 23.

Balustrades en peuplier de 0“.020 d’épaisseur, droites ou ram-
pantes.

1. Sur On’.74 de haut, le mètre courant 10r.50

2. — 0 .74 — - 10.25

3. — 0.74 — — 11.00

4. — 0.74 — — 8.00

5. — 0 .74 — — 11.00

g. — o .74 — par frises 11.00

7. — 0 .74 — — 9 .50

8. — 0 .74 — — 10.00

Les prix ci-dessus des balustrades comprennent leur embrèvement
haut et bas dans les bâtis de construction ; lorsqu’elles seront fournies
sans cet ouvrage, elles seront diminuées par ce fait de 0'.50 le mètre
courant.

Les mêmes, augmentées d’un lambrequin et portées à 0m.85 de
hauteur, seront comptées l',25 eu plus par mètre courant.
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