Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 10.1866

Seite: 41-42
DOI Seite: 10.11588/diglit.26971#0029
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ALBUM PRATIQUE DE L’ART INDUSTRIEL.

— 10' ANNÉE. — NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1866.

A 2

XV 60. — lîotifmbn'-ÎDccnnlirf 1866.

PL. 29, 30, 3i, 32.

SOITIITI) A IRE.

TESTE. — Architecture décorative. — Types divers de Consoles ornées
(PI. 29).— Du Style dans la Décoration intérieure des Habitations, Encadrements,
Glaces, Tentures, Consoles, etc., par MM. Loremy et Grisey (5'article). —zincs
estampés. — Faîtages et Cache-Stores en Zinc, par M. Michelet, Constructeur A
Paris (PI. 39). — verre» et Cristaux. — Verres à Vitres-mousseline, par M. Gu-
gnon (ils, Fabricant à Paris (PI. 31-32). — Gravure. — Gravures mates sur cristal
et sur verre. — Mosaïque. — Le Silexore. — Galvanoplastie. — Les Progrès de
('Électro-chimie appliquée aux Arts et à l’Industrie. — Revue Photographique.
— Procédé rapide à l’Albumine. — Retouche des Négatifs. — Épreuves transparen-
tes d’objets opaques. — Détermination de la teneur exacte en Nitrate d’argent d’un
Bain quelconque. — Compte rendu des Séances de la Société française de Photogra-
phie.

plaathe». — 29. Types divers de Consoles ornées. — 30. Faîtages et Cache-
Stores en zinc, par M. Michelet, Constructeur A Paris. — 31-32. Verres à Vitres-
mousseline, par M. Gugnon fils, Fabricant à Paris.

ARCHITECTURE DÉCORATIVE.

Types divers de Consoles ornées.

PL. 29.

Fig. 1. Maison particulière du quai des Orfèvres, à Paris. — Fig. 2.
Maison de la rue de Tournon. — Fig. 3. Maison de la place des Petits-
Pères.— Fig. h. Maison de la rue Fortin. —■ Fig. 5. Maison de la rue du
Temple, n° la9.— Fig. 6. Maison delà rue de Grenelle-Saint-Germain.
— Fig. 7. Maison de la rue de la Vieille-Estrapade. — Fig. 8. Hôtel
d’Assézat, à Toulouse. — Fig. 9. Maison de la rue de Jérusalem.—
Fig. 10. Église Saint-Nicolas-du-Chardonnet. — Fig. 11. Chambre des
Notaires, place du Châtelet. —Fig. 12. Maison de la rue de la Vieille-
Estrapade.

Du Style dons la Décoration intérieure des Haliitations,

Encadrements, Glaces, Tentures, Consoles, etc.

Par MM. Lorejiy et Grisey.

(5" Article.)

Il a été quelque temps de mode de beaucoup protester au nom de l’art
contre cette sculpture d’imitation qui n’en pouvait mais, et poursuivait
son chemin malgré tous les reproches qui pleuvaient sur elle. Que n’a-
t-on pas dit contre ce qu’on appelait les bases sculpturales en carton-
pierre, en carton-pâte, qu’on regardait comme d’invention purement
industrielle, sans se rappelerles artistes poupetiers de la Renaissance,
sans songer que les salons de Fontainebleau, du Louvre, les décora-
tions Louis XV et Louis XVI, que l’on opposait comme contraste aux
modeleurs modernes, avaient été ornés par les mêmes procédés? On
n’aboutissait, disait-on, qu’â d’affreux pastiches baveux et surchargés,
sans délicatesse et sans solidité aucune, également réprouvés par le
goût et par l’economie. Il y a plus que de l’exagération, il y a de l’in-
justice dans ces reproches, et s’ils se répétaient aujourd’hui, après les
progrès accomplis et les preuves faites, il y aurait de l’ignorance, de
la mauvaise foi.

Ces reproches malintentionnés entretiennent un préjugé aussi nui-
sible au public qu’â l’art, et qu’il importe de détruire.

La facilité à reproduire et à répéter les ornements par les procédés
qu’emploie ia sculpture d’imitation a pu, il est vrai, disposer l’archi-
tecte, aussi bien que le modeleur, à accumuler les ornements, à mul-
tiplier les détails, à introduire dans la décoration architectonique tout
un monde animal et végétal, qui monte à un relief, à une importance
tout à fait disproportionnée avec le rôle qu’ils jouent et la place qu’ils
occupent. Le reproche d’exagération pouvait être fondé lorsque ré-
gnait l’engouement du gothique et que chaque petite ville voulait avoir
son café à ogives, dans la décoration duquel on voulait mettre tout le
moyen âge. Aujourd’hui, on sait que la raison et l’à-propos doivent
guider la main du modeleur; ia pureté des formes, ia délicatesse des
lignes, le caractère font le mérite de l’ornementation qu’il produit ;
l’artiste est en méfiance contre des entraînements faciles, et maint sa-
lon, maint théâtre que l’on admire, prouvent aux yeux quels heureux
0 — 59.

effets cette facilité du moulage permet d’obtenir lorsqu’elle est guidée
par le goût.

L’ornementation en composition plastique arrive à une souplesse, à
une imitation de la nature, à une pureté de formes, â une finesse de
lignes que ne sauraient atteindre ni le bois ni la pierre, surtout
lorsque la dorure les recouvre, et la solidité de la matière n’a pas à
redouter de comparaison. La gélatine, uniquement employée dans
certains moulages, sait prendre toutes les finesses du modèle et repro-
duire les objets naturels avec la fidélité la plus parfaite. Elle offre cet
avantage immense de donner des réductions d’une exactitude extrême
de tous les ornements qu’elle moule, sans altérer jamais leurs propor-
tions ni leurs détails, et de permettre par conséquent d’obtenir, sans
trop de-dépense, des réductions vraiment artistiques de toutes les dé-
corations que l’on a créées.

On se doute peu combien il faut d’activité, de travail patient, pour
réunir tous les modèles qui peuvent inspirer l’artiste, lui fournir un
ornement, un détail heureux à imiter ou à reproduire; les magasins
de modèles moulés se changent en véritables musées dans lesquels on
pourrait retrouver la reproduction des types les plus purs de toutes
les époques; c’est par milliers que les plâtres, grands ou petits, s’y
multiplient; c’est un fonds d’exploitation pour l’établissement indus-
triel, aussi nécessaire à sa fortune que l’outillage le plus perfectionné
et le concours d’ouvriers habiles, et que les sacrifices d’argent, les
efforis les plus grands, ne parviennent jamais à improviser.

La peinture en teintes plates imitant les bois indigènes ou exo-
tiques de tout genre, les marbres, la marqueterie, remplacent sou-
vent la dorure ou se joint à elle dans les baguettes d’encadrement. La
* spécialité donne à l’exécutant dans ces sortes de travaux une habileté
surprenante; la vérité de couleur, de ton, de nuances, de dispositions,
de dessins et de lignes, à laquelle atteignent ces sortes d’imitations,
déjouent souvent l’œil le plus expert. L’art n’a rien à reprendre et n’a,
au contraire, qu’à applaudir à ces imitations, lorsqu’elles restent dans
une certaine limite, déterminée par le goût et par la nature même des
choses, et elles permettent d’obtenir des harmonies et des effets aux-
quels on ne serait jamais arrivé sans elles.

Puis il y a, en dehors de la question purement artistique et de celle
du bon marché, un point de vue plus élevé duquel on doit envisager
l’œuvre du modeleur et ses procédés d’imitation et de reproduction :
c’est la vulgarisation des œuvres d’art, à laquelle le moulage est pour
la sculpture ce que la gravure ou la lithographie sont pour le tableau,
ce que l’imprimerie est pour la pensée. Le cadre en bois sculpté par
la main de l’artiste reste une œuvre originale, unique, d’une valeur
souvent plus grande que l’objet qu’il entoure ; il ne peut aller que chez
le riche ; il faudra que le sculpteur reprenne à nouveau sa tâche, qu’il
refasse en entier la même œuvre pour en reproduire un second, et
celte lenteur d’exéculion, ce prix forcé de revient, n’iraient pas avec
les besoins de la civilisation actuelle. Si, au contraire, en sortant de
ses mains, le cadre passe dans celles du modeleur, cent éditions d’une
perfection égale pourront sortir du moule, et la juste rémunération de
l’artiste, le salaire de l’ouvrier, le bénéfice de l’industriel, répartis sur
ce grand nombre d’exemplaires, permettront de les livrer à un prix
facilement abordable aux aisances les plus modestes.

Dans notre époque, essentiellement de transition, où des idées sur
lesquelles reposait depuis des siècles l’état social, nulle ne reste ferme
sur sa base, où les principes qui doivent régir l’avenir sont à peine en-
trevus, mal compris et mal définis, un seul sentiment reste debout,
résumant en lui toutes les inspirations, ralliant toutes les espérances,
celui de la famille dont l’habitation est le sanctuaire. Rendre agréable
la maison au pauvre comme au riche, à l’enfant qui grandit sous l’œil
de sa mère, à la femme que la nature fit pour la vie d’intérieur, à
l'homme qui ne fuit la douce intimité du foyer que lorsqu’il espère un
bien être plus grand, est une œuvre hautement moralisatrice : c’est
celle que l’art seul ne saurait accomplir, si l'industrie n’était là avec
ses puissants moyens pour féconder son œuvre, la répandre, la rendre
accessible à tous.

Cei tes, quand nous voyons un miroir du xtvc siècle dans ses valves
à plusieurs registres en ivoire sculpté, représentant des scènes de ga-
lanterie tirées de quelque roman de chevalerie, ou un cadre en buis
sculpté sur fond de bois d’amarante, riche composition architectu-

1866 —6
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