Alembert, Jean Le Rond ; Keith, George
Eloge De Milord Marechal — Berlin, 1779 [VD18 90543998]

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tendant à se rem'barquer ( 4 ). Miîord Maréchal
refuià de le suivre : Votre Majejlé, lui dit-il3 va
se conferver ponr ses amis ; je vais partager les
malheurs de ceux qui lui rejient en Ecojse , je les
rassemhlerai, çsj je ?l’en partirai qtCavec eux.

Condatnné à perdre la vie par 1111 jugement
solemnel du Parîement d’Angîeterre, il perdit
au moins toutes ses dignités , qu’il regretta peu,
& tous ses biens, qu’il n’auroit pas regrettés
davantage , sans le généreux & digue emploi
qu’il en auroit vouîu faire pour soutenir la causc
de son Roi , & pour aider les malheureux com-
pagnons de sa fidélité & de son zèie. De toutes
îes possessions, il ne conserva que le titre de
Maréchal d’Ecoise. Four cet ejset-là, écrivoit-il
à un de ses amis , .avec une gaité qui ne l’aban-
donna jamais dans la plus mauvaise fortune,
je le garderai sous le hon plaisir du Roi George ,
qui n'ejl pas le maïtre de me l'hter > car j'en
jouis, ne lui en déplaise, à rneil/eur droit qu'il
ne pojsede la couronne de la grande Bretagne ,
puisque ce titre étoit celui de mes peres\ es si je
ne puis l'empêcher de figner , comme il fait ,
Geokgf. roi , au moins je signerai toujours ,
avec sa permijjion , LE Maréchal d’Ecosse.
II ssgna en eifet toujours ainss , sur-tout après
sa proscription. C’étoit une espèce de protefla-
tion tacite & continuelie contre celtn qu'il reiu-
soit non-seulcment d’appelier fonmaitre, ( car
je n'aurai jamais , disoit-il, d'autre maitre que
la loi j, mais de reconnoitre & d’avouer pour
son Souverain.

II erra cinq à six mois, toujours potirsuivi
& toujours tranquille , dans les montagnes &
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