Alembert, Jean Le Rond ; Keith, George
Eloge De Milord Marechal — Berlin, 1779 [VD18 90543998]

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les petites isscs au nord dc l’Ecosse ; sà tète étoit
inise à prix, & lui-mème avoit assisté paisible-
ment à cette proclamation, sans se croire un
moment en danger au rnilieu de ses digncs com-
patriotcs. PJfein de reconnoiisance & d’une sortc
de respect pour fes pauvres Paysans qui osoienc
lui 'donner asyle dans leurs cabanes, il leur té-
moignoit cc sentiment si noble en n’usant d’au-
cun déguisement avec eux, & il avoit pris cette
couragc’ise résolution pour se procurer des ren-
.dez-vous promps & faciles avec ses arnis, com-
mc lui proscrits & fugitifs. La somme consi-
dérable qui devoit payer sa tète , eût fait Ja
fortune de cclui qui l’auroit livré. Tous eurent
le courage de lui ètrc fidcles , & lui de ne pas dou-
ter qii’iïs nc le füsscnt. Sa généreuse confiance
eut lc prix qu’elle méritoit ; elle ne fut point
trompée. Je ne crois pourtant pas , disoit-il ,
étre aujjl bien caché que Milord Bolinbroke, qui
dans un de Jes voyagss ne voulant pas étre comm,
avoit recotnmandé à itu Negre , J'on Jerd dowejli-
que , de dire qiCil étoït Frauçois ; ce Negre, ja-
lottx de mérïter par sa dijcrétion la conjiance de
son maitre, répondoit à toutes les quejlious que
lui JaijbieUt les C7trieux. il ejl François , Çj' moi
nttJJj. C’efl ainsi que notre paisible Philosophc ,
au rnsieu dcv périls éminens qui menacoient st
vie, plaisantoit sur ces périls mèmes, & sur la
difficulté d’y échapper.

En voyant les preuves touchantes d’attache-
mcnt & de fidéiité donnces à Miiord Maréchal
par/a Nation, on ne sera point surpris de l’a-
mour qu’il eut jusqu’à la fin de ses jours pour
les braves Ecojfois, car il aimoit à les nonnner

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