Alembert, Jean Le Rond ; Keith, George
Eloge De Milord Marechal — Berlin, 1779 [VD18 90543998]

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ïe peu de f'ruit de ses solîicitations, qtte ce Roi
sms États saus sorce, jt’avoit rien à espérer de
fes Aupijles Consréres.

Ne pouvant plus lui ètre utiîe, & se ssattant
néa'nmoins encore dc pouvoir le servir un jour
dans des circonstances p!us heureufes, ilrésolut
de s’attacher à un iervice étranger, pour y cul-
tiver scs talens militaircs , jusqu’au momcnt où
son Souverain en réclameroit l’ustge. II entra
donc au service d’Espagne, avec lcs Officiers
EcoiTois qui avoient été les compagnons de ses
daugers & de ses malhcurs. On lui oflrit le grade
de Lieutenant générai ; il le reful’a, & tte vou-
lut que celui de Maréchal de carnp. Une ü rare
modératiou étonna beaucoup , mais édifia encore
davantage l’ambitieux Alberoni, qui de pauvre
Curé de village étoit devenu Ministre tout-puis-
saut de ce grand Royaume. .Je fnpplie le Roi,
lui dit Milord Maréchal, d'attendre , pour me
donner un grade supérieur que je m'en sois rendii
digne & capable ( 'j )• Ricn- ne le surprenoit da-
vantage que la confiance téméraire d’un Géné-
ral ignorant, qui osint comntander sans avoir
long-tems appris à obéir, paye son ineptie par
ses défaites, toujours présomptueux malgré les
mauvais succès, & toujours battu Ctns cn être
plus insîruit.

Commc lcs appointemens militaires dc Milord
Maréchal étoicnt fort modiques , & sur-tout
mal payés, la Cour d’Espagne n’avQit pas l’in-
julficc d’exiger de lui dans son service cette
exadisu.de rigoureuse, que deux millions de sol-
dats en Europe vendent à bien plus bas prix ,
nrais à laquclle ii n’cût pas voulu s’alsujcttir aux
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