Alembert, Jean Le Rond  ; Keith, George  
Eloge De Milord Marechal — Berlin, 1779 [VD18 90543998]

Seite: 14
DOI Seite: Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/alembert1779/0018
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen Nutzung / Bestellung
0.5
1 cm
facsimile
X 14 X

rageuse, avoit pour lui toute !a tendresse d’un
pere , & tout le respect qu’un homrae vertueux
a pour son semblable.

Milord Maréchsil fut aussi très long-teras à
Rorae auprès du Prétendant, qui lui donna l’or-
dre de la Jarretiere ; décoration dont il n’osoit
gueres se parer qu’à la très-petite Cour de ce
Prince ; pnr-tout aiüeurs il lui paroiiîbit peu
convenable ci’expofer à des plaisanteries indé-
centes ce triste présent d’un Roi qui n’avoit pu
l’ètre. Il fant, disoit-il, renoncer, spus peiue Ae
riclrcule , h ces vains oniemens, lorfque celui de
qui on les tient ndjl pas en état de les saire
respecler.

Son amour pour la liberté, & le besoin qu’ii
avoit de îe satisfaire , n’étoient pas la seule rai-
son de ses fréquens voyages. Souvent iis avoient
pour objet des négociations secrettes, toujours
dirigées, quoique sans eifet, au bicn de la cause
qui lui étoit si chcre. Mais plus de trente ans
avant sa raort il brula tous ses papiers, & les
détails intéreisans de ces négociations resteront
à jamais inconnus. II serable qu’il ait voulu for-
cer ies arais qui hii survivroient, à garder sur
lui, après l’avoir perdu, le silence rigoureux &
modeste qu’il s’étoit lui-raème imposé pendant
sa vie.

Au milieu de tontes ses courses , son goût
pour l’Espagne l’y ramenoit toujours; il en ai-
rnoit le beau cHrnat, & sur-tout en chénisoit
le peuple, à qui il trouvoit un.caraClere de no-
bless’e & de franchise d’autant plus fait pour lui
plaire, que ce camctere étoit le sien ; il pardon-
noitaux Espagnols , en saveur de ces rares qua-.
loading ...