Alembert, Jean Le Rond ; Keith, George
Eloge De Milord Marechal — Berlin, 1779 [VD18 90543998]

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Faux, & par conséquent dangereux, des forces
que le parti de ce Prince avoit en Ecoise & en
Àngleterre; Milord Maréchal réduifit ces forces
prétendues à ce qirelles étoient réellement; il
ie croyoit obligé à cette déclaration, tant par
amour pour la vérité qu’il préferoit à son Roi
mêmé, que pour ne pas abuser en pure perte
des secours de la France ; car il aimoit mieux
en ëtre tout-à-fait privé, que de voir cette
Puisiancc trompée par des rapports infideles ,
n’envoyer à son allié qu’un corps de troupes
însuflisant, & sacrifier ainsi inutilement ses pro-
prcs soldats. Sa noble & courageuse sincérité
eut nn erïet qui l’afPiigea plus encore que le peu
de talent où de probité des Ministres de son
Prince ; il apprit qu’on lui avoit rendu de mau-
vais offices auprès de celui qu’il servoit avec
tant de zèle. Le jeune Edouard, presque auisi
entouré de siatteurs & dc fourbes que s’il eût
èté Roi , avoit pris contre son plus fidele servi-
teur des fentimens de défiance, dont les Prin-
ces malheureux ne sont que trop susceptibles.
Milord Maréchal crut avec raison , qu’un Sujet
qui s’immole pour son Souverain , mérite au
moins son estime & sa confiance ; il prit avcc
douleur )e parti de vivre désormais pour lui
seul ; résolution d’autant plus pénible à son
cœur , que depuis long-tems ses infirmités la
lui consesiloient en vain : mais il lui parut trop
cruel de perdre à la fois sa vie & ses services.
II écrivit donc au Prétendant , qu’obligé par
son âge & par sti santé de renoncer au métier
de la guerre, il n’avoit plus désormais que des
vœux à saire pour lui, quoique son respecft &
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