Alembert, Jean Le Rond ; Keith, George
Eloge De Milord Marechal — Berlin, 1779 [VD18 90543998]

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plis. Milord Maréchal, plus que septuagénaire»
11e trouva en Ecosse qu’un climat trop rude pour
sa -santé , & point d’amis, car à cet âgc on n’en
faitplus, &ilen avoit besoin. Les Jacobites d’ail-
leurs se rassembloient autour de lui -, & tout éloi-
gné qu’il étoit de s’opposer à leur zèle, il se crut
obligé dene plus fairecause commune avec eux,
depuis qu’il avoit obtenu (ouplutôtaccepté)sa
réhabilitation. D’ailleurs ce Patriote vertueux ,
plus homme encore que Jacobite , étoit témoiu
avec douleur de la vie peu digne d’un Roi, que le
Prétendant menoit dans sa retraite; il se rappel-
loit sur-tout en gémissant, le pcu d’intérét qu’a-
voitmarqué ce Prince aux citoyens malheureux,
qui avoient enduré pour lui la mort & les suppli-
ces (n ). Notre làge & digne Philosophe jugea
qu’il n’étoit ni julteni raisonnable de s’immoler
en pure perte àla cause d’un Souverain détrôné ,
qui mettoit si peu de prix au dévouement géné-
rcuxdeses Peuples,&qui parlà nes’enmontroit
pas assez digne. Us’imposa doncsur ce trilte sujet
le rigoureux silence que lui ordonnoit sa délica-
tcsse. Mais untel silence, au milieud’une Nation
qui cherchoit sans cesse à lelui faire rompre , &
qui peut-ètre n’en dcsespéroit pas , étoit trop pé-
nible à une ame comme la sienne : il résolut de
retourner chez le Prince qui desiroit tant de 'le
revoir, chez un Souverain dont il pouvoit parler
librement, sans avoir àcraindre d’offenler jamais
ni l’auitere vérité ni la majesté Royale, & sans
déguiser des sentimens que toute l’Europe parta-
geoit avec lui.

Le Roi de Prusse lui fit bâtir dans le fauxbourg
de Postdam une maison agréuble & commode,
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