Alembert, Jean Le Rond  ; Keith, George  
Eloge De Milord Marechal — Berlin, 1779 [VD18 90543998]

Seite: 26
DOI Seite: Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/alembert1779/0030
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen Nutzung / Bestellung
0.5
1 cm
facsimile
X 26 X

cl’où il pouvoitallcr par lejardin à Sam-Sottcy. II
avoit la liberté de venir tousles joursdineravec
le Monarqne , ou de resterchez lui, s’il s’y trou-
voit mieux. Quand ilprévenoitleRoi qu’ilvien-
droiclui faire sacour, Frédéric l’attendoit pour
se mettre à table , avoit soin de lui donner ce qui
étoit le plus à son goût & l’envoyoit se reposer
ensuite dans un appartement du chàteau qu’il lui
avoit toujours conservé.

Aussi Milord Maréchal disoit-il de ce Prince,
dont le Palais étoit pour lui une esjtèce de con-
vent, où il se trouvoit très-heureux : Notre Pere
Abbé ejl l’homme du monds le plus nij'è à vïvre. Ce-
fendcmt, ajoutoit-il, si se'tois en Espague,je me
croirois obligè en conscience de le desérer à la j'ainte
Jnquisition , comme coupable de sortilége. Car s'il
tte rnavoit pns ensorcelé, resierois-je ici, ou je ne
vois que l’image dufoleil ,pendant que je pourrois
aller vivre JsJ mourir dans le beau climat de Va~
lence ?

Quand l’âge 8c les infirmités ne permirent
plus au respectable vieillard de sortir, Frédéric
alloit le voir , jouir de sa bonversation ; c?t se con-
soler auprès de lui des ennuis du trône, d’au-
tantmieux sentispar un Souverain, qu’il esrpius
digne de l’ètre.

II seroic mort entre les bras du Roi, si ce Prin-
cen’eût été obligé de partir pour uue guerre qu’il
n’a faite que rnalgré lui , qui l’a rendu il cher à
toute l’AHemagne & (I intéressant pour toute
l’Europe, & qui e(f peut-ètre la plus belle époque
d’une vie déjà (I glorieuse. Cedépart abrégea les
jours du sensible & vertueux Milord. II aimoit
tendrement le Roi, & n’espéroit plus de le revoir,
La fievre le prit, & alla toujours en augmeu-
loading ...