Alembert, Jean Le Rond ; Keith, George
Eloge De Milord Marechal — Berlin, 1779 [VD18 90543998]

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tiques le porterent en pleurant dans l’humble &
derniere demeure qu’il s’étoit choisie.

Jusqu’ici nous n’avons vuen lui que le brave
Guerrier, le Sujet fidele, le Négociateur vertu-
eux, enfin l’ami d’un grand Roi ; nous alions
voir l’Homme & le Sage, plus faits encore pour
intéreiser.

Toujours erapreisé à soulager les malheureux,
il éprouvoit sur-tout ce besoin , ii connu des
cceurs sensibles , de consoler par ses secours la
vertu affligée quisouffroit ensilence. Une femme
qu’il aimoit & qu’ii. respe<ftoit, devint veuve d’un
Lieutenant général , au serviceduRoi de Pruise;
cet Officier lui laiisoit pour tout héritage deux
enfans&.des dettes. Milord Maréchal., pénétré
de sasituation, & cherchant tous les moyens de
l’adoucir sans blelser sa juite délicateise, prit la
résolution, quoiqu’il n’eût aucun goût pour le
mariage , d’épouser cette veuveinfortunée ; il lui
aisuroit environ^ooo livresdedouaire, dont elle
devoit jouir^étant mariée, comme si elle eût été
veuve. Ce douaire prêcose , disoit-il, ess dhmtant
flnsjujle , qu'avec un mari tel qite je prétends Tê-
tre , elle doitjouir d’avance detous les honneurs&
prérojatives du veuvage. En effet, non-seulement
il n’exigeoit d’elle que le simple nom de son
époux, rnais il eût rejetté toute autrecondition ;
& quoiquela société de cette femmepûtlui pro-
mettre uu intérieur agréable , il avoit stipulé
qu’elle ne changeroit pas mëme de demeure, ni
lui non plus ; tant il craignoitde gêner la liberté
réciproque de l’un & de l’autre. II auroit, non
pas consommé , mais contraclé cet honnéte & sin-
gulier mariage, si le Roi ue l’en avoit dispen-
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