Alembert, Jean Le Rond ; Keith, George
Eloge De Milord Marechal — Berlin, 1779 [VD18 90543998]

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Comtne sa bonté pour eux étoit sans égale J
tieu n’égaloit aussi leur attachement & leur zèle.
Son vieux Secrétaire , presque aussi âgé que lui,
n’étantplus enétat de lui ètre utile, étoit restéà
Neuchâtel où il subsistoit d’une pension que
Milord Maréchal lui avoit faite. II ne put vivre
long-tems éloigné de son cher Maitre (c’est le
nom qu’iliui doiinoit dans seslettres), & revint
à Postdam mourir auprès delui.

II prenoit indiftèremment ses domestiques
dans toutes les nations, Catholiques ou Héré-
tiqucs, Chrétiens ou Infideles : il y eut mèmeun
tenrs où pas un de ceux qui le servoient n’étoit
baptisé. Cen’étoitpoint (cornme nos Franqois le
pourroient croire) un choix d’aftecftation ; per-
îonne n’auroit plus dédaigné que luiune singula-
rité si futilepourun vrai philosophe. C’étoit un
concours de circonstances qui lui avoit, disoit-il,
donné fapetite horde Tartare, dont il s'accornodoit
ajsez. Un d’eux, qui venoit du Thibet, se disoit
de la race du grand Lama ; & comme ce grand
Lama est le souverain pontife du pays, Milord
Maréchal appelloit ce domestique son gnmà Au-
tnonier.

Aussi éloigné de vouloir des esclaves, que de
l’ètre lui-mème de personne , il commençoit par
rendre aux siens la liberté, & leur procuroit en-
sùite une édücation convenable à leur état, pro-
pre à en faire d’honnètes gens & des hommes
utiies. II ne les forqoit point à changer de Reli-
gion , s’abstenoit mème de leur en parler jamais,
& lcur lailsoit sur ce point la liberté la plus absolue.
Jllon tijfaire , disoit-il ,_ejl qiî'ils foient heureux

uertueux en ce monde 3 la leur ejl de s’arranger

pour
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