Alembert, Jean Le Rond  ; Keith, George  
Eloge De Milord Marechal — Berlin, 1779 [VD18 90543998]

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la bourse vuide ; sa magniScence surpasse ses
J3 richeiscs : j’en pourrois encore nommer
„ d’autres ; mais je suis un Négociateuc
„ discret (21

Plus il étoic tolérant sur la rejigion , rnoins il
souffroit qu’on voulût troubler ou altcrer celle de
personne. II ne permettoit guere qu’on traitât
cette matiere en sa présence, iur-tout devant les
sots, si bien faits pour abuser de tout, soit qu’ils
se parent, sms savoir pourquoi, de leur aveu-
glecroyance, soit qu’ils aEBchent avec la mème
ineptie leur imbécille incrédulité. II gardoit lui-
mème sur ce sujet un silence qui lui coûtoit peu ,
& nele rompoit jamais que pour recommander
â ses arnis de toutes les Sebtes cette charité mu-
tuelle,lepremier de tous les préceptes religieux.
Cependant il se lailsoit aller, mais sobrement &
rarement, à d’innocentes plaisanteries sur des
superfiitions absurdes & sans conséquence. Pen-
dant qu’il étoit à Rome, un Cardinal vouloit lui
persuader la vérité de jenesais quelprodige , aui
venoit d’ètre opéré surune femmelette par je ne
sais quelle Madone. Milord Maréchal se nron-
troit incrédule. Pourquoi resusez-vous de croire k
ce miracle, lui ditle Cardinal ( Voiis croyez bien h
la Trinité '( II fit à cette ridicule quefiion la ré-
ponse que méritoit l’indécence du parallele. Ce
Myfiere, lui dit-il, épuis ?'& absorbe toate l'é-
tendue dc masoi ; il ne m'çn resie pas, à rnon
grand regret, pour lcs merveilles que vous me
débitez ; elles excéderoient la mesure de soumis-
siondont jesuis capable , & qui pourroit bien
s'èvaporer tonte enticre, ji je fovjsrois qu'on
voiilnt ensier monjymbole dgplus lèger article.
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