Algarotti, Francesco  
Opere Del Conte Algarotti (Band 2) — Venezia, 1791 [Cicognara Nr. 3-2]

Seite: 5
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fel domîne dans le dialogue : mais le granct
point c est de V attraper ce beau naturel,
cette premiere partie du style , qui est tou-
jours la derniere qu on saisisse . Un peintre
maniere a bientot fait son tableau : mais com-
bien â’ esquisses, combien d’études nefaut-il
pas aux maîtres de Vart pour parvenir a cet-
te belle nature , que les Grecs, et Raphaol
noiLs ont montr'ee ?

II resulte encore de la Iangue italienne una
nouvelle disfcultè pour ce genre d'ouvrages,
qui doivent rendre V air et le tour cle la con-
versation familiere . JSôtre langue n est,
pour ainsi dire, ni vivante ni morte. Nous
avons des auteurs d’un siecle fort reculè que
nous regarclons comme classiques ; mais ces
auteurs sont parsemès de tours asfectès , et
de mots hors d’usage. Nous avons unpais,
oll la langue est plus pure que dans aucune
autre contrèe de V Italie ; mais ce pdis ne
sauroit donner le ton aux autres , qui pre-
tendent ï egalitè, et mênie la superioritè a
bien des egards. Sans capitale , et sans cour
il nous faut écrire une langue presqu ideale,
craignant toujours de choquer ou les gens du
monde , ou les savans des academies ; e£

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