Algarotti, Francesco  
Opere Del Conte Algarotti (Band 15): Lettere Francesi — Venezia, 1794 [Cicognara Nr. 3-15]

Seite: 6
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6 Letterx

J’ai tout reçu , mon cber Algarotti, de-
puis la poësie dîyine du Cigne de Padoue
jusqu’aux ouvrages estimables du sublime
Candide . Heureux sont les hommes qui
peuvent jouir de la compagnie cles gens
d’ esprit ! plus heureux sont les princes qui
peuvent ies posseder ! Un prince qui ne
voudroit avoir que des seinblabies sujets
seroit réduit à n’avoir pas un empire fort
peuplé : je préfererois cependant son indl-
gence à la richesse des autres, et je ms
trouverois principalement agréablement flat-
té si je pouvois compter que ,

Tu décoreras ces climats
De ta lire , et de ton compas .

Plus que Maron , par ton génie
Tu pourrois voir couler ta vie
Chez ceux qui marchent sur les pas
Et d’Auguste, et de Mëcénas.

Eassez -moi cette comparaison, et souvenez-
vous qu’ il faut donner quelque chose à la
tirannie de la rime .

J’ espére que ma pr^miere lettre vous
sera pervenue . J’ aurai bientôt achevé îa
xéfutation de Machiaveî ; je ne fais à pré-
sent que revoir F ouvrage , et corriger quel-
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