Algarotti, Francesco  
Opere Del Conte Algarotti (Band 15): Lettere Francesi — Venezia, 1794 [Cicognara Nr. 3-15]

Seite: 42
DOI Seite: 10.11588/diglit.28093#0050
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J\2, Îji £ t T E R S

Je vais îci te barboüiiler l’ bistoireÿ
De Jean Caîot empruntant le pinceau.
Premierement vois bouilloner îa gîoire
En seu d’ Enfer attisé d' un demon;

Vois tous îes fols d’ un nom dans îa mémoire
Boire à î’ excès de ce fatal poison ;

Vois dans ses rnains secoüant un brandon
Spectre hideux, femeiîe affreuse et noire,
Parlant toujours langage de grimoire,

Et s'appuyant sur le sombre soupçons
Sur le secret, et marchant à tâtons,

La politique implacable harpie,

Et l' intêret qui lui donna le jour
Insinuer toute leur troupe impie
Âuprès des Rois , en inonder îeur cour,

Et de leurs traits biesser ies coeurs d’envie,
Soufier la haine , et broüiiler sans retour
Miîîe voisins de qui la râce amie
Par maint himen signaloit îeur amour,

Déjà j’attends î’orage du tambour,

De cent héros je vois briller îa rage

Sous les beaux noms d’audace, et de courage;

Déjà je vois envahir cent états,

Et tant d’ humains moissonés avant T age
Précipités dans la nuit du trépas.

De tous cotés je vois croître l’ orage,

Je vois plus d' un ilîustre et grand naufrage,
Et 1’ univers tout couvert de soîdats .

Je
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