Algarotti, Francesco  
Opere Del Conte Algarotti (Band 15): Lettere Francesi — Venezia, 1794 [Cicognara Nr. 3-15]

Seite: 76
DOI Seite: 10.11588/diglit.28093#0084
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^6 L E T T E n Ë

La posterité y verroit les trésors de son
esprit ouverts plus que jamais dant les
fceaux vers dout elle est enrichie ; elle y
admireroit les grands projets dont son ame
est remplie; et elle m’envieroit des badi*
nages et des expressions de la part d’ irn
Roi qui fera ses délices et son adrnirationî
des expressions, dis-je, qu’on n’est ac*
coutumé d’entendre que dans la bouche
de celies dont on est ie plus aimé. Queîs
commentaires et quellcs recherches ne fe-
roit on pas sur moi? Je serois perpétuelie-
ment dans les bouches des hommes: mon
nom vivroit à côté de celui de Y. iVî. et
en parlant d’ Achiile on se souviendroit
queiquefois de Patrocle . Par quel endroit,
Sire, ai - je mérité ces nouvelies faveurs
de la part de Y. M. ? Est - ce parceque j
aime et admire V. M. ? rnais, Sire, si la
crainte doit augmenter à proportion de ia
quantité de rivaux que 1’on a, dans quel-
les inquiétudes ne dois-je point vivre? j’en
ai pour ie moins tout autant que le noin-
bre de ceux qui ont eu î’ honneur de la
voir, ou qui lisent la gazette, ne fut-ce que
ceiie de Yienne. Mais, Sire, Y« M. non

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